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L. Elzevir, in-fol. — A Leyden, chez Iean Orlers

:;;Bona fides Sibrandi Luberti. L. Bat., apud L. Elzev., in-4. — Lugd. Bat., excud. J. Patins, 1614.

*1. Arn. Corvini Responsio ad Io. Bogermanni annot. pars prima. Ibid., in-4. — Lugd. Bat., excud. J. Patins, 1615.

*Scripta adversaria collationis Hagiensis. Ibid., in-4. — Lugd. Bat., excud. I. Patins, 1615.

1616. — Respons. ad I. Bogermanni annot. pars altéra. L. Bat., ap. L. Elzev.,

in-4. — Lugd. Bat., I. Patins, 1616.

*Constantini Manassis annales, I. Meursius vulg. Ibid., in-4. — Lugd. Bat., ex ojjic. I. Patii, 1616.

*Ph. Lansbergii Cyclometria. L. Bat., apud L. Elzev., in-4. — Middelburgi, ex offic. R. Schilders, 1616.

:-:Primæ philosophiæ institutiones, aut. Gilb. Jachæo. Ibid., in-8. — Lugd. Bat., ex off. Iacobi Patii, 1616.

H. Grotii Poemata. L. Bat., apud L. Elzev., in-8. — Lugd. Bat., apud And. Clouquium, 1617.

*R. Thomsonis Angli Diatriba de amissione gratiæ et justifie. Ibid., in-8. — Lugd. Bat., excud. Ioh. Patius, 1616.

*Celebriorum distinctionum synopsis, auth. L. Castanæo. Ibid., in-4. — Lugd. Bat., excud. I. Patius, 1616.

1617. — Appendix pressions declarationis. L. Bat., api^d Elzev., in-4. — Lugd.

Bat., excud. I. Patius, 1617.

Andronici Rhodii ethicorum, cum interpr. D. Heinsii. L. B., apud L. Elz. et Ioan. Maire, in-8. — Lugd. Bat., excud. I. Patius, 1617.

1618. — *R. Bellarmini de lusu ( lisez lapsu) Adami. L. Bat., apud Elzev., in-8. —

Lugd. Bat., apud Andream Cloucquium , 1618.

^Responsio necessaria ad Contra Remonstrantium declarationes. Ibid., in-4. — Lugd. Bat., excud. I. Patius, 1618.

G. J. Vossii responsio ad judicium H. Ravenspergeri. Ibid., in-4. — Lugd. Bat., excud. I. Patius, 1618.

Ejusdem historiæ de controversiis quas Pelagius etc. Ibid., in-4. — Lugd. Bat., excud. I. Patius, 1618.

1619. — A. Fachinæi JC. controversiæ ex cent. disp, per C. Pynacker. Ibid., in-4.

L. a Ceulen de circulo et adscriptis liber. Ibid., in-4. — Amst., Laurent., 1619. ';:Eliza, sive de laudibus Elisabethæ, auth. A. van Dans. Ibid., in-8. — Lugd. Bat., apud Barthol. vandey Bild, 1619.

Les catalogues officinaux contiennent la série à peu près complète des ouvrages publiés par les Elzevier, à l’exception des pièces de circonstance, discours académiques, oraisons funèbres, etc., et des livres imprimés pour le compte d’autres libraii •es. Nous les avons pris pour base de notre travail.

INTRODUCTION

Tous les articles qui y sont portés seront décrits dans nos Annales sous leurs dates respectives, à la condition toutefois qu’ils soient elzeviriens. Car les Elzevier ont confondu avec les leurs certaines productions de leurs confrères dont ils avaient acquis ensuite la propriété. Nous donnerons ici, comme nous venons de le faire pour les catalogues de Francfort, la liste de cette catégorie d’ouvrages, en ajoutant, autant que possible, l’adresse et la date exactes.

Il existe cinq catalogues officinaux de Leyde, datés de 1628, 1638, 1644, 1650 et 1655. Le premier, celui de 1628, contient en tout 225 articles (indépendamment des livres orientaux). Sur ce nombre il n’y a que les suivants que nous n’ayons pas repris dans nos Annales :

(Les articles marqués d’un astérisque figurent également dans le catal. de 1638; ceux qui ont le double astérisque sont portés dans les deux catal. de 1638 et de 1644.)

**Acta Synodalia Dordrechtana, in-4. — Dordrechti, typis Is. I. Caninii , 1620. **Aubigné histoire depuis la desroute d’Angers jusques à la fin du siècle belliqueux, in-fol.

Antonii Augustini numismata, in-fol. — Antvcrpiœ , apud H. Aertssium , 1617. **Arithmetica logarithmica Ioan. Neperi, aucta per Adrianum Vlacq, in-fol. — Goudœ, 1628.

^“"Arithmétique logarithmétique de Iean Neper, in-fol. — Goude , chez Rammascin ,

•'^Arithmétique logarithmétique d’Egmund Wingate, in-8.

*Becæ et Hedæ historia veterum episc. Ultraj., in-4. — Franekerœ, excud. Rombertus Doyema , 1612.

••:Busii politica, in-4. — Franekerœ, apud Romb. Doyema, 1613.

Cameronis Ioh. Defensio opposita libello de gratia et libero arbitrio, in-8. — Salmurii, 1624.

— Prælectiones de Ecclesia, in-4. — Salmurii, 1626-28, 3 vol.

*Czanakii controversiæ logicæ, philos, et theolog. inter lac. Martinium et Keckermannum, in-8. — Leydœ, J. Cornelii Wourdanus, 1625.

^Discours politique de l’estât de Rome, in-8. — (S. /.), 1626.

Dictys Cretensis de bello Troiano, in-12.

**Eyndii jac. Convivalis senatus super pace, in-4. — Lngd. Bat., ex offic. H . L. ab Haestens, 1611.

**Fachinæi Andr. controversiæ ex centuriis 13 juxta seriem pandectarum dispositæ per C. Pynacker, in-4. — Lugd. Bat., 1619.

**Fulleri Nicol. Miscellaneorum sacrorum liber V et VI, in-4. — Lugd. Bat., apud Joh. Maire, 1622.

*Genealogia illustrium comitum Nassoviæ, in-fol. — Lugd. Bat., Orlers, 1616. Goltzii Hub. Iulius Cæsar. — Cæsar Augustus. — Fasti. — Sicilia. — Græcia universa, in-fol. — Antverpiœ, 1617-20.

Isocratis opéra, gr. lat., in-8. — Parisiis, apud J. Libert, 1621.

INTRODUCTION

^Lauriers de Nassaw, in-fol. — Leyden, chez Jean Orlers , 1615.

:;Tdem, hoochduytsch. — Leyden , J. Orlers , 1617.

'"Lettres amoureuses et morales des beaux esprits, in-8. — Paris , V Angelier , 1616. ,!î*J . Meursii Constantini Manassis annales, in-4. — Lugd. Bat., ex off. J . Patii, 1616. ** — Timæus Chalcidii, in-4. — Lugd. Bat., 1617.

Neperi Io. Rabdologia seu numeratio per virgulas, in-12. — Edinburgi , excud. Andréas Hart, 1617 (aussi Lugduni, 1626, suiv. Georgius). î!:-:«Origenis Philocalia, gr. lat., in-4. — Parisiis, Force, 1624 (suiv. Georgius). *Perkerus de descensu Christi ad inferos, in-4.

*Plessys de Mornay Mémoires, premier et second tome, in-4. — (Lfl Forest) 1624-28. (Cf. le n° 1149.)

Theophrasti Eresii opéra omnia, gr. lat. D. Heinsii, in-fol. — Lugd. Bat., ex typog. H. ah Haestens, 1613.

Thrésor précieux des sainctes méditations, par Iean Bourgeois, in-12.

Le catalogue de 1638 est à certains égards une répétition du précédent. Il se compose de 317 titres, outre les livres orientaux et les scholasticalia. En fait d’articles nouveaux non

elzeviriens nous n’avons noté que les suivants :

(L’astérisque indique les articles portés aussi dans le catal. de 1644.)

*Balzac le Prince, in-8. — Paris, 1642.

5:<Meursii Fortuna attica, in-4. — Lugd. Bat., apud Godefridum Basson, 1622.

* — Areopagus, in-4. — Lugd. Bat., apud Godefr. Basson, 1624.

* — H esychius, in-8. — Lugd. Bat., ex off. Godefr . Basson, 1613.

