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UN-KRAAL OU PARC A ÉLÉPHANTS

« Mais ce ne sont là, notez-le bien, que de simples déductions. (Gi) A cette intéressante supposition, Je répondrai que les Carthaginois prenaient leurs Éléphants et dans la Numidie et dans la Mauritanie. Cette opinion semble du reste confirmée par un passage de Frontin qui raconte qu’Asdrubal voulant s'emparer par

(1) Lettre particulière du 17 septembre 1904.

surprise de la Nümidie, prit, pour entrer dans ce pays, le prétexte d’une chasse aux Elénhants, ces animaux y étant très communs (1)

Ce fait semble du reste confirmer un passage d’Appien dans lequel il est dit que les Carthaginois craignant que Scipion ne passât en Afrique envoyèrent Asdrubal chasser les Eléphants afin de complèter ainsi leurs moyens de défense. Appien ne nous parle pas de la direction que prit ce général, mais peu après :l nous le montre près d’Utique, campé avec un train de 140 Eléphants dont la majeure partie provenait de sa chasse. (2

En réfléchissant un peu, on voit qu'Asdrubal ne put aller bien loin chercher ces animaux. S1 l’on compte le temps nécessaire pour se rendre sur les lieux, les préparatifs, le retour et le domptage des Eléphants, on s'aperçoit qu'il ne pouvait aller les prendre qu'en Numidie ou en Mauritanie. C’est également l'opinion d’'Armandi. 6)

J’ai, du reste, parlé longuement dans le chapitre IT de l'emploi différent que les Carthaginoiïis et les Romains faisaient de l'Eléphant africain, je n’y reviendrai donc pas ici et me bornerai simplement encore, en réponse aux arguments de M. Le Myre de Vilers, à citer deux nouvelles preuves qui sont suffisantes pour appuyer définitivement mes dires.

C’est tout d’abord le transport du colosse de Néron, auquel les Romains attelèrent 24 Eléphants à l'aide desquels l’architecte Detrianus put transporter le colosse suspendu et debout.

Puis, c’est la très intéressante inscription d'Adulis qui date du règne de Ptolémée III Evergète et que M. Edouard Blanc vient de remettre en lumière. M. Burgsch avait déjà fourni en 1895 la traduction d’une inscription hiéroglyphique trouvée dans le temple d'Athyrum que Ptolémée fit agrandir (inscription hiéroglyphique de Python).

Voici le début de la traduction de M. Ed. Blanc:

téPesrand. rot Ptolémée, fils du roi Ptolémée et de la reine Arsinoé, divins frères (enfants) des rois Ptolémée et de la reine

(1) FRONTIN., — Stratag., IV, 7, 18.

(2) APppraN., — Bell. punic., 9, 13.

(3) ArmanDi. — Histoire militaire des Eléphants, tom. 1, p. 17, 18.

Bérénice, dieux sauveurs, descendant du côté paternel d’Héraclès, fils de Zeus et du côté maternel de Dyonisos, fils de Zeus, ayant recu de son père la royauté de l'Egypte, de la Lybie, de la Syrie, de la Phénicie, de Chypre, ce la Lycie, de la Care etes Cyclades, fit une expédition en Asie avec des force-Adenpreter équestres et une flotte, et des Eléphants troglodytiques et éfhiopiens que son père et lui, le premier de ces pays, avaient capturés à la chasse et, les ayant ramenés en Egypte, avaient dressés pour l'usage militaire...

Il est donc hors de doute que l’Eléphant d'Afrique fut domestiqué dans l'antiquité ! Je pense que ce fait est assez démontré, tant ici qu'au commencement de cet ouvrage, et qu’il n’y a pas lieu de s'y arrêter davantage. Du reste, de tout temps cette question a été l’objet de très sérieuses études et les travaux et les opinions de Muller, Armandi, Faidherbe, Babelon, Livingston, Smyth, Ed. Perrier, Bourdarie et d’autres sont tous très positifs.

es deux premières tentatives sérieuses de domestication furent faites par le khédive d'Egypte Ismaïl Pacha et par Léopold II, roi des Belges et chef de l'Etat Indépendant du Congo.

Nous ne parlerons pas de l’emploi que les Anglais firent en 1868 de 44 Eléphants asiatiques pour leur guerre d’Abyssinie, ni des deux Eléphants du voyageur allemand Van Gotzen.

Par malheur, les expériences d’Ismaïl et de Léopold IT ne réussirent que très médiocrement. :

Les six Eléphants de l’Inde qu’'Ismaïl Pacha avait fait venir pour dresser des Eléphants africains ne purent être utilisés, Gordon

| Pacha ayant, par économie, renvoyé les mahouts dans l'Inde pour ne pas garder la charge des salaires.

Quant à la tentative que Léopold IT fit en 1879, elle n'eût pas un meilleur résultat : MM. Carter et Rankin, chargés du transport des quatre Eléphants asiatiques et des treize cornacs ne purent en effet arriver au Tanganika, où les expériences devaient avoir lieu : les cornacs étant tombés malades en route, les Eléphants très mal soignés et trop chargés, ne tardèrent pas à succomber. Et

les essais en restèrent là.

On en tira des conclusions vraiment extraordinaires. Parce

que les Eléphants asiatiques mouraient en Afrique ou demeuraient inutilisés on en conclut que l’Éléphant africain n'était d'au- Étla usage et non domesticable ! Or, toute l'erreur première est justement venue de ce point: la croyance à lindispensabilité de l'Eléphant d'Asie pour domestiquer son confrère d'Afrique.

Emin Pacha écrivait à Schweinfurth le passage suivant ayant trait à la tentative de Gordon Pacha: « C'était la plus grande faute que Gordon put commettre envers ses contemporains, celie d’avoir pour l’économie de quelques guinées renvoyés les mahouts venus de l'Inde avant qu'ils eussent dressés convenablement quelques individus les remplaçant, et d'avoir confié les Eléphants indiens à quelques mercenaires shilloucks, lesquels, comme tous les nègres en général, n'apprécient les animaux qu’au point de vue de leur emploi comestible... Je n'ai aucun doute qu'avec des soins suffisants et un personnel spécial, les Eléphants nous eussent mis à l'abri des éternels ennuis et des misères résultant de l'emploi des porteurs. Les deux expériences d'importation négative, celle du khédive d'Egypte, celle du roi des Belges, ne permettent pas de conclure si, oui ou non, l’asiatique s’acclimaterait en Afrique d’une facon définitive pour être utilisé à lasservissement de son frère africain... » Les Eléphants destinés à Emin Pacha ont parcouru plus de 3.000 kilomètres et traversé six fois le Nil à la nage !.…

Et quelles sont les objections que nous font les impossibililaires ? Elles sont au nombre d’une dizaine, dont six seulement méritent de retenir notre attention :

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