JULIETTE, L'ÉLÉPHANTE D'AFRIQUE DU JARDIN D'ACCLIMATATION DE PARIS
je l’ai dit, ce sont justement ces derniers qui sont à craindre. Quel est l’homime qui voudrait occuper le poste de garde-champèêtre dans les vastes forêts équatoriales et les plaines inondées où se plaît l'Eléphant ? Je crois qu’un semblable emploi serait malaisé à remplir et ne donnerait que de bien piètres résultats, en admettant qu'il en donne. Alors ? Alors, 1l faut nous diriger d’un autre côté : vers la réglementation de la vente de l’ivoire.
français ; Alfred Grandidier, membre de l’Institut ; Baron Jules de Guerne, ancien Président de la Société de géographie, Vice- président de la Société nationale d’acclimatation de France ; Edouard Navellier, animalier ; Saint-Germain, sénateur d'Oran ; Camille Saint- Saëns, membre.del Institut ; Justin de Selv So et de la Seine ; Jules Siegfried, député de la Seine-Inférieure, ancien ministre du commerce ; D" 'E. Trouessart, professeur au Muséum d’histoire naturelle.
C’est ce que proposèrent MM. Meuges et Lionel Dècle, le premier dans une brochure fort intéressante, le second au Congrès international de Géographie de Londres, qui eut lieu en 1805.
Cette réglementation empêcherait la vente sur nos marchés européens de pointes inférieures à 10 kilogrammes.
Et ne croyez pas que cette réglementation gênerait le commerce de l’ivoire. Elle le régulariserait. Constatez, en effet, que pendant la première période d’accroissement du marché d'Anvers le prix de vente du kilogramme s’est maintenu en moyenne à 24 francs. C’est la période de 1888 à 1892, celle où l'importation n’atteignait pas cent tonnes. À peine ce total fut-il dépassé que le prix du kilogramme tomba à 18 francs pour arriver à 16 francs 40 pour IÉOHETA 1 11.062 pour 1600. C'est donc, si l’on part du prix le plus élevé atteint en 1889 (28 fr. 24) un écart de 135 francs par kilogramme en neuf ans ! On pourrait en conclure que le chiffre normal d'importation pour Anvers ne devrait pas dépasser cent tonnes par an. Le prix moyen du kilogramme serait alors probablement de 20 francs et l’on éviterait ainsi l’avilissement d’une matière qui est et doit demeurer précieuse. U)
J'ai du reste dit que l’on parviendrait fort bien à remplacer en partie livoire soit par l'os, le phytéléphas, la lactite ou le celluloïde, pour fabriquer les objets bon marché (peignes, brosses, ronds de serviettes, couteaux, manches de parapluies, etc...) et réserver les défenses d’Eléphants pour des travaux plus artistiques. On ne pourrait qu'y gagner à mille points de vue et je ne saurais trop appuyer le projet de Paul Bourdarie demandant qu'on établisse, dans la perception des droits sur l’ivoire, une différence marquée entre l'industrie et l’art de l'ivoire. Ce serait là le meilleur moyen d'empêcher la prostitution actuelle de cette matière.
J'espère bien, du reste, voir sous peu en Afrique la règlementation de la vente, de l'achat et de l’exportation de l’ivoire définitivement adoptée. L'Allemagne, l'Angleterre et la France ont formulé sur ce point une opinion favorable. Le Congo est seul un peu lent à donner son adhésion.
La règlementation de l’ivoire doit du reste entrainer l’abolition de cet impôt stupide : la taxe sur l’ivoire. Tant que cette taxe ne