JEUNE ÉLÉPHANT D'AFRIQUE À LA MISSION DE HUILLA
(Congo Portugais)
J’estime que l'Éléphant mérite, à tous égards, d’être conservé. Il faut le protéger, car 1l peut rendre d’éminents services dans nos colonies : guerre, transports, industrie, etc... [1 faut réclamer cette protection en réglementant les chasses d'abord chez sci, dans nos pays de colonisation et, ensuite, en créant un mouvement d’opinion international.
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L'Eléphant, avec une éducation spéciale, peut, on le sait, rendre des services domestiques. Imitons Ménélick en ce qui concerne la protection ; imitons les Anglais en ce qui concerne l’utilisation intelligente et rationnelle de l’animal.
La protection que je réclame pour l'Eléphant, je la sollicite d’ailleurs aussi énergiquement en faveur de l’autruche, pour d’autres raisons industrielles et commerciales, mais non moins justificatives.
ALBERT COUTAUD, Président de la Societé Protectrice des Animaux.
Faite en grand, la domestication de l’'Éléphant d'Afrique rendrait les plus grands services.
Nous avons acheté notre Eléphant. (Fritz) cinq cents francs, mais 1l était jeune et actuellement, vu la concurrence, on ne pourrait lavoir à ce prix.
Il est difficile de capturer des Eléphants dans ces régions, à cause de la paresse des indigènes. Dans l’intérieur de l'Afrique, le commandant Laplume en a cependant capturé plusieurs qu'il a dressés. |
Il n’est point néc:ssaire de se servir des Eléphants asiatiques pour dresser ceux d'Afrique, à moins que l’on ne veuille éduquer des adultes, chose sur laquelle je ne puis donner un jugement. Les jeunes se dressent facilement avec de la douceur et de la pa-. tience. Nous n’avio=s pas Fritz depuis six mois qu’il était parfaitement apprivoisé et qu’il se rendait à notre appel.
Je ne vois pas la nécessité d’une loi interdisant la chasse, car l’espèce est encore nombreuse, mais de fortes primes encourageraient la capture des Eléphants. ()
RP-DAVEzAC,
Supérieur de la Mission catholique de Ste-Anne du Fernan-Vaz.
L’Eléphant peut et doit rendre de très grands services, étant: donné notre impuissance à faire vivre dans certaines régions des animaux de trait ou de bât.
(1) Voir égaïement dans le Chapitre XI ce que le R. P. Davezac m'écrit sur les services que le jeune Fritz rend à la Mission.
Il n'est nullement difficile de capturer un jeune en tuant la mère isolée. Le secours d'Éléphants asiatiques ne serait nécessaire que pour domestiquer des animaux adultes et entraînerait de gros frais. |
Des mesures de protection très rigoureuses doivent être prises pour protéger la race en voie de disparition, mais la suppression radicale de la chasse ne peut être établie en raison des intérêts commerciaux considérables qu’elle lèserait.
D' DECORSE.
Explorateur.
Votre enquête me paraît intéressante et il me semble que votre entreprise mérite d’être fortement soutenue.
Je suis surtout partisan d’une loi interdisant la chasse à l’Eléphant d'Afrique pendant un certain nombre d'années, afin de permettre à la race de se multiplier en paix.
Yves DELAGE,
Membre de l’Académie des Sciences, Professeur à la Faculté des Sciences de Paris.
J'ai eu occasion d'apprécier les grands services que ces animaux rendent en Asie, particulièrement au Cambodge, et j'en ai facilement conclu qu'on devrait s’efforcer de tirer le même parti des Eléphants d'Afrique. J'ai été, et je suis toujours, partisan de faire des essais dans ce sens — mais je n'ai guère étudié les moyens pratiques d’arriver au résultat désiré. ;
Général FAMIN, Ancien Directeur des Troupes Coloniales.
Ah! ils se trompent étrangement ceux qui croient possible d'opérer la capture de l’Eléphant africain en l'état actuel des choses, c’est-à-dire avec la guerre à outrance qu’on lui fait de tous côtés. Jamais sa domestication ne sera possible tant que sa chasse ne sera pas interdite. Il faudra même plusieurs années pour qu'il retrouve sa confiance et ses habitudes.
En appliquant en Afrique les méthodes qui réussissent dans l'Inde, en y employant même les cornacs et les Eléphants de ce pays, on réussirait très probablement: j'en suis absolument persuadé.
