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NATURE DE LA VIE

présence d'un composé défini qui, au cours de réactions chimiques avec des corps différents de lui, s’accroit en quanhlé tout en restant composé défini". Cest cette propriété nouvelle qui est la vraie caractéristique des êtres vivants. Elle constitue, au sens étymologique du mot, l’assunilation, qui fait que l’ètre vivant se maintient semblable à lui-même en s ’adjoignant sans cesse ce qu’il s’assimile ou se rend semblable. Tel est le processus fondamental et essentiel de la vie. Toute autre fonction, par exemple la fonction locomotrice, ne fait qu'accompagner la construction de la substance vivante, construction qui résulte d’un système de réactions assimilutrices. Quant à la désassimilation, quelque constante qu’elle puisse être, elle n’est pas liée à la présence même de l’activité vitale, mais plutôt à sa défaillance ou absence plus ou moins partielle. C’est proprement l’assimilation qui constitue l’activité vitale elle-même, indépendamment de ses limites et des obstacles extérieurs. Telle est la théorie qui nous semble aujourd’hui la mieux démontrée.

De là dérive la grande différence des machines et des vivants. Les machines que l’homme construit s’usent sans doute en fonctionnant et ne fonctionnent qu'en s’usant, — et ce fait a frappé Claude Bernard ; mais c'est qu'elles ne se construisent pas elles-mêmes. Le contraire a lieu pour les êtres vivants ?. Ces derniers, en fonctionnant, se construisent, et ne fonclionnent qu'en se construisant : leur fonctionnement extérieur est la manifestation même de leur mouvement intérieur de construction. Les phénomènes de destruction, eux, ne sont qu’une conséquence ou un dérivé, et ce n’est pas à ces phénomènes qu'est liée directement et primitivement Vactivité vitale. Le fonctionnement d’un élément histologique est la manifestation extérieure de réactions chimiques internes, mais ces réactions sont précisément celles qui déterminent la synthèse de la

! Voir le profond ouvrage de M. Le Dantec, Théowie nouvelle de la vie, p. 89.

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substance, non son analyse. Assurément, lorsqu’ un travail mécanique se produit dans l'être vivant, c'est au prix d’une « dépense » quelconque ; mais cette dépense peut fort bien ne porter que sur les substances du wilieu et sur les substances de réserve ; intérieurement, elle coïncide avec une production de substances plastiques dans l'élément même qui travaille ou fonctionne. Aussi voit-on cet élément se nourrir et croître, comme dans le muscle qu’on exerce. C’est précisément ce qui produit l'habitude.

La vieille comparaison entre le travail d’une machine et celui d’un être vivant ne se soutient donc pas. Une machine à vapeur dépense du charbon et rend du travail ; elle n’a pas changé au bout de quelques heures de fonctionnement ; son activité a été exclusivement physique; chacune de ses pièces a reçu une impulsion provenant de la force élastique de la vapeur, et a transmis cette impulsion sans la modifier. Considérez, au contraire, l'organisme vivant ; les biologistes vous diront que, là, il n’y a pas d'activité purement physique. Un muscle se Hall c’est qu'il est le siège de réactions chimiques dans lesquelles interviennent : 4° sa propre substance ; 2 les matières de réserve et 3° celle du milieu. Le phénomène mécanique de la contraction du muscle ne fait, encore une fois, qu’accompagner et manifester extérieurement ces réactions chimiques internes”. C’est le travail résultant de cette contraction qui a fait comparer faussement le muscle à une machine : comme une machine qui fonctionne s’use à la longue, on a pensé que le muscle s’use également en fonctionnant ; mais il peut fort bien ne pas s’user dans sa substance et même s’accroître « tout en usant et dépensant les matières de réserve et celles du milieu, ce qui est bien différent ». Là giît la vraie explication de l'habitude active, qui adapte les organes en les faisant croître selon une direction nouvelle, et celle de l'habitude passive, qui, par le manque d'usage d'un v'eone en produit l'atrophie ou la dispa-

1 Le Dantec, la théorie nouvelle de la vie.

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