* — Æschylus, etc. in-4. — Lugd. Bat., apud Godefr. Basson, 1619.

* — Theodori Metochitæ historia, in-4. — Lugd. Bat., ex offic. Iusti Colsteri, 1618. Motus Neapolitanus ob tergiversationem ducis Ossunæ, in-4.

*Riccii Vindiciæ juris, in-4. — Gedani, 1633.

*Volusæni dialogus de animi tranquillitate, in-8. — Lugd. Bat., ex offic. Wilh. Christiani, 1637.

De tous les catalogues de Leyde le plus intéressant est celui de 1644, que M. Pieters a fait réimprimer. Il renferme 34g articles (sans les Respublicœ et les livres orientaux), parmi lesquels dix-neuf de ceux que nous avons déjà cités. Ajoutez-y les sept suivants :

Burgundus in Constitut. Flandriæ, in-12. — Lugd. Bat., ex offic. Justi Livii , 1634. Boxhornii obsidio Bredæ, in-fol. — Lugd. Bat., ex offic. Isaaci Commelini, 1640. Danæi Aphorismi politici et milit., in-12. — Lugd. Bat., ex offic. Jacobi Marci, 1638. Lansbergi Tabulæ motuum cœlestium, in-fol. — M iddelburgi, apud Zacli. Roma num, 1632.

Pseaumes à 4 part, par Claudia le Ieune, in-12. — Leyde, J. Livitis, 1635 (suiv.

Ledeboer, Boekdrukkcrs, p. 265).

A. Rivet divers traitez de piété, in-12.

Article douteux. Indiqué dans Georgius : Lcidc, Elzcv., 1 637, in-i2.

Kevii Suares repurgatus, sive metaphysica, in-4. — Lugd .Bat., apud Fr. Hegeruin, 1643.

INTRODUCTION

Nous n’avons pas rencontré les deux autres catalogues officinaux de Leyde. Ceux d’Amsterdam sont au nombre de sept, et portent les dates suivantes : 164g, 1656, 1661, 1675 (2), 1678 et 1681.

Le catalogue de 1649, réimprimé à Hambourg par les soins de M. Hoffmann, se compose exclusivement de livres édités par L. Elzevier, à l’exception des huit suivants :

Anonymi I. C. Decisiones de injusta carceratione princ. Eduardi Portugalliæ, in-fol.

Article douteux. tS. I.) 1646 (suiv. Œttinger, Bibl. biogr., t. I, col. 462).

L’Ariane de Mr Des Marets, en françois, in-12. — Leyden , Fr. de Hegher , 1644 (cf. le n° 1631)-.

Arnds Paradys-gârtlein voiler christlichen Tugenden, in-12. — Leyden , 1645 (suiv. le catal. de 1674).

Des-Cartes BriefF aen Voetius, in-4. — Amsterdam , by Rieuwerdt D. van Baardt, 1643 (cf. n° 998).

J. H. de Linschot Voyage des Indes Orientales, in-fol. — Amsterdam , chez Evert Cloppenburgh , 1638.

H. Reggii de statu Ecclesiæ Britannicæ hodierno commentarius, in-4. — Dantisci ,

1647 (suiv. le catal. de 1674).

Fam. Stradæ de bello belgico decas secunda, in-12. — Iuxta exemplar Romce etc.,

1648 (cf. n° 1652).

A. de Vargas de Stratagematibus Iesuitarum, in-12. — (S. I.) 1641 (cf. n° 1620).

Le second catalogue officinal d’Amsterdam, publié en 1656, immédiatement après l’association conclue entre Louis et Daniel, est beaucoup plus considérable. Il renferme bon nombre d’articles imprimés à Leyde, et qui étaient échus à Daniel dans le partage avec son ancien associé Jean. Nous n’y avons noté que quinze articles qui ne sont pas elzeviriens :

Biblia Ebraica sine punctis, in-8. — Amster., 1639 (suiv. le catal. de 1674).

E. Bronchorsti ’Evavrio^otvœv centuriæ sex, in-8. — Hardervtci , 1652.

Th. Bartholini Anatomia reformata, in-8. — Hagce Comit., 1655.

J. Cocceii ad ultima Mosis considerationes/in-4. — Franekerce , 1650.

— Consideratio principii evangelii S. Johannis, in-4. — Ibid., 1654.

J. Cloppenburgii Anti-Smalcius, in-4. — Ibid., 1652.

— Compendiolum Socinianismi confutatum, in-4. — Ibid., 1652.

— Exercitationes super locos communes theologicos, in-4. — Ibid., 1653.

— Opuscula tria, in-12. — Ibid., 1652.

J. Drusii in Coheleth annotationes, in-4. — Amstelrodami , sumpt. H. Laurentii, 1635.

— Commentarius in prophetas minores, in-4. — Ibid., 1627.

J. Meursii Fortuna attica, in-4. — Lugd. Bat., apud G. Basson, 1622.

J. Revii Suarez repurgatus, in-4. — Lugd. Bat., apud. Fr. Hegerum, 1643.

C. Vorstii commentarius in epistolas apostoücas, in-4. — Amstel., 1631.

M. Fr. Wendelini philosophia moralis, in-8. — Hardevici , 1654.

INTRODUCTION

Le catalogue de 1661, que nous ne connaissons point, n’est probablement qu’une répétition, à quelques articles près, du précédent.

Celui de 1675 est sous certains rapports l’un des plus remarquables, parce qu’il fait connaître le prix originaire de chaque ouvrage en feuilles. A cette époque Daniel avait monté sa maison sur une très grande échelle; il avait acquis tout ou partie d’une quantité de livres publiés par divers éditeurs hollandais. La liste que nous en avons dressée comprend près de deux cents articles, soit d’Amsterdam (surtout de Blaeu) soit de Franeker, Harderwyk, Deventer, et autres villes de province. Il nous a paru fastidieux et inutile de reproduire ici cette liste. Nous nous bornerons à signaler deux articles-sur lesquels il nous reste des doutes :

Pernicieuses conséquences de la nouvelle hérésie des Jésuites contre le Roy et contre l’Etat, in-4.

Plainte catholique adressée à Philippes le Grand, roy d’Espagne, par les consuls et conseils de Barcelone, in-4<v.

Nous négligeons le catalogue de 1678, qui n’est qu’une reproduction presque textuelle de celui de 1675, et nous arrivons au catalogue de 1681, le plus important sans contredit de toute la série. Publié après le décès de Daniel Elzevier, et en vue de la vente qui eut lieu en juillet 1681, ce document établit une distinction entre les ouvrages en nombre, dont l’achat ne conférait pas de droit spécial à l’acquéreur, et ceux que la maison possédait en pleine propriété, et qui se vendaient cum jure copiœ et privilegio , c’est-à-dire avec privilège et droit de reproduction. Ces derniers sont désignés au moyen d’un astérisque. Ils figurent tous dans nos Annales , à l'exception des suivants :

Albertinus de Eucharistia, in-fol. — Daventriœ, 1654.

Alexandri ab Alexandro Dies géniales cum not. var., 2 vol. in-8. — Lugd. Bat., ex officina Hackiana, 1673.

U) Nous avons eu entre les mains : Plainte catholique des Catalans addressée à Philippe-le-Grand, roy des Espagnes, par le conseil des cent de la ville de Barcelone, contenant les motifs de la prise de leurs armes, etc., traduit d'espagnol en françois. Rouen, Caillove, 1641, in-4.

INTRODUCTION

Aquilinius (Cæs.) de tribus historicis concilii Tridentini, in-8. — Amstel., apudEliz. Weyerstraten , 1662.

Augustini (D. Aur.) Meditationes, Soliloquia et Manuale, in-24. — Col. Agrip .,

Barclaii Argenis cum notis variorum, 2 vol. in-8. — Lugd. Bat., ex offic. Hackiana , 1664-69.

— Satyricon cum notis variorum, in-8. — Lugd. Bat., ex offic. Hackiana, 1674. Boetii consolatio philos, cum notis variorum, in-8. — Lugd. Bat., ex offic.

Hackiana, 1671.

De Boot (Boëtii) de gemmis et lapidibus, in-8. — Lugd. Bat., ex offic. Maire, 1647. Des-Cartes (Renati) Musica, in-4. — Traj. ad Rhen., typ. G. a Zyll, 1650.

