DENT D'ELEPHAS MERIDIONALIS
, (Grandeur : 16 x 8) lette fossile complet connu jus- OU un TES
qu'ici. Il fut trouvé dans le Pliocène supérieur de Durfort (Gard, par MM. Cazalis de Fondonce et Ollier de Marichard. Il était
(Gi). Ficurer. — La Terre avant le Déluge. p. 294.
(2) Le genre Mastodonte, renferme une dizaine d'espèces toutes caractérisées par des dissemblances dans la forme et la proportion des molaires.
{2 Q Tr: . . , 2 : GO
@) Iexiste entre le Mastodonte ct l'Elephas meridionalis une époque de transition durant laquelle diverses variétés de Proboscidiens se succédèrent mais sans laisser des traces assez caractéristiques pour que nous nous y arrétions.
placé presque debout, avec tous ses os en connemos-10n suppose que l'animal s'est enfoncé dans la vase de l’ancien marais de Durfort et na fursen dégager. Pour empêcher les os de tomber en poussière, on dures enduire de blanc de baleine au fur ét à mesure ‘quils étatnthenmes . nu et avant même qu'ils fussent en- ENT USEE . : LA he D'ÉLEPHAS MERIDIONALIS tièrement extraits. Lavtete ayant été (PHRASE A) retirée avant que l’on prit cette pré-
(Collection Bourdot). > .
caution, la plus grande partie en a
été endommagée et l’on a dû la restaurer. ()
L’Elephas antiquus marque le commencement de l’Epoque Quaternaire.
Cet animal ressemblait aux Eléphants actuels. Sa taille était encore plus grande cuercellencte title phas meridionalis puisqu'on a trouvé à Montreuil-sous- Bois un humérus qui atteint 1 mètre trente. alors que l’humérus de l’E- DENT D'ELEPHAS ANTIQUUS lephas meridiona- (Grandeur : 82 x 7) lis n’a qu’un mètre (Muséum de Paris) quatorze, ce qui est déjà fort respectable.
Mais, bien plus que toutes les espèces précitées, la plus connue, la plus répandue et la plus importante est à coup sûr celle du Mammouth.
(1) Des défenses d'Elephas meridionalis figurent également au Muséum de Paris. Ces défenses proviennent des allavions de Tilloux, près de Gensac-la-Pallue (Charente) et mesurent trois mètres de longueur. La forme recourbée qu’elles affectent les a fait confondre avec des défenses d'Elephas antiquus, mais les molaires qui les accompagnaient éloignent tout soupçon. Sous l'une de ces défenses l’on trouva un silex travaillé par l'homme, ce qui prouve clairement que l'espèce humaine existait déjà à la fin de cette époque.
Le Mammouth, que Blumenbach nomma Ælephas primigenius (Eléphant primordial) est caractérisé par une tête allongée, un front concave, une mâchoire courbe et tronquée en avant, des molaires marquées de nombreux sillons ordinairement très serrés et moins festonnés que dans aucune autre espèce et des défenses fort longues plus ou moins arquées en spirales et sortant d’alvéoles très prolongées.
La taille du Mammouth était un peu plus grande que celle de l'Eléphant asiatique et ses formes plus trapues. Sa peau portait une ample toison composée de deux sortes de poils, l’une ressemblant assez à une espèce de laine rousse, l’autre ayant l’aspect de crins longs, raides et noirs. Ces crins se réunissaient sur le cou et formaient comme une crinière. Cette fourrure fit penser à Cuvier que l'Élephas primigenius était organisé pour vivre dans des climats tempérés ou froids. Le fait est qu’on a trouvé des fragments de cet animal dans presque toute l'Europe Centrale et Boréale, et 1l est intéressant de noter que ces débris étaient la plupart du temps très voisins de la surface de la terre.
