‹ Les éléphantsChapitre 38 sur 76 · ITS · texte numérisé non relu

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Quelques nemrods se font encore suivre par des chiens qui, par leurs bruyants aboiements, ahurissent littéralement le proboscidien et [ui font perdre ainsi une grande partie de ses moyens de défense. |

Par malheur, les chiens en revenant auprès des chasseurs ramènent souvent avec eux l'Eléphant et mettent ainsi leur maître en

danger.

La chasse au kraal est la plus communément employée pour s'emparer des Eléphants vivants. (à) C’est aussi celle qui demande le plus de préparatifs, le plus de mise en scène, le plus de frais.

Le kraal, korral ou parc, est une enceinte de parfois plusieurs lieues de périphérie et qu’enserre une triple ou quadruple rangée de pieux énormes et profondément enfoncés dans le sol. Ces madriers sont espacés de facon à laisser passer un homme mais non un Eléphant. De plus, l'endroit choisi est presque toujours près d’une rivière ou d’un lac, dans un endroit tout spécialement affectionné par les proboscidiens.

Le moment le plus propice pour cette chasse est la saison des amours.

Au jour convenu, toute l’innombrable bande des rabatteurs décrit un immense cercle autour de la troupe des Eléphants. Ces rabatteurs doivent faire preuve d’une incroyable adresse et d’une inconcevable patience afin de ne pas faire fuir le troupeau dans une fausse direction mais bien plutôt de l’amener tout doucement vers le kraal. ()

La manœuvre dure plusieurs jours et plusieurs nuits. L’on couche sur les lieux et les repas se composent de quelques fruits que l’on grignotte en hâte.

Le rôle des rabatteurs est secondé par les « femelles de leurre. »

Ces femelles de leurre sont des Eléphantes dressées que l’on envoie dans la jungle à la recherche des mâles.

(1) En Afrique, le procédé des kraals ne serait guère pratique, quant à présent. — C’est ainsi que le commandant Laplume, au Congo belge, a capturé ses Eléphants à l’aide de trappes qu'il disposait sur le chemin que les proboscidiens avaient le plus . l'habitude de suivre. Une fois tombé dans la fosse, on ligotait l’animal et on le faisait sortir par un plan incliné que l’on creusait alors.

(2) Les rabatteurs ont naturellement bien soin de se placer sous le vent.

Très intelligemment elles s’'approchent timidement des troupeaux et invitent le « sexe laid » des Eléphants à des plaisirs sans nombre.

Les mâles hésitent et n’osent tout d’abord céder à cette inconnue dont ils se méfient instinctivement. La femelle redouble alors d’habileté, jette de tendres cris, se fait càâline, s'approche amoureusement, les caresse de sa trompe et, finalement, les attire insensiblement vers le kraal.

Les Eléphants pénètrent alors dans le parc, la porte se referme aussitôt sur eux et l’amour compte de nouvelles victimes.

On se demande vraiment à quel sentiment peuvent obéir ces traîtresses. Une semblable inféodation à l’homme est vraiment extraordinaire.

D'autant plus que certaines de ces femelles ne sont capturées que depuis à peine un an et que, par conséquent, elles doivent encore avoir très présent à la mémoire le souvenir de leur liberté.

Quoi qu'il en soit les Eléphants sont maintenant là, fous de rage et de désespoir, essayant de briser l’énorme barrière qui les retient prisonniers. Peu à peu, leur fureur tombe cependant. Ils ont faim, ils ont soif, ils sont exténués.

. C’est le moment propice pour les approcher. Deux par deux, les Eléphants domestiques pénètrent dans le parc, tandis que les cornacs habiles qui les montent les font se placer de chaque côté d’un Eléphant sauvage. Pendant que le prisonnier est maintenu par ses deux faux-frères, les mahouts passent rapidement des cordes autour des jambes qu'ils rivent définitivement à la captivité.

Pendant un temps très court qui varie selon l'individu, on prive complètement l’Eléphant de liberté et on le laisse se morfondre au bout d’une corde retenue solidement à un poteau.

Si l’animal veut jouir de la totalité de ses mouvements il n’aura qu’à suivre les lecons que lui donnent ses congénères et l’homme qui doit devenir son mahout définitif.

Généralement, quelques semaines suffisent au dressage, l'Eléphant possédant à un très haut degré les instincts de sociabilité.

Il ne reste plus qu'à l’habituer à porter une selle et de petites

charges, à traîner un fardeau, relever et porter un tronc d'arbre, recevoir le cornac, etc., choses que l’on a vite fait de leur apprendre.

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