J. Drusii in Coheleth sive in Ecclesiasten annot., in-4. — Anistel., sumpt. Hendr. Laurentii, 1635.

Frossardus et Cominæus de rebus gallicis, in-12. — Amsterd., apud J. Blaeu,

Glauberi opuscula chymica, in-8. — Amstel., apud J. Janssonium, 1658.

Horstii (Jac. Merlo-) Paradisus animæ christianæ, in-8. — Amstel., 1670 (d’après le catal. de 1674).

M. Malpigii et Fracassati epistolæ anatomicæ, in-12. — Amstel., apud G. Commelinum, 1669 (n° 1818).

P. Molinæi logica, in-8. — Amstel., 1645.

Quintiliani Institutiones orat., cum notis var., 2 vol. in-8. — Lugd. Bat., ex offic. Hackiana, 1665.

Ragguagli di Parnasso di Tr. Boccalini, 2 vol. in-12. — Amsterd., appr. Gîov. Blaeu, 1669 (n° 1813).

Verulamii (Fr. Baconis) Historia vitæ et mortis, in-12. — Amst., aptid J. Ravestein, 1663 (n° 1719).

de augmentis scientiarum, in-12. — Ibid., id., 1662 (n° 1708).

Vita di Cesare1, Borgia, in-12. — Montechiaro, appr. G. B. Vero, 1671 (n° 1862). Vossii (Gerhardi Joh.) Genealogia Christi, in-4. — Amstel., 1643.

— de arte grammatica, in-4. — Amstelœdami, ex offic. Ioannis Blaeu, 1662.

— de idolatria sive theologia gentiliym, 2 vol. in-fol. — Amstel., J. Blaeu, 1668.

— comment, rhetorica sive oratoria, in-4. — Lugd. Bat., ex off. I. Maire, 1643.

— de historicis græcis et latinis, in-4. — Lugd. Bat., ex off. I. Maire, 1651.

— de philosophis et philosoph. sectis, in-4. — Haga-Com., apud Ad. Vlacq , 1658.

— isagoge chronologiæ sacræ, in-4. — Hagœ-Com., ex typ. Ad. Vlacq, 1659.

— de veterum poetarum temporibus, in-4. — Amstel., ex typ. Ioannis Blaev , 1662.

— de tribus symbolis, apostolico, &c., in-4. — Amsterd., apud J. Blaeu, 1642.

— de quatuor artibus popularibus, in-4. — Amstel., ex typ. J. Blaeu, 1650.

— rhetorica contracta, in-8. — Amstel., apud J . Janssonium, 1655.

Vossius (Isaacus) de motu maris, in-4. — Hagce Com., 1663.

— de Nilo, in-4. — Hagæ Com., 1666.

M. Fr. Wendelini Institutiones morales, sive ethica, in-8.

Les divers catalogues de livres d’assortiment donnés par les Elzevier, et notamment le grand catalogue de 1674, fournissent d’utiles indications, non tant sur les impressions des Elzevier eux-mêmes que sur les livres imprimés dans les

INTRODUCTION

Pays-Bas au dix-septième siècle, et qu’on annexe à la collection. Le Catalogus librorum officinœ Ioannis Blaev de 165g est également à consulter. Il existe de ce volume certains exemplaires interfoliés et remplis d’additions manuscrites : ils émanent, croyons-nous, de la maison même, et on les faisait circuler pour tenir la clientèle au courant des acquisitions nouvelles. Nous en avons eu deux de cette sorte à notre disposition, dont l’un appartient à la Bibliothèque de Bruxelles(I).

Passons aux travaux dont les éditions elzeviriennes ont été l’objet. Le dix-huitième siècle n’a rien laissé à cet égard qui vaille la peine d’être signalé, à l’exception du Catalogue des Républiques par De la Faye, inséré par Sallengre dans ses Mémoires de littérature (La Haye, 1717, t. II, p. 14g de la seconde partie(2)). Il n’y a pas à tenir compte du chapitre que Maittaire a consacré aux Elzevier dans le t. III de ses Annales typographici , ni du catalogue que renferme Y Art de désopiler la rate , ni des listes spéciales qui se trouvent à la fin de certains catalogues de ventes.

Le premier travail d’ensemble sur les elzeviers est dû à un amateur français, M. A.-S.-L. Bérard; il parut en 1822 sous ce titre : Essai bibliographique sur les éditions des Elzevirs les plus précieuses et les plus recherchées , précédé d'une notice sur ces imprimeurs célébrés, Paris, F. Didot, 1822, in-8. On conçoit facilement que le premier qui s’aventure dans une région à peine entrevue et mal délimitée soit exposé à toutes sortes de méprises. Il négligera nécessairement les points accessoires pour s’attacher aux vues d’ensemble ; il se laissera prendre aux apparences, ses arguments porteront à faux, ses conjectures seront mal fondées. Mais pour peu qu’il se montre avisé,

O) Il provient du fonds Van Hulthem (n° 916 des manuscrits).

(2) Une réimpression, rajeunie quant au style, de l’opuscule de De la Faye a été faite à Paris , Panckoucke, 1842, in-16 (aussi Paris , Potier, 1854, in-12), par les soins de J. Chenu. De la Faye n’est pas un guide très sûr; il prête aux Elzevier des Républiques qu’ils n’ont pas imprimées, par exemple : Respublica Atheniensium , 1621 et 1645, Hispania, 1641, Portugallia, 1644, Venetoruni, 1642. Chenu y ajoute de son chef une Sabaudia de 1627. Tous ces titres apocryphes ont passé dans les Annales de M. Pieters.

INTRODUCTION

sa tentative ne demeurera point stérile, ses erreurs mêmes profiteront à ses émules, et son nom restera, malgré les découvertes ultérieures.

Tel n’a pas été le cas pour Bérard. Son Essai est d’une insignifiance absolue, et nous avouons ne rien comprendre à la réputation dont il a longtemps joui parmi les bibliophiles français. C’est tout au plus s’il peut passer pour un catalogue descriptif de la collection particulière de l’auteur. Nulle méthode : les divisions sont purement arbitraires ; d’insipides bouquins sont cités et décrits tout au long, alors que bon nombre d’articles des plus importants et des plus rares ne sont pas même l’objet d’une simple mention. Nulle critique : tout volume pet. in-12 imprimé dans les Pays-Bas durant la seconde moitié du dix-septième siècle sort invariablement des presses elzeviriennes. Wolfgang, Foppens, Fricx, etc., autant de pseudonymes des Elzevier. A peine Bérard consent -il à faire honneur à d’autres typographes des livres parus après la mort de Daniel Elzevier ; encore a-t-il l’air d’hésiter, car citant telle production de Wolfgang parue en 1682 ou 1688, il constate qu’elle a été imprimée avec les caractères de Daniel et sous un de ses pseudonymes habituels.

Dans un travail spécial sur les Elzevier, nous ne pouvions nous dispenser de mentionner YEssai de Bérard. Il fallait bien expliquer pourquoi dans le cours de ce travail nous l’avons constamment passé sous silence. A nos yeux Bérard n’a pas même eu le mérite de poser des jalons; il n’y a pas lieu de discuter ses opinions, pour l’excellent motif qu’il ne s’est pas mis en frais de conjectures. Son livre, dépourvu de toute autorité, est comme non avenu, et si nous le citons ici c’est uniquement pour mémoire.

Pendant que Bérard s’ingéniait à recueillir toutes les erreurs qui avaient cours au sujet des elzeviers et leur donnait une sorte de sanction, un bibliographe d’un grand sens et d’un grand savoir, J. -Ch. Brunet, sans faire de la question une étude spéciale, essayait de résoudre quelques-uns des problèmes qu’elle soulève. L’idée lui était venue, en rédigeant

INTRODUCTION

la seconde édition de son Manuel du libraire (1814), d’y joindre sous forme de supplément un catalogue spécial de ce qu’on est convenu d’appeler la collection elzevirienne. Avec le tact si sûr qui le distinguait, il n’avait pas tardé à s’apercevoir que ce mot d’elzevier était un terme banal qu’on appliquait au hasard à une foule de productions, les unes médiocres, les autres pires, et dès la troisième édition il faisait part de ses scrupules au public.

Cette troisième édition, parue en 1820, lorsque Y Essai de Bérard était imprimé mais non encore publié, marque une date dans l’histoire de l’elzeviriographie. Pour la première fois les volumes qui portent le nom de Wolfgang ou de Foppens sont restitués à ces imprimeurs, en dépit des vives protestations de Bérard. C’était un grand progrès et qui témoigne chez l’auteur d’une certaine dose d’intrépidité, car le culte des livres, tout comme un autre, a ses fervents et ses dévots, qui n’aiment pas à être dérangés dans leurs convictions.

