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défenses, alla jusqu’à supposer que cet animal était un cétacé. Très longtemps aussi, on confondit (et William Hunter le premier) le Mastodonte et le Mammouth. Les Anglais et les habitants des Etats-Unis s’obstinaient à ne pas vouloir reconnaitre de différences Éntelces deux mammifères et 1l fallut près d’un siècle avant que de pouvoir les distinguer.
La première découverte de débris de Mastodonte date de 1705. Elle fut faite dans l'actuel Etat de New-York, près de la rivière d'Hudson. En 1712, le docteur Mather, dans une lettre qu’il adressait au docteur Woodward, annonçait cette trouvaille d’os et de dents énormes ; mais cette nouvelle ne fit aucun bruit.
Quelques années plus tard, en 1739, un officier français du nom de Longueil, trouva en naviguant dans l'Ohio et non loin du Mississipi, différents os qu'il rapporta à Paris l’année suivante. Ce furent la les prémiers restes de cet animal que l’on voyait en Europe et c’est en souvenir de ce fait qu’on nomme fréquemment le Mastodonte, animal, Eléphant où Mammouth de l'Oh10. 4)
Daubenton s’empressa du reste de déclarer que le fémur et la défense de cet animal appartenaient à l’'Eléphant et les mâchelières à l'hippopotame. () |
Un autre officier français, nommé Fabri, annonça à Buffon, en 1748, que les Indiens regardaient ces ossemonts trouvés en Canada et en Louisiane, comme appartenant à un animal aussi
singulier que particulier qu’ils nommaient
IG Père aux Bœufs ». ©) DENT DE ; \ MASTODON ANGUSTIDENS Lorsque les Anglais devinrent maitres ne) eOanadarpar la paix de 1763, ils pous-. /Coltection de M..le Dr sèrent les recherches et en 1765, le célèbre ‘78%
géographe Georges Croghan, trouva un grand nombre de ces
(1) Cuvier. — Recherches sur les ossements fossiles. (2) DaAUBENTON. — Histoire Naturelle, tom.XI. — Description du Cabinet du Roi. (5) Burron. — Æpoques de la Nature, note 0.
Cette créature fantastique est mêlée à toutes leurs vieilles légendes et chansons nationales. En voici un spécimen que Fabri entendit au Canada :
« Lorsque le Grand Manitou descendit sur la terre, pour voir si les êtres qu’il avait créés étaient heureux, il interrogea tous les animaux. Le bison lui répondit qu'il serait content de son sort dans les grandes prairies dont l'herbe lui venait jusqu'au ventre s'il n'avait pas sans cesse les yeux tournés vers la montagne pour apercevoir le père aux bœufs en descendre avec furie pour dévorer lui et les siens. »
ossements près des bords de l'Ohio. Il en envoya même plusieurs caisses à Londres. |
Enfin, vers 1777, Camper montra que cet animal se rapprochait bien plus de l’Eléphant que de l’hippopotame et que, par conséquent, il devait posséder une trompe, Wet nentpAsments carnivore comme on l'avait toujours cru. |
En 1$o1, Peale parvint après de multiples difficultés à obtenir deux squelettes complets de Mastodontes et les doutes se dissipèrent alors complètement. Cuvier réunit à son tour tous les dires, examina de nombreux fragments et déclara définitivement que cet animal formait un être à part et bien distinct qu'il nomma Mastodonte.
Des fragments innombrables furent ensuite trouvés sur les bords de l'Ohio et dans toute l'Amérique septentrionale.
Le Mastodonte avait un tronc relativement allongé et des membres peu élevés. Il portait quatre défenses, deux à la mâchoire supérieure et deux à la mâchoire inférieure, moins développées que les premières. () Les dents présentaient sur la surface de leur couronne de grosses tubérosités coniques, à pointes arrondies, disposées par paires, au nombre de quatre ou cinq suivant les espèces. Elles ressemblent un peu à celles de lhippopo-
DENT DE MASTODCN LONGIROSTRIS $ + À (Grandeur : 8 x 20) tame ou du porc. Fisuiènemque
‘Collection de l'Université de dans les découvertes que Barton,
Freiburg.) À £ ie “ professeur à l’Université de Pensyl-
vanie, fit en 1805, en Amérique, on trouva à six pieds de profondeur et sous un banc de craie, assez d'ossements de Mastodonte pour en composer un squelette. L'une des dents pesait 8 kilogrammes et demi. Au milieu des os et enveloppée dans une sorte de sac qui avait dù être l'estomac de l'animal, on découvrit une masse végétale, en partie broyée, composée de branches et de
(1). MM. Barton ct Kalm prétendirent en 1805 que certains squelettes qu'ils virent avaient encore un reste de trompe. ,
(2) burmeister prétend que cette dernière paire de défenses tombe parfois avec l’âge. 11 dit du reste que « des individus à quatre défenses forment le genre Tetracaulodon qui n'est point diflérent du genre Mastodon niais a été établi à l’aide de jeunes ». Ce genre T'etracaulodon où Tetrabelodon est en effet un genre de Mastodonte spécialisé qui a dû s'éteindre prématurément. +
petites feuilles, parmi lesquelles on put reconnaitre une espèce de roseau qui est encore commune dans l'État de’ Virginie, de sorte que l’on ne doute point que ce ne fussent les matières mêmes que Panimal avait ingérées avant sa mort. ()
Il existe au Muséum de Paris un squelette entier de Mastodon angustidens. Il fut monté par Laurillard avec des pièces que ce naturaliste recueillit en 1851-1852 dans le Miocène moyen de SAnsan (Crers)s On y a ajouté quelques débris de membres trouvés dans le même gisement par Lartet. (2
La découverte d’ossements de Mastodonte a donné lieu à de nombreuses et amusanteslégendes. Les Indiens Chawanais croient, par exemple, qu'avec ces animaux vivaient des hommes d’une taille proportionnelle et que le Grand Etre foudroya les uns etles autres. Ceux de Virginie ajoutent que le plus gros mâle survécut seul et qu'ayant été blessé, 1l se réfugia vers les grands lacs où 1l se cache encore actuellement.
L’Elephas meridionalis, succède au Mastodonte Ë) et, tant parses dents et ses défenses que par sa configuration et sa corpulence, il ressemble énormément à notre Éléphant africain. Le Muséum de Paris possède un squelette entier de ce mammifère. ]l mesure memes 22, de hauteur au sommémde la, tête, et 5 mètres 36 de longueur sans compterles défenses.
À part le diplodocus du Musée Carnégie, c’est le plus grand sque-