Les os de Mammouth sont parfois en si grand nombre que certaines îles en paraissent entièrement formées. Voici, par exemple, ce que dit le rédacteur du Voyage de Billing au sujet de quelques iles de la Mer glaciale, situées au Nord de la Sibérie, en face des rivages qui séparent l'embouchure de la Léna cet celle de l’Indigirska : « Toute l'ile (la plus voisine du continent, elle a trente-six lieues de long) excepté trois ou quatre petites montagnes de roches, est un mélange de sable et de glace. Aussi, lorsque le dégel fait tomber une partie du rivage, on trouve en abondance des os de Mammouth. Toute l’île, ajoute-t-1l, suivant l'expression de l'ingénieur, est formée des os de cet animal extraordinaire, de cornes et de crânes de bufle ou d’un animal qui lui ressemble (1) et de quelques cornes de rhinocéros. » (2)
Figuier dit à son tour : « La nouvelle Sibérie et l’île de Lachow 6) ne sont, pour la plus grande partie, qu'une agglomération de sable, de glace et de dents d’Eléphants. À chaque tempête, la mer jette
(nm C'est l'Ovibos moschatus, Zimmermann. (2) Voyage de Billing (traduit par Castera). tom. I, p. 181. (3) En réalité les îles Liakhoff.
sur la plage de nouvelles quantités de défenses de Mammouth. » ()
La Sibérie, ce véritable cimetière de Mammouths fait un grand commerce d'ivoire. M. le Docteur Trouessart s'expriment façon suivante pour expliquer le terme d'ivoire fossile qu'on donne couramment à cette substance : « Si par fossile, dit-il, on désigne tout ce qui est enseveli dans le sol, l’ivoire du Mammouth est incontestablement fossile. Mais on sait que la plupart des ossements fossiles que l’on trouve dans les couches géologiques, et dont on peut voir de nombreux spécimens dans nos musées de paléontologie, ont subi une modification qui en altère profondément la composition chimique. Ils sont réellement pétrifiés. L'osséine, dont on retire la gélatine, est presque entièrement détruite et remplacée par les sels minéraux qui se trouvent dans le sol où se sont conservés les ossements. Les dents subissent des modifications analogues : leur substance organique (matière collagène) est remplacée par des sels métalliques. De cette transformation, qui s'opère très lentement, 1l résulte que les os fossiles sont à la fois plus durs et plus cassants que les os frais; dans les régions tempérées ou chaudes, dont le sol passe, suivant les saisons, par des
alternatives de sécheresse et d'humidité, de chaleur -écidentrenss
ces ossements se brisent et s’effritent souvent avec une facilité qui fait le désespoir des paléontologistes. Pour rendre à ces os la consistance et l’élasticité qu'ils ont perdues avec leur osséine, il faut les imprégner de gélatine avant de les séparer de la gangue de terre ‘ou de sable qui leur a conservé jusque-là leur forme-t@eshe® comme on le conçoit, sont impropres à tout usage industriel. (2 Les dents, en général, plus compactes et déjà fortementimprégnées de sels minéraux (dans la proportion de 75 0/0), échappent plus facilement que les os à ces causes de destruction. Mais les défenses d’Eléphants, en raison de leur forme allongée, se conservent en général fort mal dans les couches géologiques. Celles que l'on trouve, par exemple en France, sont brisées en troncon de quelques centimètres de long, fendillées Jusqu'au centre et leurs cou ches superficielles s’effritent et tombent en poussière quand on les
(1) Fiçuier. — La Terre avant le Déluge, p. 340. (2) On sait cependant que M. Scheurer-Kestner a trouvé moyen de retirer encore de l’osséine (gélatine) de certains ossements fossiles, d’origine probablement récente.
touche, exactement comme ces ardoises dites « pourries » que l’on trouve dans les couches superficielles des ardoisières et qui ont subi, pendant de longues années, les intempéries des saisons. Il faut se donner beaucoup de mal pour reconstituer de telles défenses dans un musée paléontologique, car ces dents n’ont plus rien des qualités de l'ivoire primitif à tecture ferme et élastique à la fois, tel qu’on le trouve sur l'Eléphant vivant.
Certe tecture n'est nullement altérée dans l'ivoire de Sibérie. De l’avis de tous, cet ivoire est supérieur, comme qualité et facilité detranvalra livoire moderne. On peut donc dire que le nom d'ivoire fossile qu’on lui applique n'est pas exact. En réalité, c’est de l’ivoire frais qui s’est conservé sans altération depuis des siècies dans le sol gelé de la Sibérie, grâce au climat spécial qui fait de ce pays une véritable glacière ». Gi)
Les défenses de Mammouth se trouvent souvent entières et atteignent parfois des tailles gigantesques. Témoin celle qui figure au Muséum d'Histoire Naturelle de New-York et qui fut rapportée par M. Valdemar Jochelson d’une expédition qu'il fit dans la Sibérie. Elle mesure 4 mètres 30 de longueur, a 60 centimètres de circonférence et pèse 220 livres. Adams prétend qu'il existe des défenses ayant plus de 7 mètres de long, mais ce chiffre me paraît bien exagéré.
