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ÉLÉPHANTS EMPLOYÉS DANS LES FORÊTS DE BIRMANIE

animal sauvage, 1l ne saurait fournir une besogne aussi pémible et aussi constante que celle que, proportionnellement, peuvent fournir le cheval et le mulet, domestiqués depuis des siècles.

Néanmoins, les services qu’ils rendent, notamment dans les travaux forestiers, sont vraiment inexprimables.

Ce sont eux qui réunissent en les faisant rouler à l’aide de leurs défenses ou en les traîinant avec des chaines les immenses troncs d'arbres abattus et disséminés dans la forêt. Ils aident aussi à constituer les trains de bois flottants qu’on lance sur les cours d’eau et lors des grandes pluies ils savent désenchevêrrer les poutres et les remettre dans la bonne voie.

Lorsque les bois arrivent à destination les Éléphants pénètrent dans la rivière ou le fleuve, conduisent le radeau à la rive, délient les liens qui retiennent ensemble les troncs d'arbres et transportent le chargement dans l’intérieur de la scierie. Si la pièce est par trop pesante, ils se mettent à plusieurs pour la soulever et la placer sur le tas, redressant ensuite d'un léger coup de trompe ou de défense la poutre qui dépasse l'alignement.

Le comte de Dalmas a vu un EÉléphant âgé d’une soixantaine d'années enlever avec ses défenses et avec sa trompe une pièce de bois de 2.000 kilogrammes! La bête s’y prit à quatre fois pour trouver l'équilibre, puis elle souleva cette masse à une hauteur de trois mètres et l'y maintint durant assez de temps.

Dans les scieries, les Eléphants font montre d’une grande habileté en s'emparant des morceaux à débiter et en les présentant à la scie, sans Jamais se rendre coupables de la moindre maladresse.

Parfois, Féquipe est dirigée par une femelle. Elle court de l’un à l’autre, châtie les paresseux et va même jusqu'à souffler sur la sciure pour dégager la scie. (1)

C’est surtout dans les riches vallées de l'Irraouady qu'il faut voir ces géants à la besogne. L’Irraouady est, suivant la forte expression de Pascal, un merveilleux chemin mouvant qui apporte à la mer, sans aucune peine pour les négociants, les produits naturels des hauts plateaux. Jadis, ces richesses étaient inutiles par suite du manque de main-d'œuvre. Aujourd’hui, cette région est une des plus précieuses des possessions anglaises cet les négociants

(1) Les grands moyens n'effraient pas ce contre-maître féminin et l’on cite l’exemple d’une Eléphante qui aurait cassé d’un coup de trompe la défense d’un animal négligeant.

de Rangoom et de Maudalay ont pu réaliser des fortunes très impor-

tantes grâce à cette exploitation des bois à l’aide des Eléphants. G)

LES ÉLÉPHANTS ROYAUX DE LUANG-PRABANG

L'Eléphant est aussi un excellent portefaix, et bien plus encore en Afrique qu'en Asie la question des transports constitue toujours la plus grande difficulté des voyages.

« On ne dispose guère que des indigènes porteurs, dit Paul Bourdarie, les animaux étant rarement employés. Les noirs s’en vont par caravanes, chacun d'eux portant 30 kilogrammes sur la tête. Qu'est-ce que 30 kilogrammes quand 1l s’agit de transporter des centaines et des milliers de tonnes? Une tonne exige de trentetrois à trente-neuf porteurs, et qu'il s'agisse d’un voyage d’exploration ou de transports commerciaux le prix de revient de cette tonne s'élève à des prix fabuleux. Ainsi, avant la création du chemin de fer de Matadi, une tonne de sel du prix de 75 francs arrivait à coûter 2.200 francs, ce qui élevait considérablement le prix du bouillon. Sans compter que le nombre des porteurs, ou bien était trop grand pour une expédition, ou bien se trouvait de beau-

(1) La principale exploitation est celle des bois de teck dont on se sert pour la construction des radeaux. L’ébène vient ensuite.

coup inférieur aux besoins du commerce. Dans le premier cas encombrement d'hommes, dans le second encombrement de marchandises.

Or, la charge minimum d’un Éléphant adulte étant de 500 kilogrammes, deux Eléphants sufhiraient à porter une tonne.

Voici le calcul qui a été effectué sur le dernier voyage de Stanley. Ce voyage dura vingt-huit mois et comporta 7.800 kilomètres. Pour le bagage (20.600 kilogrammes), il fallut huit cents quatrevingt porteurs à 23 kilogrammes par tête. Il eût sufht de quaranteet-un Eléphants et l'expédition n’eut duré que douze mois. Stanley serait arrivé à Bagamayo en mars 1888 au lieu de décembre 1889.

Ces chiffres expliquent clairement ce que le commandant Marchand m'écrivait de Bahr-el-Ghazal en mars 1898 « Ah ! s'ils étaient dressés au portage dans ces immenses plaines implacablement plates, comme je serais depuis longtemps en Abyssinie. »

Quoique son pas ne soit pas d’une grande vitesse, il peut atteindre 5 kilomètres à l'heure avec un poids moyen. Avec une charge légère, cette allure peut être augmentée et comme ces animaux HONMEESOn queide très peu de sommeil, uls peuvent fort bien être employés pour des marches forcées. ()

Les Anglais ont su tirer un mervetlleux parti de l'Eléphant comme porteur. Le gouvernement britannique, à l'heure actuelle, entretient dans son empire d'Orient une armée de plus de mille Eléphants. |

Chaque année on capture à l’aide des kraals de 50 à 100 animaux qui sont destinés à renouveler et à maintenir l’effectif présent. Ces bêtes sont dirigées sur Dakka (Bengale) où se trouve le dépôt central et l’école de dressage des Eléphants.

La plus grande majorité de ces Eléphants est affectée au train des équipages. L'armée britannique des [Indes compte quatre batteries lourdes de canons de 40 et deux batteries d’obusiers de 16. Comme chaque batterie se compose de six pièces, traïnées chacune par deux Eléphants, cela nous fait donc un total de 72 bêtes servant l’artillerie. (2)

Gi Durant quelque temps la vitesse peut alors varier entre huit et dix kilomètres à l'heure.

(2) Les Eléphants sont attelés en flèche et guidés chacun par un mahout. On a vu l’emploi que les anciens faisaient des Eléphants dans leurs armées.

Les sentiments de discipline et d'honneur militaire semblent régner dans cette troupe de portefaix-soldats. On raconte à ce sujet qu’une division de l’armée anglaise de l'Inde, accompagnée d’une compagnie d'Éléphants, était campée sur le bord de la Soala.

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