Quant à la possibilité de domestiquer l'Eléphant d'Afrique, peut-on la mettre en doute un instant ? L'histoire ne nous apprend-t-elle pas que, dans l'antiquité, Carthage capturait et faisait dresser des centaines d'Eléphants à la guerre et aux transports ? Ce qui a été fait autrefois en Afrique ne pourrait-on le refaire aujourd’hui ? Quelques années suffiront, sous la direction d’un personnel hindou, à former des cornacs experts, sur le continent noir.
Epouarp Foa. (G)
Ce serait, pour la colonisation française, une belle tâche d’empêcher l’anéantissement en Afrique du noble Eléphant et de chercher si on ne pourrait pas le domestiquer.
Je vous félicite de vous en occuper.
On ne peut affirmer la possibilité de domestiquer l’Eléphant dMfrique avant d'avoir fait des essais en petit. Je ne crois du reste point que la difficulté de capturer des Eléphants soit un obstacle bien sérieux puisqu'on prend facilement ces animaux dans des parcs pratiqués spécialement dans ce but.
Je trouverais excellent d'encourager par des primes la capture des jeunes Eléphañnts et d'interdire durant des années la chasse
des proboscidiens.
ALBERT GAUDRY, Membre de l'Académie des Sciences, Professeur au Muséum National d'Histoire Naturelle.
La domestication de lEléphant d'Afrique semble devoir rendre d'importants services. La reproduction en captivité est possible mais très difhcile et ne peut être obtenue qu'exceptionnellement comme pour l’EÉléphant d'Asie, tant que les conditions de domesticité seront analogues à ce qu’elles sont pour ce dernier.
Je serais partisan de toute loi interdisant la chasse pendant une durée assez longue et surtout Je désirerais l’établissement en Afrique de cantonnements ou réserves de terrains très étendus où la chasse serait interdite d’une façon absolue el permanente comme les Américains l'ont fait aux Etats-Unis à Yellowstone et ailleurs
(x) Cette opinion n’est pas inédite. Elle est extraite d’un des ouvrages du célèbre chasseur africain. J'ai cru bon de l’insérer ici à cause de la notoriété et de la compétence de son auteur,
pour protéger les beautés naturelles et les animaux menacés d’extinction.
Bien que le jeu de billard ait été en faveur auprès de personnages illustres, depuis Louis XIV jusqu’à M. J. Grévy, et qu’il ait été l’objet d’études sérieuses de la part du mathématicien Coriolis, je ne puis oublier que la fabrication des billes absorbe la plus grande partie de l’ivoire importé et amènera fatalement la disparition des deux espèces qui nous restent du genre Elephas. Qu'on trouve une substance capable de remplacer l’ivoire, sinon je préfère voir disparaître le jeu de billard qui n’est même pas un jeu d'adresse au sens de l’article 1.966 du Code civil. (1)
ALFRED GARD, Membre de l’Académie des Sciences,
Professeur à la Sorbonne, Ancien député.
La question dont vous parlez semble d’un grand intérêt pour nos possessions africaines.
Il est évidemment superflu de redire que les Carthaginois de l’antiquité ont domestiqué cet animal. Pourquoi les Français d'aujourd'hui n’y réussiraient-ils pas ? L'expérience vaudrait d’être tentée.
C'est de l'expérience seulement qu'on peut attendre une réponse catégorique à la plupart de vos questions.
Les entreprises coloniales, si intéressées par ce problème, devraient bien faire les frais de cette tentative.
GORSE, Professeur d'Histoire Naturelle au Collège Rollin.
On ne saurait trop émouvoir l'opinion publique en faveur de l'Eléphant qu’un esprit de lucre détestable d’une part, une insouciance blämable, d’autre part, vouent à une extinction absolue dans nos colonies. Alors que les grandes nations qui se partagent l'empire Africain ont pris des mesures de préservation sérieuses
(1) Article 1966 du Code civil (Livre IIT, Titre XII). Ees jeux propres à exercer au fait des armes, les courses à pied ou à cheval, les courses de chariot, le jeu de paume et autres jeux de même nature qui tiennent à l'adresse et à l'exercice du corps sont exempts de la disposition précédente. Néanmoins le tribunal peut rejeter la demande quand la somme lui paraît excessive :
A). Le paiement d'une dette contractée au jeu de billard ne peut être poursuivie
devant les tribunaux.
et efficaces pour arrêter la destruction de la faune sauvage, la France seule n’a rien fait et continue à ne rien vouloir tenter dans ce sens. Nous assistons à ce spectacle affligeant : le massacre sans restriction, systématique même, de l'Éléphant dans nos colonies françaises et plus spécialement au Congo, alors que d'immenses territoires, tant dans les colonies anglaises (Soudan, Est africain, Rhodesia, Cap) que dans le nord du Congo belge, seront désormais pour lui des retraites sûres et intangibles.