La liste de Brunet, sans cesse augmentée et tenue au courant des découvertes nouvelles, fut reproduite à la suite des diverses éditions du Manuel. Telle que l’auteur l’a définitivement constituée pour la sixième édition (1864, t. V, col. 1709-1784), elle e.st loin sans doute d’être complète et donne prise à bien des critiques. Mais il est juste de tenir compte des conditions dans lesquelles elle a été exécutée. Le plan du Manuel embrasse, comme on sait, l’universalité des livres rares. Sans cesse sollicité par d’autres recherches, Brunet n’a pas pu consacrer aux elzeviers un examen suffisamment minutieux et approfondi; sur une foule de points il a dû s’en rapporter aux auteurs dont le jugement faisait autorité. Il n’en est pas moins vrai qu’il a le premier introduit l’examen et la discussion dans cette branche de la science des livres, et qu’il a provoqué par son initiative des études sérieuses. Les solutions qu’il propose peuvent être inexactes, mais elles méritent toujours d’être prises en considération.

La tentative de Brunet excita l’émulation d’un homme d’imagination et de goût, à la fois écrivain exquis et amateur

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passionné des livres rares, dont il excellait à faire ressortir l’intérêt et le mérite. Neuf ans s’étaient écoulés depuis la troisième édition du Manuel , lorsque Ch. Nodier ouvrait par une Théorie complété des éditions elzeviriennes ses Mélanges tirés d'une petite bibliothèque (182g).

Nodier divise les elzeviers en huit classes : la première comprend tous les livres imprimés et signés par les Elzevier; la seconde, les livres imprimés sous le nom des Elzevier mais étrangers à leurs presses; la troisième, les elzeviers anonymes ou pseudonymes; la quatrième, les livres exécutés par d’autres imprimeurs, quoiqu’avec les mêmes fleurons et les mêmes caractères; la cinquième, les livres imprimés avec les mêmes caractères, mais avec des fleurons différents; la sixième, les livres imprimés avec des fleurons analogues mais non avec les mêmes caractères; la septième, de prétendus elzeviers qui n’offrent ni le nom, ni les caractères, ni les fleurons des Elzevier ; la huitième, les livres parus après la mort de Daniel jusqu’à l’an 1700. Cette classification n’est pas parfaite, il s’en faut de beaucoup. Elle a surtout le tort d’être compliquée outre mesure ; on la réduirait de moitié sans inconvénient, en fusionnant en une seule la quatrième, la cinquième et la sixième classe, et en supprimant les deux dernières. Néanmoins il faut savoir gré à Nodier de l’avoir imaginée. Ce qui importait surtout alors, c’était de mettre les amateurs en garde contre l’espèce d’engouement qui leur faisait accueillir comme elzeviers véritables les impressions les moins soignées et les plus disparates. Nodier s’est appliqué à réagir contre cet engouement, et c’est visiblement dans ce dessein qu’il a multiplié les cas d’exception. Il n’a pas eu la prétention d’établir des règles précises ni d’entrer dans la 'mie des applications pratiques. Il n’avait ni la patience ni le genre d’érudition nécessaire pour une pareille besogne. C’était avant tout un homme d’esprit, mais l’esprit ne perd jamais ses droits, même en matière de bibliographie. A son tour Nodier prend fait et cause pour Wolfgang et pour Foppens, et, sans invoquer de nouveaux éléments de preuve, il réfute victorieusement les pitoyables objections que Bérard opposait

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à l’argumentation de Brunet. De même il établit qu’il n’y a nulle raison d’attribuer aux Elzevier les volumes signés par N. Hercules, Boom, Blaeu, Jansson, Fricx et autres imprimeurs; enfin il déclare apocryphes le Clovis de Desmarets, le Suétone de Du Teil et autres ouvrages qui, bien qu’imprimés à Rouen, portent abusivement l’adresse des Elzevier. Tout cela est très exact et ne pèche que dans les détails. Ainsi Nodier soutient à bon droit que les Négociations de Jeannin ne sont pas des Elzevier et sortent des mêmes presses que l’édition de Voiture datée de Nimègue, 1660. Selon lui, ces presses sont celles de Nie. Hercules, et là est l’erreur, erreur qu’ont répétée Brunet et M. Pieters (l’imprimeur est J. de Jonge); mais l’identité d’origine des deux ouvrages ne peut être révoquée en doute, parce qu’elle résulte d’une confrontation attentive des fleurons et des caractères.

Le même procédé, appliqué avec plus de rigueur, a permis à un autre bibliophile, Ch. Motteley, de débrouiller plusieurs points restés obscurs de la bibliographie elzevirienne. Il y a deux hommes à considérer en Motteley. D’abord le spéculateur en livres, ou, si l’on préfère la définition de Brunet, l’industriel en librairie. On sait que Motteley a formé successivement diverses collections qu’il a livrées ensuite aux enchères publiques. Il a publié à cet effet divers catalogues, qui ne laissent pas d’être encore assez recherchés. Celui qui espérerait tirer quelque lumière des notes qui accompagnent ces catalogues, s’exposerait à bien des mécomptes. Profitant de sa réputation d’expert consommé en cette matière, Motteley ne se faisait pas scrupule d’attribuer une provenance elzeviriennne à des volumes qui ne méritaient cet honneur à aucun titre; ce qui, de ce temps-là surtout, était un moyen infaillible d’en faire monter le prix(I).

O) Non content de ses elzeviers apocryphes, Motteley avait imaginé d’en fabriquer de postiches. On rencontre parfois dans les ventes un volume de Poésies chrestiennes et morales d’Ant. Godeau, Jouxte la copie imprimée à Paris, chez Pierre le Petit , 1663, pet. in-12. C’est tout simplement l’édition de Paris, pour laquelle Motteley a fait imprimer de nouveaux titres sur papier du temps, avec le Ne extra oleas des Elzevier d’Amsterdam. Par ce moyen, dit Brunet, il a obtenu 36 frs. en 1824 d’un exemplaire qui sans cela eût été donné pour 3 frs.

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Mais à côté du spéculateur, il y avait en Motteley un amateur éclairé qui avait comparé minutieusement entre elles des milliers de productions des presses néerlandaises. Son jugement, lorsqu’il était désintéressé, méritait toute confiance. Malheureusement il n’a mis au jour qu’une très minime partie de ses recherches. La publication de la quatrième édition du Manuel du libraire (1843) lui en fournit l’occasion. Dans une brochure intitulée : Aperçu sur les erreurs de la bibliographie spéciale des Elzevirs et de leurs annexes, avec quelques découvertes curieuses sur la typographie hollandaise et belge du XV II* siècle (Paris, Panckoucke, 1847, Pet* in-12), Motteley s’attacha à signaler diverses erreurs et omissions de Brunet. Ces rectifications ne portent que sur une centaine d’articles. Elles ont surtout pour objet de signaler les livres imprimés indûment sous le nom des Elzevier, et de distinguer parmi les éditions anonymes faussement attribuées aux typographes hollandais celles qui appartiennent à leur émule bruxellois Foppens.

Motteley terminait sa préface en exprimant le vœu que ses recherches pussent contribuer à hâter l’avénement d’une bibliographie générale des elzeviers et de leurs annexes. En effet tous les travaux que nous avons passés en revue jusqu’ici n’avaient trait qu’à une catégorie spéciale d’impressions, celles de format pet. in-12. Il restait à faire pour les Elzevier un livre pareil à ceux que Renouard avait consacrés aux Aide et aux Estienne, un tableau complet, disposé par ordre chronologique, de toutes leurs publications, quel que fût leur format ou leur importance typographique. Un bibliophile gantois, M. Ch. Pieters, se chargea de ce soin.

