‹ Les élévations poétiquesChapitre 7 sur 8 · Scène bocagère · texte numérisé non relu

Scène bocagère

Une abeille légère est sortie à mes yeux D'une rose et bourdonne autour de ton sommeil; Elle aura vu ton front, dont les lys gracieux Vont attirer son dard et hâter ton réveil.

Puisque tu m'as commis à ta garde, ô Dons, Ma bouche occupera par avance les lieux Oùrabeille, posant son vol d'or, aurait pris Le miel liquide et pur qui nourrit tes cheveux.

Ton corps a frissonné comme une source d'eau Sous mes lèvres, et tes grands yeux se sont ouverts Un instant, j'ai pu suivre en eux tes rêves clairs.

Vois, l'insecte est parti pour ne plus revenir, Mais toi, Doris, tu peux t'endormir de nouveau, Car ce baiser parfume encor mon souvenir.

Au Sommeil

Toi dont la forme songe aux vagues de la mer, Je t'appelle, ô Sommeil, dans la douceur de Fair, A l'heure où la chanson des sources est ouverte, Où le cvprès, dardant sa longue flamme verte, P'rissonne sous le ciel et le couchant d'été. Façonné par Tazur, j'ai conçu ta beauté Et, jeune homme divin couronné sous les roses, J'accours des bois sacrés et des montagnes closes Pour lier de mes bras le sable de ces bords Où se lève la fleur tardive de ton corps.

I 12 LES ELEVATIONS

Retour a Galathée

Souviens-toi, Galathée, un soir, nous nous aimâmes

Près des flots qui roulaient des astres éclatants;

Le charme endolori de ce soir de printemps,

Où l'eau pleurait dans les rochers , nous toucha Tâme.

Nous vîmes à quel dieu nous étions tous soumis Et que , malgré l'amour et ses vaines images , Nos cœurs étaient pareils aux rochers du rivage , Et les liens de nos bras flottèrent, désunis.

Maintenant, je reviens sur les rives natales Après mon abandon et ces longs jours passés. Je revois tes regards par les pleurs effacés Et tes cheveux sans ordre autour de ton front pâle.

Console-toi, la vie a des douceurs encor, L'amour traîne avec lui les douleurs et les joies, Après la nuit mourante une aurore roujeoie Qui la disperse au feu de ses deux ailes d'or.

Galathée, orne-toi du plus beau de tes rires, C'est l'heure de la lune illuminant les flots, La brise d'Orient sort aussi du repos , Et la mer qui blanchit se déroule et respire.

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