La domestication de l'Eléphant d'Afrique sera parfaitement possible le jour où on sera décidé à protéger l'Eléphant et à lui créer des réserves. L'exemple de Fritz, au Fernan-Vaz, les affirmations des grands connaisseurs tels que Bidel, Hagenbeck de Hambourg, qui m'ont déclaré qu’à leur avis l'Eléphant d'Afrique était parfaitement domesticable, mes propres observations qui ont porté depuis plus de vingt ans sur tous les proboscidiens qui ont paru en Europe, les résultats obtenus ces dernières années au Congo belge, sont des preuves péremptoires de la possibilité de la domestication de l’Eléphant d'Afrique. À Paris même, n’avonsnous pas vu il y a quelques années la grande Juliette du Jardin d’acclimatation transporter de joyeux bambins sur sa croupe puissante, avec autant de souplesse et de docilité que l'Éléphant indien actuel ?
Dans les régions où l’Eléphant est traqué constamment, criblé de balles, ses mœurs sont radicalement modifiées, il ne saurait avoir la douceur d’un agneau, et ceci explique comment il se fait que dans certaines contrées les troupeaux soient dangereux, parfois même agressifs. Comme le disait Foa, on ne prend pas les mouches avec du vinaigre et les Eléphants à coups de fusil.
Quant à l'intelligence de l'Éléphant d'Afrique elle est aussi développée que celle de son congénère des Indes, les indigènes même le reconnaissent, un Peuhl disait dernièrement au capitaine Vallier qui explorait le Ferloo et le Bondou où l'Eléphant se rencontre encore par bandes de cent individus, que celui-ci « était même chose un homme ! »
Cette domestication est-elle utile ? Je ne crois pas nécessaire de démontrer que si l’Eléphant est utile aux Indes, dans un pays où
les chemins de fer et les routes existent, où les bêtes de somme | 13
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ne manquent pas et peuvent circuler et vivre, il serait encore plus utile en Afrique où tout manque.
En considérant en particulier notre Congo, 1l semble encore plus mal partagé que nos autres colonies au point de vue de la facilité des communications. Des sentiers sinueux, embarrassés de lianes et d’arbres renversés, cheminant à travers la forêt et les marécages, suivant la ligne de plus grande pente des hauteurs ou le fond des ravins, sont les seuls moyens de communication.
Le seul mode de transport à travers ces sentiers plus ou moins bien tracés, pour les vivres, le matériel, les échanges, le commerce, la perception des impôts, etc., c’est le portage, l'odieux portage qui coûte si cher, rend si peu, empoisonne la vie de l'Européen et décime les indigènes.
C’est dans de telles conditions que le grand proboscidien pourritendne demiesdaéelssenyiecs
D' EmiLE GROMIER.
La domestication de l’Eléphant d'Afrique serait certaineme®t très utile dans les parties tropicales de ce continent qui sont encore dépourvues de moyens de transport. Pour y réussir, 1l faudrait procéder, comme on le fait aux Indes anglaises, en s'emparant d’un grand nombre d'Eléphants adultes. La capture des Eléphants est une simple question de méthode et d'argent, en Afrique absolument comme en Asie. |
L'élevage en captivité est possible mais n’est pas du tout à recommander. Il convient, encore en cette matière, de procéder comme aux Indes.
L'Eléphant d'Afrique est encore assez commun dans certaines régions et la race peut s'y conserver, surtout si l’on applique exactement les prescriptions édictées par les Anglais, notamment dans leurs colonies de l’Afrique orientale.
Baron Jures DE GUERNE,
Explorateur, Ancien Président de la Société de Géographie de Paris.
Oui, assurément, je crois que la domestication de l’Eléphant
d'Afrique est possible. La chose me semble démontrée depuis le succès des tentatives faites, au Congo belge, par M. le commandant Laplume et par M. Willaert.