La forme de ces pointes est assez variable.
Celles des jeunes ont presque la même épaisseur dans toute leur longueur, tandis que d’autres sont enroulées trois fois en spirale, comme les cornes de la grande antilope nommée Koudou. () Patin qui vit une de ces défenses à St-Pétersbourg dit que sa spirale aurait enveloppé un cylindre de 38 centimètres de diamètre et que les trois tours de spire étaient éloignés l’un de l’autre, à peu près de 46 centimètres, la grosseur de la dent étant sensiblement la même dans toute sa longueur. &)
Les villes de Yakoutsk et d’'Irkoutsk sont devenues les véritables centres de cette industrie et de ce commerce d'ivoire fossile. En
(1) D' TrouEssarT. — Le Mammouth et l'ivoire de Sibérie. — Bulletin de ia Société nationale d’Acclimatation de France, 1808.
(2) Strepsiceros kudu.
(3) Cette forme était anormale et exceptionnelle.
D' TrouEssarT. — Le Mammouth et l’ivoire de Sibérie. — Bulletin de la Société nationale d’Acclimatation de France, 1808. :
1898, 11 y avait à la foire d’Irkoustk 32.000 kilogrammes de cette matière, représentant une valeur de 135.000 francs et correspondant seulement à la production du bassin de la Léna et du Nord de la Sibérie.
Une partie de cet ivoire est faconré sur place par une très petite quantité d'ouvriers. La majorité se dirige vers la Chine et en Europe. Depuis plus de cinq cents ans les ossements du Nord de la Russie sont exploités pour l'importation dans le Céleste Empire et depuis plus d’un siècle pour l’importation en notre continent.
Comme Je l’ai déjà dit, les os de Mammouth abondent un peu partout. En 1692, Isbrant Ides qui parcourait l’empire chinois, nous confirme l'existence des os et des défenses de Mammouth dans ce pays. Il trouva même une tête et un pied avec de la chair.
Le capitaine russe Kotzebue, en découvrit sur la côte nord de l'Amérique et le naturaliste Adalbert de Chamisso, qui accompagnait Kotzebue, apporta en Europe une défense énorme. | Dans un gisement quaternaire de Mont- Dol (Ie-et-Vilaine), plus de 400 molaires de ces animaux ontété mises àJour,
Dernièrement encore, on en découvrait à Paris, 1) à Berlin et dans
DENT D'ELEPHAS PRIMIGENIUS bien d’autres endroits (Grandeur : 32 x 8) (Muséum de Paris). (3)
dont l’énumération serait trop longue. (2)
(1) Parmi les plus récentes de ces découvertes, citons: celle que MSG fit en 1867, à Grenelle, et celles de MM. Matin, encore à Grenelle et Reboux, à Levallois. M. Thieullen découvrit aussi à Vaugirard de nombreux restes de Mammouth et en particulier une mächoire inférieure complète qui figure au Muséum. En 1897, M. Hénault, trouva en creusant les fondations du pont Caulaincourt, au cimetière Montmartre, un squelette de Mammouth qui paraissait étre complet ; par malheur les dents seules furent recueillies. |
En 1903, les terrassiers occupés à creuser le terre-plein de l'Opéra mirent à jour une dent et une défense d’Elephas primigenius et, en 1905, M. Capitan trouva dans les tranchées ouvertes rue de Rennes pour les travaux du Métropolitain, une molaire intérieure de Mammouth.
(2) Notamment en 1903, près de Perm (un crâne presque complet, deux défenses dont l’une de 5" 50, une machoire, deux pieds de devant, uu pied de derrière et toutes les côtes) ; en 1904, près de Weimar (une défense de 2245) et près de Brdinsenume défense de2 mêtres, deux molaires,(descoresier désténiins) tete.
(3) Ces clichés de dents m'ont été vbligeamment prêtés par le géologue bien connu M. Alexandre Stuer.
Mais, si les ossements et les débris de Mammouths sont fort nombreux, il n'en est pas de même des squelettes complets qui, à ma connaissance, ne sont qu'au nombre de quatre.
C’est tout d’abord celui qui fut trouvé en 1860 pendant les travaux du canal de la Nèthe, près de la porte de Malines, à Lierre, et qui figure au Musée de Bruxelles.
Le Musée de Lyon possède le second, qui fut découvert en 1859,