Il était à certains égards désigné pour cette entreprise. De longue main il avait réuni une collection -d’elzeviers en petit format, qui pourrait passer pour une des plus précieuses de l’Europe. Le commerce assidu qu’il entretenait avec ces chefs-d’œuvre avait fait naître en lui le désir de connaître à fond l’histoire de ses typographes de prédilection. Il avait esquissé les premiers linéaments de cette histoire dans une brochure tirée à petit nombre, Y Analyse des matériaux les plus utiles pour de futures annales de l'imprimerie des Elsevier , qui

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parut à Gand, en mars 1843. Son but était d’attirer l’attention sur les lacunes et les contradictions qu’offrait la biographie des Elzevier, et de provoquer de nouvelles recherches à leur sujet, particulièrement en Hollande. Il réussit au-delà de ses espérances, car moins de deux ans après, M. Rammelman Elsevier mettait sous presse un livre puisé à des sources absolument inédites, et qui présentait sur chacun des membres de la famille un ensemble de documents précis et d’une authenticité indiscutable.

Une pareille publication était bien faite pour encourager M. Pieters à parfaire son œuvre et à gratifier enfin le monde savant de ces Annales si impatiemment souhaitées, auxquelles son Analyse paraissait devoir servir d’introduction. Pourtant il ne semblait pas disposé à entreprendre lui-même cette tâche. L’acquisition qu’il fit en 1848 d’un manuscrit inédit du P. Adry vint l’y décider.

Le P. Adry, oratorien et ancien bibliothécaire de la maison de l’Oratoire à Paris, était mort en 1818, laissant la réputation d’un érudit consciencieux et d’un bibliographe consommé. Au nombre de ses écrits inédits se trouvait un travail considérable : Catalogue raisonné des petits elzeviers avec une simple nomenclature des éditions en grand format par ordre chronologique, précédé d'une préface dans laquelle on fait connaître ces imprimeurs et le mérite de leurs éditions, suivi de trois tables , l'une alphabétique des auteurs et des matières, la seconde des Républiques, la troisième des elzeviers déguisés ou des éditions que ces imprimeurs ont données sans y mettre leur nom, Paris, 1801. Ce travail formait un in-4 ordinaire, de 254 pages, d’une écriture très serrée.

Une analyse détaillée du manuscrit d’Adry se lit dans le livre de M. Pieters, dont elle forme l’introduction. Il nous suffira d’en donner le sommaire. Le volume s’ouvre par une préface de six paragraphes, traitant successivement : du mérite des éditions des Elzevier; des imprimeurs de la famille des Elzevier; de leur marque ou enseigne; des vignettes et des autres ornements de leurs éditions; des villes où ils ont imprimé; de l’époque de leurs meilleures impressions. A la

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suite de cette préface vient le catalogue proprement dit, lequel se subdivise en trois parties : le catalogue de toutes les éditions des Elzevier par ordre chronologique, le catalogue particulier des Républiques, le catalogue des auteurs, où les petits elzeviers différents des Républiques sont accompagnés d’une notice.

C’est bien, comme on voit, une bibliographie complète et raisonnée de toutes les publications elzeviriennes. Il n’est pas étonnant, vu le grand renom de savoir du P. Adry, que M. Pieters en acquérant ce manuscrit ait cru mettre la main sur un trésor. On va voir si cette appréciation était justifiée.

Et d’abord on reconnaîtra que pour remplir un pareil cadre il était indispensable de se livrer à de longues recherches dans les bibliothèques, d’interroger les catalogues officinaux, d’entretenir une correspondance active avec les dépôts publics de l’étranger, notamment de la Hollande. Le P. Adry a eu recours à une méthode beaucoup plus expéditive. Pour ce qui est des elzeviers signés, il s’est contenté d’ajouter aux nomenclatures de De la Faye et des anciens bibliographes : i° les titres qui figurent sous le nom des Elzevier dans les anciens catalogues de Francfort; encore n’est-il pas sûr, qu’au lieu de compulser les catalogues mêmes, il ne se soit servi des compilations de Draudius et de Clessius, qui n’en sont à proprement parler que des extraits; malheureusement Adry ne s’est pas douté que l’adresse Lugd. Bat. apnd Elzev. ne prouve absolument rien, vu qu’elle s’applique à des livres de toute provenance, exposés temporairement en vente dans la boutique des Elzevier à Francfort; 2° les titres qui lui étaient fournis par les Mémoires pour servir à V histoire littéraire des dix-sept provinces des Pays-Bas de Paquot; 30 ceux qui se lisent dans les six volumes du Catalogue des livres imprimés de la Bibliothèque du Roy (1739-50), volumes qui ne comprennent, comme on sait, que la théologie, les belles-lettres et une partie de la jurisprudence. Telles sont ses sources. Nous osons affirmer qu’il n’en a pas connu d’autres, à moins qu’on ne veuille donner ce nom à des catalogues de ventes publiques, hâtivement rédigés et hérissés de fautes.

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Ces documents il ne s’est pas même astreint à les compulser avec soin. Tel livre se trouve mentionné dans les catalogues de Francfort (par exemple les Res belgicœ de Meursius, 1612), tel autre dans Paquot (le De inducüs de Puteanus, 1633, in-4), tel autre dans le catalogue de la Bibliothèque du Roi (le Matthœi Analysis logica} 1652, in-fol., cité aussi par Paquot), dont on ne trouve nulle trace dans son travail. En outre il accepte de toutes mains sans rien contrôler. Une date mal lue, une simple transposition de chiffres, il ne lui en faut pas davantage pour conclure à l’existence d’une édition nouvelle : de là dans son livre quantité d’articles que nul n’a vus ni ne verra jamais, par exemple une édition des Lettres de Scaliger de 1637, des H. Grotii poemata de 160g, du Conciones de 1658 et de 1665, du Traité de Du Refuge de 1640, etc., etc. Par la même raison les titres sont ordinairement défigurés d’une manière étrange, tantôt transcrits en abrégé, tantôt enrichis de gloses de la façon de l’auteur, parfois même développés au point de contenir tout le sommaire de l’ouvrage. Que si de son propre chef Adry hasarde une conjecture, le plus souvent elle tombe à faux. Ainsi d’un passage mal interprété de la préface du César de 1635, il induit à tort l’existence de deux éditions elzeviriennes antérieures, qu’il place à tout hasard sous les années 1602 et 1622.

Sur l’article des elzeviers anonymes il se montre moins scrupuleux encore. Il ne soupçonne même pas qu’en matière si délicate on soit tenu de se guider d’après des règles précises. Tout livre passablement imprimé lui fait l’effet d’un elzevier véritable. De la sorte il est parvenu à dresser une liste de près de 200 articles. M. Pieters déclare qu’il n’évalue pas à la moitié de ce nombre ceux qu’il a pu reprendre dans son livre avec la conviction que les Elzevier les avaient imprimés; et Dieu sait si M. Pieters s’est montré difficile!

En résumé le catalogue d’Adry n’est qu’une compilation médiocre, propre tout au plus à servir de canevas pour une œuvre sérieuse. Il faut croire que l’auteur en portait le même jugement, puisqu’il s’est constamment refusé à le livrer à l’impression.

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Pourtant, l’ouvrage étant annoncé comme terminé, tout le monde, après la mort de l’auteur, s’accorda à en réclamer la publication. Acquis à la vente du P. Adry par le relieur Simier (pour plus de 400 frs., suivant M. Pieters), cédé à Sensier, puis racheté à la vente Sensier, en 1828, par le même Simier au prix de 307 frs., le manuscrit passa dans le cabinet de M. Bignon, et à la vente de ce dernier (1848) M. Pieters en devint possesseur.

Ce fut, nous le répétons, cette acquisition qui détermina M. Pieters à entreprendre ses Annales. Elles parurent en 1851, sous ce titre : Annales de V imprimerie elsevirienne ou histoire de la famille des Elsevier et de ses éditions , à Gand, chez C. Annoot-Braeckman, 1851, in-8.

Ce livre fut accueilli avec beaucoup de faveur, malgré ses lacunes, ses erreurs et ses confusions, qui s’expliquent par l’importance exagérée que l’auteur attachait au travail d’Adry. La première condition pour mener à bien une bibliographie des Elzevier était de dresser une liste aussi exacte que possible de toutes les productions qui portent leur nom. M. Pieters a cru qu’Adry le dispensait de ce soin. Il s’est donc attaché à reproduire scrupuleusement son manuscrit, y compris les articles apocryphes, au nombre d’une centaine, dont il a été parlé ci-dessus. Suivant les mêmes errements, il s’est hasardé à son tour, sur la foi de catalogues défectueux, à prêter aux Elzevier des éditions dont ils ne sont nullement responsables{I). Quant au reste il s’est borné à contrôler et à compléter Adry au moyen de Bérard, Brunet, Motteley, et de sa propre collection. Mais il n’a pas jugé à propos de fouiller les dépôts publics et privés, nous ne dirons pas de son pays, mais même de sa ville natale, puisque nous avons

(O Par exemple, d’après le catal. Van Hulthem : D. Heinsii Epithalamium in nuptias H. Grotii , Lugd. Bat., 1608, in-4; Epicedia in obitnm J. Lipsii, Lugd. Bat., 1617, in 4; R. Des Cartes principia philosophiez, Amst., 1646, in-4; d’après le catal. des doubles des biblioth. de Berlin et de Méjan (1851): Novum Testamentum , arabice, Lugd. Bat., 1616, in-4; G. J. Vossii historia de controversiis quas Pelagius &c., Amst., 1650, in-4; d’après le catal. Motteley de 1848 : Puteani Historia insubrica, Lugd. Bat., 1616, in-8; d’après le catal. Millot de 1846 : Traicté de la cour de Du Refuge , Leide, 1657, pet. in-12, etc., etc.

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rencontré à la Bibliothèque de Gand des elzeviers qui lui sont restés inconnus, bien qu’ils fussent portés comme tels dans une division spéciale du catalogue. De sorte qu’on peut dire qu’il s’est contenté de tirer parti des seules ressources dont il pouvait disposer sans sortir de son cabinet de travail.

Le second point essentiel consistait à établir d’une manière précise à quels signes se reconnaissent les volumes sortis des presses elzeviriennes. Nous ne croyons pas être injustes envers M. Pieters en constatant que sur ce point il n’avait pas de principes bien arrêtés. Comme s’il existait un droit acquis en pareille matière, il aime à s’en rapporter au jugement de ses devanciers : il invoque Bérard comme une autorité, il cite d’ordinaire Brunet ou Motteley, et ne propose ensuite son avis personnel qu’en s’abritant derrière quantité de formules dubitatives. En cas de contestation, il laisse le lecteur perplexe entre des opinions inconciliables. C’est sans doute pour cette raison qu’il n’a pas osé fondre les elzeviers anonymes dans le corps de l’ouvrage, et qu’il les a relégués dans des suppléments, au grand détriment de la clarté. Luimême avoue que ses attributions ne doivent pas être tenues toujours pour définitives (p. 394) : en effet sur 171 articles non signés dont il fait honneur aux Elzevier d’Amsterdam, il en est près d’un tiers que nous avons dû retrancher pour les restituer à d’autres imprimeurs; en revanche nous rendons aux mêmes Elzevier une vingtaine d’ouvrages que M. Pieters n’a pas connus ou qu’il attribue mal à propos à des imprimeurs différents.

Entré de bonne heure dans la carrière des affaires, M. Pieters n’avait pas eu le temps d’acquérir ou d’entretenir les connaissances spéciales que comporte une étude de bibliographie ancienne. Il n’avait des idiomes antiques qu’une teinture superficielle, et l’histoire littéraire était pour lui lettres closes. De là des méprises assez graves : noms propres estropiés ( Boschorn , Moestertius , Sumpticius Venniis , etc., pour Boxhorn, Maestertius , Simplicius Verinus ); prénoms mis à la place des noms (Herdesianns Cyriacus, Petr'Adolphus Ivarus,

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Justiis Pascasius, Franc Sueno, au lieu de Cyriacus Herdesianus, Ivarus Petr’Adolphus , Pascasius Justus, Sueno Franc; Valère André appelé Desselius, etc.); formats mal déterminés (l’in-16 confondu constamment avec l’in -24); divers tomes d’un même ouvrage décrits comme autant d’articles distincts (c’est le cas notamment pour les nos 50, 774, 972, 1090, 1126, 1244, etc., de notre liste).

Qu’on veuille bien ne pas se méprendre sur le sens et la portée de ces critiques. Force nous est, pour justifier notre entreprise, de signaler les fautes de notre devancier, fautes imputables d’ailleurs pour une bonne part au P. Adry. M. Pieters n’en a pas moins droit à notre reconnaissance pour avoir tenté le premier de résumer et coordonner les travaux antérieurs de la critique, en les complétant par ses propres observations. Surtout nous n’avons garde d’oublier, qu’absorbé par l’administration d’un grand établissement financier, l’auteur n’a eu d’autre but en écrivant son livre que d’occuper ses loisirs d’une manière utile.

M. Pieters, qui était la modestie même, ne se dissimulait pas les imperfections de son œuvre, et accueillait avec empressement toutes les rectifications qu’on lui adressait. Dans une seconde édition très augmentée, qui parut en 1858, il s’applaudit du concours que lui ont prêté divers amateurs du pays et de l’étranger; néanmoins il persiste à déclarer qu’il lui reste « des doutes sur l’origine vraie de bien des livres que des devanciers plus savants et plus experts ont positivement accrédités comme productions elzeviriennes. » Cette seconde édition fut suivie en 1860 d’un supplément de 26 pages, et sans doute l’auteur comptait en donner un second, car il avait recueilli un certain nombre de notes que la mort l’empêcha de publier et que la famille a bien voulu mettre à notre disposition.

M. Pieters mourut à Gand en décembre 1863. Trois ans plus tard paraissait un mince volume qui, composé antérieurement aux Annales, était le fruit d’une méthode bien autrement rigoureuse, et auquel, suivant nous, on n’a pas prêté toute l’attention qu’il mérite. Nous voulons parler des

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Recherches sur diverses éditions elzeviriennes extraites des papiers de M. Millot, mises en ordre et complétées par Gust. Brunet , Paris, Aubry, 1866, in-12. Ainsi que Bérard, Motteley et M. Pieters, Millot avait réuni à grands frais une importante collection elzevirienne, qui fut livrée aux enchères en 1846, et dont le catalogue forme un document intéressant à consulter. Une seconde vente, faite après le décès du propriétaire, en juin 1861, contenait, sous le n° 1456, un manuscrit dans lequel Millot avait consigné le résultat de ses recherches. Ce manuscrit, divisé en vingt cahiers in-folio, fut acquis par M. Gust. Brunet, qui en tira la matière de l’opuscule cité ci-dessus. A la différence de ses devanciers, Millot avait compris qu’une étude minutieuse et comparative du matériel et des procédés typographiques pouvait seule donner la solution des problèmes que soulèvent les productions des presses hollandaises et belges au XVIIe siècle. Malheureusement Millot n’a fait l’application de sa méthode qu’à une centaine d’articles. Ses notes, rangées par ordre alphabétique, s’arrêtent brusquement au milieu de la lettre C (art. Commines)(l\ soit que l’auteur n’ait pas poussé plus loin son travail, soit que l’éditeur n’ait pas jugé à propos d’en donner la suite. Millot soumet chaque volume à une sorte d’autopsie; il analyse un à un les fleurons, culs-de-lampe, lettres grises, et les confronte avec des types d’une authenticité bien établie. Cette enquête lui fournit les éléments sur lesquels il assoit son jugement; jugement qu’on peut accepter comme définitif, parce qu’il est fondé, non sur des apparences souvent décevantes, mais sur des preuves intrinsèques et indiscutables. Il est à regretter que cet intéressant travail n’ait pas été continué; nous y aurions puisé avec confiance, et notre tâche en eût été de beaucoup abrégée : car Millot est le seul, entre tous ceux qui se sont occupés des elzeviers, dont les appréciations ne soient pas sujettes à caution.

N’omettons pas de signaler deux autres publications

(0 En tout 114 pages. Le reste du volume est occupé par des notes bibliographiques prises à droite et à gauche et par une liste de prix d’adjudication. Ce supplément est l’œuvre de l’éditeur.

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postérieures aux Annales, auxquelles elles auraient fourni la matière d’un supplément assez étendu. La direction de la Bibliothèque impériale de St-Pétersbourg ayant décidé de réunir toutes les éditions elzeviriennes dispersées dans les diverses sections de cet immense dépôt, un premier catalogue fut publié en 1862 sous ce titre : Les Elzevir de la Bibliothèque impériale publique de St-Pétersbourg , St-Pétersbourg, 1862, pet. in-8 carré, de xiv et 223 pages. Ce catalogue, rédigé par M. Minzloff, et fort incomplet, fut suivi bientôt d’un autre volume ayant pour titre : Les Elzevir de la Bibliothèque impériale publique de St-Pétersbourg . Catalogue bibliographique et raisonné, publié sous les auspices et aux frais du prince Y oussoupoff et rédigé par Ch. Fr. Walther, St-Pétersbourg, chez S. Dufour, 1864, pet. in-8 carré, de xxiv et 332 pages.

