CARAVANE D'IVOIRE
doit passer avant l’agréable. Et c’est ainsi que les deux disparaissent rapidement à la fois. (1)
.ÆPINE Dorsare. — Comme dans tout être, l’épine dorsale ou colonne vertébrale est composée d’un certain nombre d’os nommés vertèbres, qui servent à mettre en rapport les différentes parties du corps à l’aide de la moelie épinière qu’elles renferment. Cette moelle épinière est logée dans une sorte de trou arrondi qui occupe à peu près le centre de chaque vertèbre, tandis que la colonne vertébrale, grâce à cette succession d’os reliés entre eux, est douée d’une grande force et d’une grande flexibilité et joue un rôle très important dans la structure et le fonctionnement de l’être entier.
D'après Owen, l’épine dorsale de l’Eléphant se divise en cinq
(1) Dans le même ordre d'idées, la culture du Phytelephas, sorte de palmier qui croît au Pérou, ne saurait être trop encouragée. Cet arbre produit eneffet un ivoire végétal qui peut être travaillé comme l’ivoire animal et possède même un grain plus fin et plus dur. Le malheur est quechaque morceaude cet ivoire ne dépasse pas la grosseur d’une noix ordinaire et ne peut par conséquent servir qu'à confectionner de menus objets. De même qu'avec le Karité, ou arbre à beurre de Madagascar, il y aurait néanmoins d’intéressantes choses à faire avec le Phytelephas dont la culture mérite plus que jamais de retenir l’attention de nos coloniaux.
parties qui comprennent chacune le nombre suivant de vertèbres :
Vertébres CéRICAlES RE — dorsales 2222771207 — lombaires "#5; — SACTÉESS in. 02 STONE — caudales. 2043067
Néanmoins, 1l est bon de remarquer que certains de ces chiffres varient souvent selon les individus.
VERTÈBRES CERVICALES. — Les vertèbres cervicales occupent le cou, sont au nombre de 7 et de forme différente. La première, qui porte le nom d’atlas, sert de support à la tête et présente quelques analogies avec celle de l’homme. La dernière porte une longue épine
Comme on le voit, F'Eléphant ne possède que très peu de vertèbres cervicales en proportion de sa taille et du poids de sa tête. Cette défectuosité le met donc en état d’infériorité par rapport aux autres animaux et l’oblige à tourner tout le corps lorsqu'il veut regarder en arrière.
VERTÈBRES DORSALES. — Les vertèbres dorsales sont au nombre de 19 à 20, selon Evans, et 20 d’après Owen; leur nombre pouvant varier. « Elles sont intermédiaires en dimension entre les vertèbres cervicales et lombaires et se distinguent par leur système de longues épines supérieures, qui procèdent de haut en bas et s’inclinent en arrière ; elles forment le lien et la portion maîtresse de l’épine dorsale ». ()
VERTÈBRES LOMBAIRES. — Le nombre des vertèbres lombaires ou des reins est de 3. Leurs apophyses sont longues, plates et transversales.
VERTÈBRES SACRÉES. — Les vertèbres sacrées ou sacrum protègent le bassin. Elles comprennent trois où quatre os qui, après avoir été séparés chez les jeunes, se soudent bientôt en un seul.
(1) Evans. — Traité sur les Eléphants, p. 88.
Il paraîtrait que la dernière vertèbre lombaire se réunirait également au sacrum chez les très vieux individus.
VERTÈBRES CAUDALES. — Le nombre des vertèbres caudales varie suivant les circonstances. Le plus souvent on en compte 30 ou 31, mais on a vu des individus qui en possédaient 29 et mème 52.
STERNUM. — C’est un os plat situé en avant de la poitrine, dans la ligne centrale et sur la partie inférieure visible du thorax. Chez les jeunes Eléphants, 1l reste pendant quelque temps cartilagineux, puis se consolide peu à peu. Les surfaces latérales montrent des dentelures pour la réception des cartilages des vraies côtes ou sternales. Le sternum contribue également à la protection du cœur et des poumons contre les blessures extérieures. (1)
CôTes. — Les côtes sont une série d’arcs osseux, allongés et aplatis qui forment en quelque sorte les parois de la poitrine et protègent les organes importants. Elles sont au nombre de 19 à 20 paires dont les €:x premières vont en augmentant de longueur et les autres en diminuant. On les divise en vraies côtes ou sternales, qui sont directement réunies au sternum, en fausses côtes ou asternales, qui ne le sont pas, et en côtes flottantes ou libres.
ExTRÉMITÉS. — Les extrémités de l’Eléphant sont conformées de telles sorte qu'elles lui empêchent tout saut et lui rendent difficile un temps de galop. Cet animal est donc uniquement un portefaix et non un coureur et Sanderson dit avec raison qu’une tranchée large de sept pieds est infranchissable pour un Eléphant, bien que le pas le plus allongé d’un grand animal soit d’environ six pieds et demi.
J'emprunte à Evans (2) la bonne description des extrémités de ce mammifère :
Extrémités antér'eures. — « La clavicule est rudimentaire.
(1) Evans. — Traité sur les Eléphants, p. 80. (2) Evans. — Traité sur les Eléphants, p. go et ar.
L’omoplate est de grande dimension ; elle est divisée inégalement par une crête ou épine, et, plus près du centre, partent des apophyses dirigées vers l'arrière. La cavité dans laquelle elle s’articule avec l'os suivant est très superficielle et regarde vers le bas.
L'humérus est aussi très volumineux et présente des surfaces étendues pour l’attachement des muscles.
L’avant-bras consiste en deux os, le cubitus et le radius, lesquels, chez l’Eléphant, offrent la particularité qu'ils sont obliques et croisés d’une manière permanente. « Le bout supérieur du radius est petit, pendant que le cubitus ne contribue pas seulement à la part principale de la face articulaire de l’humérus, mais a encore son extrémité supérieure plus grande que celle du radius, condition unique parmi les mammifères » (Flower).
Le genou du membre postérieur et le jarret, à l’intérieur, sont situés très bas, à vrai dire, juste au-dessus du sabot.
La rotule est composée d’un groupe de huit petits os distincts, mais très durs et irréguliers.
« Il y a cinq phalanges très courtes et robustes, la dernière les terminant étant très petite et de forme irrégulière » (Flower).
Extrémités des membres postérieurs. — Comme c’est le cas dans les membres antérieurs, la position verticale des os est observée et, jusqu’à un certain point, ressemble fortement à l’agence-
ment des os chez l’homme ».
Bassin. — Le bassin est ainsi nommé parce qu'il affecte la forme d’une cuvette. Il porte encore le nom de pelvis et sert d’intermédiaire entre les membres postérieurs et le corps. Le fémur est assez long, cylindrique de forme en général. La partie supérieure s'articule à l’aide d’une sorte de tête arrondie dans les cavités cotyloïdes et l'extrémité inférieure s'applique dans le tibia. Owen nous dit que la rotule est convexe dans le sens de la longueur et concave transversalement à sa surface articulaire. Le tibia est le plus grand des os et sa colonne affecte une formation triangulaire. Le péroné diffère sensiblement sur toutes ses parties.
Les pieds de devant et ceux de derrière comptent trois groupes d'os : le tarse, qui comprend 7 os, le métatarse et les phalanges.
Prep. — Le sabot de l’Eléphant comprend la sole et les ongles.
« La sole des pieds de devant est presque ronde, pendant que celle des pieds de derrière est plus ou moins ovale. Elle se compose de couches de corne molle et élastique et quoique épaisse et résistante elle fléchit sous la pression des doigts. Devant, le pied dununidongles, derrière, léstbords se retoufnent en l'air. Si l'on enlève le support de la sole et qu'on en examine la surface intérieure, on voit qu'elle est couverte de nombreuses indentations dont les petits trous servent à loger les projections de la sole sensible ». (1)
Perrault ne regarde les ongles de l’Eléphant que comme des prolongements de la plante des pieds: « La corne qui garnissait la plante des pieds, ainsi qu’une semelle, dit cet auteur, débordait comme si elle était cachée par la pesanteur de tout le corps et formait quelques ongles mal formés ». () Il est bon de dire que l'Eléphant que Perrault examina était assez avancé en âge et que, par conséquent, son pied n'offrait plus la netteté voulue et nécessaire pour une observation raisonnable. Daubenton réfuta, du reste, une telle théorie et nôus donna une bonne étude du pied de cet animal. Ë)
Le plus souvent les ongles sont au nombre de 18, soit 5 aux pieds de devant et 4 à ceux de derrière. 4) Quelquefois il peut également y en avoir 16 ou 20. Lorsqu'ils sont propres, ces ongles sont d’un rose clair, le sabot n’est pas rigide comme celui des solipèdes, par exemple, et cette organisation permet ainsi une grande liberté de mouvement.
L'Eléphant a sous le pied un coussinet assez épais formé d'un tissu cellulaire opaque et serré, rempli d’une graisse fine qui ne laisse toucher à terre que les os du bout des doigts et un ou deux du carpe et du tarse. F5) C’est ce qui explique la marche silencieuse de cet animal.
(1) Evans. — Traité sur les Eléphants, p. 92.
(2) PerrauLcr. — Description de l'Éléphant de Versailles.
(3) DauBexToN. — Histoire Naturelle.
(4) P. Tacuarp. — Premier Voyage, p. 273, etc.
nn pa et Cuvier. — La ménagerie du Muséum national d'Histotre Nate relle. 1801.
CANAL ALIMENTAIRE. — Bouche. — La cavité buccale est petite, le palais uni, les joues suffisamment làches.
Lèvres. — La lèvre supérieure qui forme la trompe est unie aux narines, tandis que l’inférieure est beaucoup moindre et assez pointue. (1)
Langue. — La langue est petite et épaisse. Elle emplit la pres-
que totalité de la cavité buccale et a plus de liberté en avant qu’en
arrière
Pharynx. — Il n’a rien de bien particulier et conduit les aliments de la bouche à l’æœsophage.
Œsophage. — C’est un tube musculaire qui s'étend du pharynx à l'estomac et dont la grosseur est assez faible.
Ventre. — Il est grand et contient une partie de l'œsophage, l'estomac, les intestins, le foie, la rate, le pancréas, les reins et les organes uro-génitaux. Le péritoine qui tapisse tous ces organes a pour but de les bien faire fonctionner en secrétant continuellement une sorte de matière qui agit comme l’huile dans une machine.
MEMBRANE MUQUEUSE. — « C’est une membrane délicate qui tapisse les parties internes du corps qui se trouvent en communication directe avec l’air extérieur, c’est-à-dire :
a) Des narines aux très petites ramifications des poumons ;
b) Toute la voie de la bouche à l'anus;
c) Du pénis ou vagin à la vessie.
Cette membrane est pourvue de vaisseaux sanguins, de nerfs, etc À l’état normal sa couleurrest d'unurose tendre dame de inflammations et la fièvre elle devient rouge et les petits vaisseaux sont fréquemment injectés ». (2)
Esrouac. — L’estomac de l’Eléphant est simple. Il mesure de 75 centimètres à un mètre, est situé du côté gauche et la ratey adhère.
INTESTINS. — [ls commencent à l’orifice pylorique de l’estomac et se terminentaleurentrée tlansdescæcunne
(1) Nous ne parlerons pas ici des dents, étudiées déjà plus haut. (2) Evans. — Traité sur les Eléphants, p. 92.
Le grand intestin est assez vaste et présente une apparence ridée due à des bandes longitudinales qui sont plus courtes que l'intestin. Il comprend trois parties : le cœcum, le colon et le rectum.
Les intestins sont attachés à l’épine dorsale par une forte membrane.
Voici d’après Owen et Steel, les dimensions respectives de ces divers boyaux :