DEUXIÈME FILS DE LOUIS
Dans le registre de recensement de 1581, Louis Elzevier est nommé le troisième des six enfants qui avaient accompagné leur père à Leyde(I). Toutefois, comme il est établi par l’acte de son mariage qu’il est né à Anvers, on doit supposer qu’il est l’aîné de Gilles, lequel a vu le jour à Wesel; et en effet Louis est cité le second dans le testament de son père, ainsi que dans l’acte de partage de ses biens en 1618.
La date de sa naissance nous est inconnue. Si la conjecture qui fait naître son frère Matthieu vers 1565 est fondée, on peut admettre que lui-même naquit en 1566.
Louis Elzevier se maria à Leyde, le 13 juillet 1590, avec Wilhelmine, fille de Corneille van Leiden. Immédiatement après son mariage il alla se fixer à La Haye : la preuve en est que son fils y est né en 1591. Louis fonda dans cette ville une librairie; il loua à cet effet une boutique dans une des salles du palais des États, appelée communément la Salle (de Groote Zaal ou de Zaal ). Une plaquette parue en 1594 (n° 949), et qui n’avait pas été signalée jusqu’ici, est la première production où son nom figure.
En 1598 nous le retrouvons à Leyde, remplissant durant trois mois les fonctions d’appariteur à la place du collègue de son père, P. Bailly, provisoirement suspendu(2). Mais dès l’année suivante il était de retour à La Haye(3), et il y resta fixé jusqu’à la fin de sa vie. On cite une lettre de Paul Merula, du 5 mai 1601, dans laquelle celui-ci raconte qu’ayant été
W Voir ci-dessus, p. cxxxi, note i.
Rammelman Elsevier, Uitkomsten , p. 12 des Bijlagen.
(3) Ibid., p. 15, note 4.
LES BIOGRAPHIES
chargé par le conseil académique d’une mission auprès des États de Hollande, conjointement avec son collègue Fr. Junius, il rencontra dans le palais des Etats Louis Elzevier, fils de l’appariteur, « incidi in filiam pedelli nostri , Ludovicum Elzevirium[l) . »
La librairie de La Haye paraît avoir été surtout une succursale de celle de Leyde. Le nombre des publications que Louis Elzevier a fait paraître pour son compte personnel et auxquelles il a mis son nom, est fort restreint. Outre celle que nous venons de citer, nous n’en connaissons que six autres, savoir : la Repentance de Jean Haren , en français et en néerlandais (1610), et les Arrêts prononcés contre Oldenbarneveld, Grotius, Ledenberg et Hoogerbeets (1619). Ce sont, comme on voit, toutes pièces de circonstance, qui ont nécessité peu de frais.
Une lettre du 10 juin 1620, adressée à Meursius(2), démontre que Louis Elzevier vivait encore à cette date. Mais comme les registres de l’église St-Pierre à Leyde font foi que Jacob Elzevier est allé s’établir libraire à La Haye au mois d’octobre 1621, on a lieu de présumer que Louis est décédé vers cette époque(3).
De son mariage avec Wilhelmine van Leiden sont issus deux enfants : Corneille(4), qui mourut sans postérité en 1619, et Marguerite, laquelle en 1662 habitait encore La Haye, étant veuve d’un nommé Jacob van Egum. (*)
(*) J. J. Dodt van Flensburg, Over de Elzevier' s, Lodewijk , den vader, en Lodewijk , den zoon , en Joost Elzevier. Utrecht, 1841, p. 10.
<2» « Ludovicus Elzevirius nondum solvit quod debet propter libros in publica auctione emptos ex bibliotheca p. m. D. Huismanni, quæso, de eo moneas, ne cogantur tutores extrema tentare. » Groningæ, iv Eid. Iunii 1620 (Meursii opéra , t. XI, col. 359).
<3) Rammelman Elsevier, Uitkomsten, p. 27, note 2.
U) Inscrit le 12 mai 1608 comme étudiant en philosophie à Leyde : « Cornélius Elsevier, Hagiensis, natus annos 17. »