Ces deux documents sont loin d’avoir la même valeur, le premier se bornant à reproduire textuellement les titres et descriptions des Annales, tandis que le second rectifie toutes les fois qu’il y a lieu les indications fautives de M. Pieters. Néanmoins l’un et l’autre sont à consulter, parce qu’ils contiennent bon nombre d’articles qui avaient échappé jusqu’alors aux recherches des elzeviriographes(I).

Le catalogue de la collection particulière de M. Émile Steiner, bibliothécaire de la ville de Winterthur, en Suisse, V erzeichniss einer Sammlung von Elzevir-Drucken, Winterthur, 1864, in-8, de 56 pages, renferme également quelques données utiles. Cette collection, une des plus complètes qui existent, a été acquise en bloc, après la mort du propriétaire, par la bibliothèque communale de Winterthur, et se trouve décrite succinctement dans le tome III (pp. 412 à 51g) du Catalog der Stadtbibliothek in Winterthur, 1878, in-8. (*)

(*) La Bibliothèque de Varsovie s’est piquée d’honneur et a tenu à avoir, elle aussi, son catalogue d’elzeviers. Les Elzevir de la Bibliothèque de V Université Impériale de Varsovie (Varsovie, 1874, in-8), tel est le titre du volume, imprimé avec beaucoup de luxe et orné de 23 planches gravées d’ex-libris. On y trouve un peu de tout : des éditions allemandes, italiennes, des Estienne, des Barbou, et même une centaine d’eîzeviers, de ceux, il est vrai, qu’un amateur délicat s’empresserait de mettre au rebut. Si l’on exposait en vente la collection entière, il n’est pas sûr que le produit des enchères suffirait à couvrir les frais d’impression du catalogue.

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Pour ce qui est de la biographie des Elzevier, les sources sont beaucoup moins abondantes. C’est à peine s’il convient de citer comme telle la maigre esquisse publiée par Adry dans le Magasin encyclopédique (avril et sept. 1806), et tirée à part sous ce titre : Notice sur les imprimeurs de la famille des Elzevir s, faisant partie de V introduction au catalogue raisonné de toutes les éditions qu'ils ont données ; par un ancien bibliothécaire , Paris, Delance, 1806, in-8, de 60 pages. Composée sur des documents apocryphes fournis à l’auteur par un descendant de la famille, Jean-Jacob Elzevier, ex-bourgmestre de Rotterdam, elle est en défaut sur les points les plus essentiels. Ainsi la famille y est représentée comme « originaire de Liège, ou de Louvain, et peut-être même d’Espagne. » Il y a deux Elzevie'r portant le nom de Matthieu, l’un appariteur de l’Université, l’autre libraire; Bonaventure et Abraham sont tous deux fils de ce dernier, de sorte qu’il est constamment question de l’association « des deux illustres frères; » Louis, le libraire de La Haye, est entièrement omis; par contre on nous présente, d’une manière dubitative, il est vrai, un Théodore Elzevier; quant au troisième Louis, l’imprimeur d’Amsterdam, il passe pour fils d’Isaac; Pierre, le libraire d’Utrecht, devient le petit-fils d’Arnout et l’arrière-petit-fils de Matthieu le libraire(I).

(1) Était-ce un érudit sérieux que le P. Adry? et, par exemple, entendait-il couramment le latin? La question, je le sais, paraîtra impertinente à ceux qui ne le connaissent que de réputation; mais je ne suis pas en peine de la justifier. Sa Notice fourmille de contre-sens. Ses anecdotes étant prises presque toutes dans le recueil de Burman, il suffit de remonter à la source pour le trouver en faute. Ainsi Gronovius se plaint quelque part d’avoir eu à payer un port pour une lettre qui lui avait été adressée dans un paquet de librairie, sous le couvert des Elzevier, et il ajoute, parlant de cette lettre : erat enim IcvXoç ( Syll. , t. III, p. 70). Adry confond scvXoç, qui signifie vieilli , périmé, suranné, avec AhXoç, le dieu du vent, ce qui n’offre aucun sens, et se tire d’affaire en traduisant qu’on avait eu l’indignité de faire payer à Gronovius un paquet léger comme le vent. — Grævius mande à un de ses correspondants que Wetstein le libraire souffre de la fièvre : W etstenium febris ista quœ tam late régnât oppressit (Syll., t. IV, p. 612). Adry comprend qu’il en est mort; et comme ce Wetstein, qu’on enterre de la sorte, continue à faire parler de lui, Adry en conclut qu’il doit y avoir deux personnages de ce nom, et écrit que « Wetstein le père fut emporté au mois de sept. 1679 » (erreur reproduite par Didot, art. Typographie de Y Encyclopédie moderne, t. 26). — Vlitius envoie aux Elzevier

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Heureusement un autre descendant de la famille, M. Rammelman Elsevier, actuellement archiviste à Leyde, vint fort à propos redresser les erreurs mises en circulation par Adry(I). Convaincu avec raison qu’il ne faut recourir aux inductions et aux hypothèses qu’après avoir épuisé les voies directes d’information, M. Rammelman Elsevier se mit à rechercher dans les archives de son pays tout ce qui pouvait se rapporter à ses glorieux ancêtres; à cette fin il compulsa avec soin les registres des recensements, des mariages, baptêmes et décès de la ville de Leyde, les procès-verbaux des curateurs de l’Université, le recueil des arrêts et délibérations du conseil municipal d’Utrecht. Les Résultats de cette enquête, pour s’exprimer comme le titre de l’ouvrage, virent le jour en i845(2). A M. Rammelman Elsevier revient l’honneur d’avoir débrouillé définitivement l’histoire généalogique de sa famille; et comme il n’a fait usage que de pièces authentiques, les solutions qu’il propose sont acquises désormais et ne varieront plus.

Une traduction du livre de M. Rammelman Elsevier parut en 1847 sous ce titre : Recherches historiques, généalogiques et bibliographiques sur les Elsevier, par A. De Remue, capitaine d'artillerie , membre de plusieurs sociétés savantes, Bruxelles, Ad. Wahlen, 1847, in-8. Nous disons une traduction, faute

« dolium Bredani decocti plénum. » Adry traduit « un tonneau d’excellent vin de « Bréda » ( Syll ., t~. III, p. 730). Sans doute un étranger n’est pas tenu de savoir que Bréda était autrefois renommée pour sa bière; mais est-il excusable d’ignorer qu’on ne récolte pas du vin sur les bords du Moerdyk, dans la patrie classique des brouillards ? Et puis où voit-on que decoctum ait jamais signifié du vin ? — Ailleurs, parlant de Curion « qui demeurait à Upsal » (lui-même en fait la remarque), il ajoute que Curion se propose pour être le correspondant des Elzevier en Danemark. On voit qu’Adry n’est pas plus ferré sur la géographie que sur le latin. Je m’arrête ici. S’il fallait relever toutes les bévues qui se sont glissées dans sa Notice , l’errata aurait à peu près la dimension de la brochure.

0) Un érudit hollandais, J. J. Dodt van Flensburg, avait déjà rectifié Adry au sujet des deux Louis, père et fils, et de Josse, le libraire, dans une brochure de 12 pages : Over de Elzevier' s, Lodewijk , den vader, en Lodewijk , den zoon, en Joost Elzevier. Te Utrecht, N. van der Monde, 1841, in-8.

(2) Uitliomsten van een onderzoek omtrent de Elseviers , meer bepaaldelijk met opzigt tôt derzelver genealogie, door Jhx W.J. C. Rammelman Elsevier. Utrecht, N. van der Monde, 1845, in-8.

