CHAPITRE VII
Chasses et Dressage
La chasse aa fusil. — Points à diser de préférence. — Les kraals ou parcs à Eléphants. — Dressage. — Comment reconnaître un bon Elépbant domestiqué. — Prix de dente.
Les cornacs.
Les façons de chasser l'Elépharnt sont assez nombreuses. Elles varient en effet suivant les circonstances et les contrées. Nous laisserons de côté les moins usitées (comme les chasses aux flèches, aux jJavelots, aux fosses, au nœud coulant, à la massue, etc.) pour n'étudier que les deux principales : les chasses au fusil et les chasses aux kraals.
La chasse au fusil est surtout pratiquée par les Européens et demande beaucoup de sang-froid et d'adresse.
Le plus souvent on s’embusque (principalement le soir) sur le chemin qu’ont coutume de prendre les Eléphants pour aller boire et se baigner.
Parfois aussi on profite de ce que l’animal est occupé à manger,
Dans tous les cas on doit avoir soin de prendre le vent à l’aide de plumes ou de cendre de bois avant de commencer la chasse et de s'assurer ainsi qu'il vient bien de l'Eléphant. Ce détail a une très grande importance à cause de l'extrême délicatesse de l’odorat de cet animal et je ne saurais trop le recommander. L’arme employée en pareil cas est la carabine à deux coups avec balles explosibles ou tout au moins balles en nickel ou balles à pointes d'acier. Les gros calibres ne sont pas nécessaires.
On a parfaitement vu des Eléphants tomber raides morts avec des balles en nickel de carabine 303. On doit s'approcher lé plus possible de la bête afin de rendre le coup plus certain, les points vulnérables étant facilement manqués à une moyenne distance, surtout pour quiconque n’a pas une très grande habitude de ce tir particulier.
Suivant Evans les endroits où les blessures sont le plus facilement mortelles sont la tête, les oreilles et le derrière des oreilles. Son passage étant intéressant et très utile à connaître je le cite intégralement :
A) Front. — Le point à viser est au centre, près du sommet de la grosse bosse qui est à la base de la trompe, soit à environ o mètre 075 au-dessus d’une ligne tirée d’un œil à l’autre. L'animal et le tireur doivent être à peu près de niveau sur le sol, l’Eléphant faisant face et portant la tête dans sa position naturelle
B) Coup dans l'oreille, la lempe, ou coup de côté. — L'animal étant sur un terrain plus ou moins de niveau, la tête dans sa position naturelle, le meilleur endroit pour viser, si le tireur est luimême de niveau sur le même terrain, c’est l trou de l'oreille, en ligne passant par l’autre côté.
D'autres coups de côté peuvent être tirés, suivant laposition du tireur, dans la région temporale.
C) Coup en arrière ou derrière l'oreille. — Sanderson le décrit ainsi : « Le point à viser, derrière l’oreille, est dans la cavité audessus de la bosse ou renflement se trouvant à la Jonction de la. mâchoire et du cou. (1 »
J'indiquerai encore le coup tiré à la jambe de devant ; quoique moins rapide le résultat est cependant parfois excellent.
Je conseilierai également de chasser de préférence l'Eléphant avec un cheval à proximité de soi, (2) afin de pouvoir l’enfourcher
au moindre danger réel-et:s'assurer ainsi une fuite plus rapide et.»
plus certaine. Il ne faut cependant pas perdre de vue que n'importe quel cheval n'est pas apte à remplir cet emploi, le cri de RElé phant faisant trembler ou s'enfuir celui qui n’y est pas accoutumé. Mais cette habitude vient assez facilement.
(1) Evans. — Traité s sur les Eléphants, p. 74, 75. (2) Cet animal n’est malheureusement pas toujours facile à se procurer, notamment en Afrique équatoriale.
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