D'après M. Laplume, il faut environ une année pour dresser complètement un Eléphant d'Afrique. Je ne suis pas à même de donner, à ce propos, un avis personnel car je n’ai dressé que des sujets asiatiques. |
J'ai cru, autrefois, (et je l'ai écrit) que, dans les cirques, les dresseurs d'Eléphants se servaient quelquefois de persuasion, procédé qui s'adresse à l'intelligence ; mais j'ai reconnu depuis qu'ils ne l'utilisent absolument jamais. Ils cherchent uniquement à déterminer des associations d’impressions et d’impulsions motrices, par la simple contiguité. Pour posséder la direction de leurs sujets, ils les habituent à s’écarter d'eux, au moyen de fourches et de fouets et à se rapprocher d'eux en leur montrant des aliments. [ls obtiennent de la même facon que leurs élèves s’approchent ou s’éloignent de différents appareils. Gardons-nous de penser qu'il y a. ici, la moindre intelligence utilisée ; nous braverions /a loi d'économie établie par Morgan. L'Eléphant agit, en tout ceci, sans aucun raisonnement, par pur instinct. Si vous l’amenez devant un tricycle, par exemple, 1l n’a pas, en apercevant l’appât qui se trouve placé au-dessus, cette idée première: « Tiens! voilà un bien joli tricycle ! Je vois un petit pain accroché au-dessus ; je vais, pour faire plaisir à mon cher maitre qui est dresseur et qui trouve sans doute ingénieux de m’exhiber sur ce vélocipède, enfourcher cet appareil ; et je mériterai ainsi de manger le petit pain ! » Non, l’Eléphant ne pense pas à tout celà ; 1l marche directement vers le séduisant petit pain ; et, comme on s’est arrangé pour qu'il ne lui soit possible de le prendre qu’en mettant les pieds où l’on veut qu'il les mette, il réalise, sans s'en douter le moins du monde. l'exercice qu'on lui demande. Quand, par la répétition, les impressions visuelles fournies par le pain, le geste du maitre et le tricycle se sont associées aux impressions si importantes du sens musculaire, l'exercice est su ; la chaine d’impressions est continue et, bientôt, on peut se passer du premier maillon, en supprimant l’appât ; à ce moment, l’ordre du dresseur (geste ou parole) suffit pour déterminer l'exécution de l'exercice.
= L'Eléphant serait-il donc dépourvu d'intelligence ? Non, certes ; mais la faculté d’associer des impressions est seule utilisée par les dresseurs professionnels pour obtenir les exercices les plus compliqués, en les décomposant et en se contentant de petits progrès. Si l'Eléphant peut comprendre certaines choses, — assez simples du reste — ce n’est pas à dire qu’il exécuterait, au besoin, volonlairement tout un numéro de cirque (souvent fatigant et toujours compliqué) sans avoir été plié à ce « travail » par d’invincibles associations d’impressions.
Il existe, il est vrai, deux autres méthodes de dressage applicables à l’'Éléphant, comme à la plupart des mammifères supérieurs : elles n'ont, toutefois, aucune valeur pratique. Ce sont celles que j'ai inventées et que l’on a appelées: 1° Méthode de la sélection des mouvements dans le jeu, et 2° Méthode de la persuasion, mettant en usage l'intelligence. Je ne les cite ici que pour mé- moire ; car ce sont des procédés de laboratoire d’un emploi extrémement borné et n’intéressant que les psychologues.
HACHET-SOUPLET, Directeur de l'Institut de Psychologie zoologique.
Je ne puis que me Joindre à tous ceux qui expriment le vœu que l'on protège l’Eléphant et qu'on lui constitue des régions réservées où il serait interdit d'en faire la chasse. Il serait bon, très bon, que nos autorités coloniales encouragent par des mesures intelligentes les études sur l'animal en captivité et les tentatives de domestication et de dressage.
D' Hamy, Membre de l'Académie des Sciences et de l’Académie de Médecine, Professeur au Muséum National d'Histoire Naturelle.
Il est certes de toute utilité de modérer le massacre actuel des Eléphants d'Afrique. Il est certain qu’à cette allure de tuerie cette espèce animale aura tôt fait de disparaître. Il serait intéressant et plus utile de pratiquer l'élevage des Eléphants pour prendre leur ivoire sans les tuer, comme on élève les autruches pour leurs plumes. C'est plutôt dans ce sens que dans le sens locomotion que cet animal rendra des services. Maisil est urgent d’en réglementer la chasse si on ne peut arriver à l’interdire. Ces animaux, les der-
niers ayant un volume extraordinaire, sont appelés à disparaitre de la surface de la terre; il serait bon d’en empêcher l'extinction
strlieu de lPaccélérer.
| DYJory.
Explorateur, Ancien Médecin de la Marine.
