MA PRÉFACE
et la guerre. Nos économistes, surtout M. Gide, ont maintes fois défendu des thèses analogues. Quant aux socialistes français, — du moins ceux qui ne se sont
pas faits les aveugles disciples de Marx et des Allemands, — ils ont le mérite d’avoir aussi réagi, contre l'idée de lutte pour la vie, d’avoir représenté le véritable ordre social comme une organisation ayant pour but de supprimer cette lutte. C’est assurément en France que,
de toutes parts, jusque dans les romans et les pièces de théâtre, on a le plus énergiquement flétri les Strugglez forlhfers. Qu'on se rappelle seulement les Bourget et les Daudet. On peut donc dire que la France n’a pas renié ses principes sociaux au profit de doctrines qui, nous allons le voir, sont une adultération de la biologie, un transport illégitime, dans l’ordre social, de conséquences qui ne sont pas même vraies sans restriction dans le monde animal. Mais il ne s’agit pas ici de nationalité, il s'agit de vérité. Un examen impartial et approfondi des opinions
en présence nous montrera par quelle sophistique on dénature certaines lois de la science pour les tourner +" contre la morale. Nous voudrions en finir une bonne fois «« avec les sophismes toujours renaissants que meltent en circulation les falsificateurs de denrées scientifiques.
IL. — Pas plus que les résultats de la biologie, ceux de la sociologie ne nous semblent avoir été exposés dans leur vrai sens. Le positivisme, à nos yeux, s’est fait une idée trop étroite de la sociologie appliquée, de l'éthique «= sociale. Nos récents positivistes, allant encore plus loin que Comte, veulent substituer à la morale la simple. science des mœurs de fait. Selon ces partisans exclu- ÿ:
ne serait pas une vraie science des faits moraux;
elle serait tout simplement une façon de « coordonner