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d’un terme propre pour désigner telle chose que cet écrit, qui tient à la fois de la version littérale, de la paraphrase et de l’imitation. Rien n’avertit le lecteur que le fond de l’ouvrage est textuellement emprunté à M. Rammelman Elsevier. Si encore l’auteur avait rendu le sens des documents qu’il avait sous les yeux. Mais il n’en est rien. Son livre n’est qu’un tissu de bévues à faire rougir un élève de sixième. A tout propos il lui arrive de prendre le Pirée pour un homme. Tantôt il confond la paroisse de St-Quentin à Louvain avec la ville de St-Quentin en France; tantôt il prend la grande salle du palais des États à La Haye pour une rivière, et parle de la boutique de Jacob Elzevier située sur le Zaal; ou bien il s’imagine que Hagœ-Comitum signifie Leyde, et déclare que Gilles Elzevier, après avoir édité un livre daté de cette ville, alla « dit-on » s’établir à La Haye. A propos d’un volume portant l’adresse banale de Cologne , chez Pierre Marteau, il annonce « qu’un certain Pierre Marteau a imprimé ce volume à Cologne pour Daniel Elzevier. » Si le conseil municipal d’Utrecht revient « par ampliation du précédent procès-verbal » (by ampliatie van het appoinct ) sur une décision concernant Pierre Elzevier, M. De Reume traduit imperturbablement que le conseil accorda à Pierre Elzevier « une augmentation d’appointements. » Nous citons au hasard, car l’ouvrage est tout entier de cette force. Ajoutons qu’il est orné d’un portrait de fantaisie de Matthieu Elzevier, lequel est emprunté au Plutarque des Pays-Bas.

Pour se mettre à couvert contre de légitimes revendications, M. De Reume prit le parti de dédier ses Recherches à M. Rammelman Elsevier lui-même. L’auteur hollandais, dont il avait surpris la bonne foi, lui avait transmis plusieurs renseignements recueillis après l’impression de son livre : si M. De Reume les avait reproduits textuellement, ils auraient de l’intérêt, mais comme il a eu la prétention de les analyser ou de les traduire, on n’ose pas leur donner créance.

L’ouvrage de M. Rammelman Elsevier, tel qu’il a paru originairement à Utrecht, reste donc la principale source pour tout ce qui concerne les Elzevier. Parmi les documents

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originaux qui ont servi à le composer, il convient d’accorder une mention spéciale à un Mémorandum de famille, décrit de la sorte par M. Pieters, qui l’a eu également entre les mains :

« C’est un volume pet. in-8, relié en vélin, et dont 31 pages seulement sont remplies.

« i° De la main de Jean Elzevier il contient des annotations qui datent de 1647 et se poursuivent jusqu’en 1659; la première est relative à son mariage avec Eva van Alphen, d’autres concernent les naissances de ses enfants; le 14 août 1652 il fait mention du décès de son père Abraham, âgé de 60 ans, et la dernière concerne sa mère, Catherine van Waesberghe, décédée le 25 octobre 1659.

« 20 De la main de sa veuve, Eva van Alphen, de semblables annotations se suivent depuis 1661 jusqu’en 1694; la première est celle de la mort de son mari Jean Elzevier, le 8 juin 1661, à l’âge de 39 ans, 3 mois et 12 jours, mais aucune des autres n’a rapport à un Elzevier imprimeur ou libraire, et il n’est pas fait mention de la date de la reprise de l’imprimerie elzevirienne de Leyde par son fils Abraham II, en 1681.

« Et 30, de la main de cet Abraham II, depuis 1695 jusqu’en 1710, ce sont toujours des annotations comme celles d’Eva van Alphen, exclusivement relatives à la naissance, au mariage ou au décès de quelque enfant, petit-enfant ou autre membre de la famille; il commence par indiquer, au 18 mars 1695, la mort de sa mère Eva van Alphen, veuve de Jean Elzevier, à l’âge de 75 ans moins 9 jours, et je copie littéralement le dernier article, qui se trouve au 31e feuillet, le 6 août 1710: Hebbe ik Mv Abraham Elzevier den eed afgelegt als regerend schepen der stad Leyden. »

Ce Mémorandum , découvert par le libraire elzeviriophile Jacob de La Haye, finit, après avoir passé par plusieurs mains, par être adjugé à M. Libri, dans une vente faite à Paris le 16 mai 1844. Il est actuellement en Angleterre, ayant été compris parmi les nombreux manuscrits et autographes cédés par Libri en 1846 à lord Ashburnam.

Une foule de particularités relatives aux Elzevier sont répandues dans les correspondances des savants et hommes de lettres de temps. Nous avons lu, la plume à la main, les lettres de Meursius, Vossius, Cunæus, Saumaise, Grotius, Puteanus, Sarrau, Gui Patin, les Epistolœ clarorum Belgarum ad Ant. Magliabechium (Florentiæ, 1745, 2 vol. in-8), le recueil des Clarorum virorum epistolœ centum ineditœ de J. Brant (Amstelædami, 1702, in-8), enfin l’immense collection des lettres, la plupart de N. Heinsius ou à lui adressées, recueillies par P. Burman sous le titre de Sylloge epistolarum a viris illustribus scriptarum (Leidæ, 1727, 5 vol. in-4). On verra que nous avons tiré parti de ces documents pour éclaircir bien

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des points demeurés obscurs jusqu’ici de la biographie des Elzevier.

Les archives de la Maison Plantin à Anvers renferment quelques lettres adressées aux Moretus par la maison elzevirienne d’Amsterdam. Nous y avons trouvé de précieuses indications, entre autres la date exacte de l’association contractée par Louis et Daniel, et le nom désormais acquis à la célébrité de Christophe van Dyck, le graveur des poinçons des Elzevier.

Enfin nous avons consulté avec fruit un recueil de lettres inédites adressées par D. Elzevier à Nie. Heinsius, du g mai 1675 au 1 juillet 167g. Ce recueil, conservé à la bibliothèque de l’Université d’Utrecht, forme un volume in-4, et comprend soixante-douze lettres, toutes en néerlandaise A première vue elles paraissent assez peu intéressantes. Daniel ne manque jamais en commençant d’informer son correspondant des nouvelles politiques du jour. Mais ces nouvelles, quoiqu’elles tiennent beaucoup de place, ne sont qu’une entrée en matière ; ensuite viennent les détails intimes, parmi lesquels il en est plusieurs dont la bibliographie et l’histoire littéraire peuvent faire leur profit; nous y avons trouvé entre autres de piquantes révélations au sujet des circonstances qui ont accompagné la publication du Virgile de 1676.

Qu’il me soit permis, en terminant cette introduction, de remercier tous ceux qui m’ont facilité des recherches difficiles ou fourni d’utiles renseignements. Il est des sciences où l’effort individuel suffit, mais un livre de bibliographie est toujours plus ou moins une œuvre collective. Les bibliophiles le savent et mettent en général beaucoup d’empressement à prêter leur concours. Certains, dit-on, font exception et s’obstinent à tenir la lumière sous le boisseau. J’ai à me féliciter de n’en avoir point rencontré de cette sorte.

Le nombre de ceux qui m’ont rendu service est trop considérable pour que je puisse les remercier individuellement. Mais je tiens au moins à consigner ici l’expression de ma

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vive reconnaissance pour M. Paul Lacroix, qui m’a appris à connaître et à apprécier le bibliophile Jacob; M. le baron James de Rothschild; M. le comte J. de Lagondie, dont la constante amitié m’était si précieuse, et que j’ai eu le chagrin de perdre pendant l’impression de ce volume; M. Billard, de la Bibliothèque Nationale; M. William Blades, à Londres; M. le Dr Hafner, bibliothécaire à Winterthur; MM. Walther et MinzlofF, de la Bibliothèque impériale à St-Pétersbourg; mon excellent ami Martinus Nijhoff, libraire à La Haye; M. l’abbé Reusens, bibliothécaire de l’Université de Louvain; M. Max Rooses, conservateur du musée Plantin à Anvers, M. P. Hahn, libraire à Bruxelles.

J’ai réservé pour la fin mes remercîments à MM. Campbell, directeur de la Bibliothèque royale de La Haye, P. A. Tiele, naguère bibliothécaire à Leyde, aujourd’hui à Utrecht, et Ferd. Vanderhaeghen, bibliothécaire de l’Université de Gand. C’est pour moi un honneur et une bonne fortune d’avoir pu mettre à profit durant dix ans l’expérience et les conseils des trois hommes dont les travaux ont le plus contribué à l’avancement de la bibliographie néerlandaise. J’ai travaillé quatre mois dans le propre cabinet de M. Campbell. Les beaux travaux de l’éminent bibliographe l’ont mis en rapports suivis avec les conservateurs des principaux dépôts publics de l’Europe. J’ai largement tiré parti de ces relations pour mes recherches personnelles. Si donc tels articles, qui ne se rencontrent, à ma connaissance, qu’à Dublin, Copenhague ou Stockholm, sont exactement décrits dans ces Annales, c'est à M. Campbell que le lecteur en aura l’obligation.

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