Je suis avant tout partisan d’une loi réglementant la chasse. Il est en effet monstrueux de laisser détruire une pareille richesse naturelle. Même si nous ne parvenons pas nous-mêmes à nous en servir, laissons-en la ressource à nos descendants. Tuer des Eléphants pour leur ivoire c’est démolir une usine en chômage pour vendre le cuivre qui entre dans les machines, gàcher mille francs pour gagner vingt sous ! Et encore peut-on refaire des machines tandis qu’on ne refera pas les Eléphants. Le mal qui se fait est irréparable. Il serait urgent de l’arrèter.
Louis LAPICQUE, Maitre de Conférences à la Faculté des Sciences de Paris.
Faite en grand, la domestication de l’Eléphant d’Afrique rendrait évidemment des services analogues à ceux que rend la domestication de l’Eléphant d’Asie. Mais le tout est de pouvoir la faire en grand. La chose dépend des Gouvernements coloniaux, des sociétés concessionnaires, des colons eux-mêmes et des chefs indigènes. Ce qui a rendu possible l’utilisation de l’Eléphant d'Asie, c'est précisément qu'il y a en Asie des Gouvernements indigènes qui s'intéressent à cette domestication pour divers motifs — guerre, représentations, fêtes, travaux publics, etc... — motifs qui n'ont pas d'action sur l'esprit des Gouvernements indigènes africains.
La somme nécessaire à l’achat et au dressage d’un Eléphant sauvage est très variable, suivant le pays où l’on se trouve et le personnel employé. Quant au temps indispensable pour cette éducation, 1l semble qu'on peut obtenir de bons résultats, s'il s'agit d'un tout jeune Eléphant, en six mois ou un an.
La difficulté de capturer les Eléphants est un premier obstacle sérieux, peut-être le principal. D'abord il n'y a rien à faire pratiquement avec les Eléphants âgés : seuls les petits sont dressables
avec les moyens actuels dont on dispose en Afrique. Or, pour plusieurs raisons, 1l est difhcile de capturer ces petits Eléphants : le nombre de ces pachydermes a considérablement diminué; les troupes qui restent sont cantonnées dans des forêts, des montagnes et des marais peu accessibles ; les indigènes, qui tuent les animaux avec enthousiasme, ne savent pas les capturer vivants. Etc.
En Asie, on emploie les Eléphants domestiques pour dresser les sauvages. [l ne parait pas pratique d’user de cet Eléphant asiatique, domestiqué pour obtenir des résultats pareils vis-à-vis de son congénère africain. D'abord, l'opération serait très dispendieuse, l’asiatique ne se ferait peut-être pas au pays d'Afrique (ceux introduits par le roi des Belges, autrefois, à la côte orientale, sont morts en peu detelnps);"et enfin, l'espécenernmpe même, le sauvage africain consentirait-1l à reconnaître la supériorité de l’asiatique ?
En tout cas, 1l serait bon que les Gouvernements coloniaux fissent des lois pour interdire la chasse à l’Eléphant d'Afrique, au moins pendant une certaine période de temps. Les Anglais, sur la côte orientale d'Afrique, ont ainsi réglementé la chasse des gros animaux. On a fait de même aux Etats-Unis et au Canada pour le buffle et le castor. Il faut ajouter que ce serait se faire illusion, néanmoins, que d'attribuer une action toute puissante à des lois de ce genre, dans un pays comme l'Afrique, où le gardechasse sera longtemps inférieur à sa tâche...
Il est donc probable, malgré tous les règlements, que l’Eléphant, plus gros que le moustique, résistera moins iongtemps que lui!
Monseigneur ALEXANDRE LE Roy,
Evêque d'A linda, Supérieur de la Congrégation du St-Esprit.
Comme économiste, Je considère comme énormément utiles tous les efforts qui seront faits et toutes les mesures qui seront prises pour la conservation de la race des Eléphants. L’ivoire est la matière première de plusieurs industries et il importe de la conserver en l'exploitant sans l’épuiser.
Déjà, au Congo belge, des règlements ont été édictés en vue de cette conservation, Je ne sais pas s’ils sont scrupuleusement obsér-
vés, mais je sais que l’administration a un moyen de mettre obstacle à l’abus en surveillant, et au besoin en limitant, l'exportation.
Pourra-t-on domestiquer l’'Eléphant d'Afrique? Il me semble qu'il n'y a pas impossibilité, puisqu'on a domestiqué celui d'Asie et cet animal pourrait rendre des services pour les transports dans les régions où les plantes fourragères abondent et où les routes font défaut.