‹ Les éléments sociologiques de la moraleChapitre 24 sur 76 · LA BIOLOGIE PRATIQUE ET SON OBJET · texte numérisé non relu

LA BIOLOGIE PRATIQUE ET SON OBJET

Pendant queles philosophes dissertent, a dit Schiller, la faim et l’amour mènent le monde. Qu'est-ce que la faim et l'amour, ces deux grands actes de la vie, sinon les deux principes essentiels de ce que le moraliste ‘appelle l’égoïsme et l’altruisme? Les plus récentes découvertes de là science, ont apporté quelques lumières nouvelles sur la nature, le rôle et la relation réciproque de ces deux moteurs universels. Question capitale non seulement pour la biologie, mais aussi pour la sociologie

et la morale. En Allemagne, toute la lignée de philoso- “2

phes qui devait aboutir à Nietzsche, en Angleterre, tous

Jes disciples plus ou moins fidèles de Darwin ont prétendu que la faim insatiable, avec l’insatiable besoin de

tout s’assimiler et de tout dominer, était la caractéris- …

tique même de ce qu’on appelle vivre. Les philosophes

français, au contraire, avec M. Espinas, M. Guyau, M. Tarde, M. Durckheim, — et nous-même, depuis |

longtemps, — n’ont cessé de protester contre la théorie ‘qui ramène la vie entière à l'égoïsme et à la lutte dés forces *.

. Au dix-neuvième siècle, cette dernière théorie a paru

1 Voir, outre notre Crilique des systèmes de morale contemporains, . nos livres déjà anciens sur l’Zdée moderne du droit et sur la Setence sociale contemporiane. ‘ LR |

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