‹ Les éléphantsChapitre 6 sur 76 · J1 PRÉFACE · texte numérisé non relu

J1 PRÉFACE

pables, ce sont les gens du plus beau monde, les hommes de sport. Pour être bien coté il faut, désormais, revenir de l’Afrique centrale et avoir à son tableau cinq ou six lions, autant d'Eléphants, plusieurs dizaines d'hippopotames, quelques rhinocéros, un gorille, si faire se peut, et une infinité d’antilopes. Pour cette chasse nouvelle on emporte des fusils perfectionnés, voir de petits canons et l’on mitraillera bientôt les troupeaux d’antilopes. Le Président Roosevelt va se consoler de ne pouvoir plus guerroyer contre les trusts en allant combattre les fauves dans la brousse africaine. Etant donné l’universel snobisme, c'est un désastre pour l'Afrique : on prendra désormais ses titres de noblesse en courant sur les talons du Président Roosevelt, après la réputation d’Hercule tueur de monstres. Le métier est d’ailleurs devenu plus facile : Hercule n'avait que sa massue et son courage pour purger Ja Grèce du terrible gibier qu'il poursuivait; les modernes armes évitent à ceux qui les portent les dangereux corps à corps et leurs campagnes sont certainement fructueuses.

Des mesures ont été prises par la plupart des pays pour limiter ce carnage ; souhaitons qu'elles soient sérieusement appliquées dans nos possessions. La Société Nationale d’Acclimatation de France a fourni, sur la demande du Ministre des Colonies, des rapports très rigoureusement étudiés sur ce sujet qui intéresse non seulement le commerce et l’industrie, dont la poule aux œufs d’or est en danger, mais aussi tous ceux qui s’intéressent à l’histoire de la Terre ; la faune de l’Afrique, comme celle de Madagascar, comme celle de l'Australie, est un véritable monument historique vivant.

En ce qui touche l’Eléphant d'Afrique, la question de sa conservation a un côté plus pratique. On sait quels services rend dans l’Inde, depuis un temps immémorial, l’Eléphant d'Asie. L’Eléphant d'Afrique constitue une autre espèce ; il est même assez différent pour qu’on en aït fait un autre genre : le genre Lonodon qui comprendrait, suivant certains naturalistes, plusieurs espèces. On a de même réparti les girafes, les zèbres, certaines formes d’antilopes en plusieurs espèces ; il est certain que, suivant la région qu’ils habitent, les grands animaux de l'Afrique présentent des particularités constantes héréditaires qui permettent de reconnaître leur provenance. Rien n'empêche de réunir dans un même groupe les individus qui présentent les mêmes particularités et de leur donner un nom. On pourra à volonté désigner ensuite le groupe ainsi formé, soit comme une espèce, soit comme une race géographique, soit comme une variété fixée. Cela n’a aucune importance pour l’objet qui nous occupe, ce que nous avons à dire s’applique à tous les Eléphants qui habitent

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