CHAPITRE III
Anatomie et Physiologie Générales
Crâne. — Dents. — Ivoire. — Epine dorsale. — Vertèbres cerdicales. — Vertèbres dorsales. — Vertèbres lombaires. — Vertèbres sacrées. — Vertèbres caudales. — Sternaum. — Côtes. — Extrémités. — Bassin. — Pied. — Canal alimentaire. — Membrane muqueuse. — Estomac. — Intestins. — Foie. — Rate. — Organes urinaires. — Thorax où Poitrine. — Cœur. — Organes respiratoires. — Nez. — Yeux. — Appareillacrymal. Oreilles. — Système muscalaire. — Queue.
Peau. — Poids de la carcasse.
CRANE. Gi) — L'Eléphant possède un crane complètement diffé-
rent de celui des autres animaux en général. Il est en effet beaucoup trop grand pour son. cerveau et l'intervalle entre les deux parois est occupé par de nombreuses cellules communiquant avec l’intérieur du nez. Grâce à cette disposition particulière, la cervelle se trouve parfaitement protégée.
Le cerveau affecte une forme ovale ; il est logé dans une cavité située assez bas et en arrière. Son poids qui varie entre 8 et 10 kilogrammes va très rarement au-delà. Les os nasaux et prémaxillaires forment la partie osseuse des narines.
« Les lobes olfactifs, d’où partent les nerfs de l’odorat, sont grands, pendant que la cornée et les nerfs musculeux des yeux sont singulièrement petits pour un animal aussi énorme ; et on est aussitôt frappé par la dimension prodigieuse du nerf fournissant
MAla majeure-partie de la division du présent chapitre est celle qui figure dans le volume d’Evans : Traité sur les Eléphants, leurs soins habituels et leur traitement dans les maladies. Comme on le verra, j'ai également puisé dans cet ouvrage un grand nombre de renseignements.
au proboscide son exquise sensibilité, aussi bien que par la grandeur de la partie motrice du nerf qui fournit le même organe de son pouvoir de mouvement et d'action. » (Emerson Tennent).
La mâchoire inférieure est courte, la partie ascendante étant à peu près aussi grande que la branche horizontale ; la jointure entre les deux est brève et aigüe. Vu l’énormité des molaires et leur mode de renouvellement, le canal dentaire se trouve être large et escavé.
Le poids moyen du crâne est de 50 à 355 kilogrammes, mais il
peut parfois atteindre 8o kilogrammes.
Duxrs. — Ivoire. — Les dents de l'Eléphant ont été le sujet d’intéressantes et curieuses études. (1) Là encore, cet animal diffère des autres en ce que ses dents sont très grandes, peu nombreuses et spéciales dans leur mode de changement. |
J'emprunte à Steel (@) la très bonne description suivante : « Généralcment on peut voir de chaque côté de chaque mâchoire, deux ou trois dents ; celle de devant est petite, souvent détachée et quelquefois tombante, par suite de la croissance de la seconde qui, par la compression des racines, lui coupe graduellement la nourriture nécessaire à sa croissance. La seconde ou principale dent consiste en de nombreuses subdivisions composées de dentine revêtue d’émail, arrangée en des séries de lignes partant de l'avant à l'arrière. Toutes celles-ci sont enfoncées dans un lit énorme de matière sédimenteuse distribuée en couches entre chaque subdivision, dont elles recouvrent toute la surface, à l'exception des dépressions réservées à la moelle et de la table ou surface triturante de la dent ».
La plupart du temps, pour ne pas dire toujours, chaque côté de la mâchoire ne renferme que deux dents qui cèdent la place et sont chassées au dehors par celles qui poussent en arrière et
viennent les remplacer.
Les molaires, dites de lait, apparaissent 8 ou 10 jours après la
(1) En 1715, la Société Royale de Londres émit les premières vérités sur cette uestion. Pallas, Pierre et Adrien Camper, Corse, Home, Patrice Blair, Daubenton et Cuvier lui donnèrent ensuite une forme presque exacte.
(2) SreeL. — Indian veterinary manual. e
naissance. Elles ne sont bien formées qu'à six semaines et complètement sorties que vers trois mois.
Les secondes molaires sont bien sorties vers deux ans, c’est-àdire torsque les premières sont complètement usées. À cette époque, les troisièmes commencent à se développer et font tomber les deuxièmes à six ans. Les quatrièmes font tomber les troisièmes à neuf ans et pour les autres successions, 1l faut ajouter un an de plus pour chaque époque. |
L'Eléphant se trouve donc muni d’une dentition exceptionnellement avantageuse. Si, comme l’homme, il possède trente-deux dents, 1l a du moins le rare avantage de ne pas les avoir toutes en même temps et de les voir ainsi se remplacer à mesure qu’elles deviennent vieilles et usées.
Chaque dent est composée de plusieurs lames ou dents partielles qui sont toutes très complètes et munies de leur substance osseuse et émailleuse. Lorsqu'elles sont prêtes à percer, elles se soudent si étroitement que, par l'usure, elles deviennent comme la coupe de la dent normale.
Les premières molaires se trouvent formées de 4 lames ou dents partielles.
Les deuxièmes molaires ont 8 ou 9 lames ou dents partielles ; les troisièmes 12 ou 14 lames ou dents partielles ; les quatrièmes 15 Où 16 lames ou dents partielles ; et ainsi de suite jusqu’à la septième ou la huitième, qui en à 22 ou 23, c’est-à-dire le maximum. (1)
Durant très longtemps on prit les défenses de l'Eléphant pour des cornes. Pausanias fut l’un des premiers à répandre cette erreur et quoique Philostrate l'ait complètement réfutée, elle n’en persista pas moins durant de nombreux siècles. Juba II qui s'occupait beaucoup de sciences naturelles et qui écrivit de très bons ouvrages Sur cette matière, donna, lui aussi, suivant Pline, le nom de cornes à ces défenses. (2) Il est assez curieux de remarquer que Perrault.
(1) Devant parler dans Je chapitre suivant des différences très sensibles qui existent entre les dents de l’'Eléphant d'Asie et celles de l'Eléphant d'Afrique, il est inutile de m'étendre ici sur cette question.
(2) PLIN., — Hist. nat., VILL, 4.
en dépit de son siècle et de son savoir, commit la même faute. (1)
Les défenses d'Eléphant se trouvent enchassées dans de profondes et solides emboitures osseuses de la mâchoire supérieure. Ce sont de véritables incisives qui, malgré leur ferme insertion, se trouvent dans leurs alvéoles comme un clou dans une planche: