‹ Les élévations poétiquesChapitre 6 sur 8 · I06 LES ÉLÉVATIONS · texte numérisé non relu

I06 LES ÉLÉVATIONS

Conseil a Galathée

Nous donnerons aux jeux une part de la vie, Et la part la plus grande et la plus regrettée, Celle où les jeunes ans vont, en troupe ravie Cueillir l'amour comme une rose veloutée.

Puisque à peine tous deux entrons dans la saison. Qui fait que les désirs tremblent au fond des yeux. Et puisque tu n'as pas offert la floraison De tes lèvres encore au plus charmant des dieux,

O Galathée , aimons à Tabri de tes voiles.

Le printemps de la nuit nous parfume d'étoiles,

Et la lune qui monte illumine les bois.

Voici que le silence étouffe notre voix.

Quand viendront les rayons languissants de l'aurore,

Nous laisserons nos cœurs avec les fleurs éclore.

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Pour Narcisse

O mon frère plus grave et pourtant moins âgé, Narcisse au clair visage, ouvre ta fleur pensive Parmi les autres fleurs , car le matin léger Sur les eaux et dans un sourire nous arrivj.

Voici rheure si douce à ton songe affligé. Penche-toi vers toi-même, au-dessus de la rive. Et contemple les yeux mouvants de TEtranger Qui t'admire dans ta beauté, sous Tonde vive.

Le jour nouveau, Narcisse, apporte ton bonheur. Mais, ni Tarbre des nuits fleuri d'ombre et d'étoiles, Ni le malin qui s'en échappe, oiseau chanteur,

Ne m'apportent, à moi, l'oubli des heures brèves. Qui virent, pour mes bras, jaillir hors de ses voiles La Nymphe qui se baigne à la source où tu rêves.

:o8 LES ÉLÉVATIONS

Pour Doris

Doris , Nymphe des mers, blanchissante comme elles Mais plus qu'elles trompeuse aux coeurs que tu séduis, Je reviens près des eaux qui -me furent cruelles Pour te ravir, Doris , à l'antre où tu t'enfuis.

J'ai voulu m'enfoncer sous la forêt nouvelle Et vainement, car ta blanche ombre me poursuit, Les fleurs ont ton parfum, et l'herbe me rappelle Ta chevelure douce et fraîche qui reluit.

O Doris, entends-moi du sein bleu de ta mère. Nous irons boire encore où buvaient les oiseaux. Et je te chanterai sur de légers roseaux.

Je vais, pour te chercher, entrer dans l'onde amère;

Je vois déjà la grotte à la claire paroi,

Et les flots de la mer s'écartent devant moi.

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Sous-Bois

O toi, qui chantes dans le jour de la clairière. Voix enfantine entrelacée au bruit des eaux , Tu m'arrives ainsi qu'un rêve de lumière Qui filtrerait parmi les feuillages nouveaux.

J'écoute, pénétré par Fombre et le mystère Du bois silencieux, et le charme des mots Vient ranimer la fleur de ma chair éphémère Dont les soutHes de Pair respectaient le repos.

Puisque je me complais à ta douce harmonie, O voix, demeure encor suspendue à l'azur : Que j'ignore la bouche à qui tu dois la vie.

Mais, pour montrer, du moins, ta vertu captieuse Entre les fleurs, ô voix, guide d'un hymne pur, Guide, vers mon désir, une Nymphe amoureuse.

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