O' P. XLVI
redevance annuelle de 18 florins, l’autorisation de construire dans la cour même de l’Université, entre la porte d’entrée et la maison occupée par son père, une loge ou galerie pour y établir ses ateliers et son magasin(I). Ce fut à partir de sa nomination qu’il adopta pour marque typographique l’Orme embrassé par un cep chargé de raisins, avec le solitaire, et la devise Non soins , marque qui depuis lors est restée celle des Elzevier de Leyde.
La mesure prise par les curateurs était un acte de bonne administration. Le nouvel élu avait fait ses preuves : des éditeurs, eux-mêmes très entendus, lui avaient confié des labeurs d’une exécution difficile, entre autres le recueil connu sous le nom de Theatrum geographiœ veteris (n° 137), et il s’en était tiré avec honneur. Son imprimerie était sans contredit la plus considérable et la mieux montée qu’il y eût alors à Leyde. D’après l’inventaire qui en fut dressé plus tard, elle ne comprenait pas moins de six presses, détail dont on appréciera la valeur, si nous ajoutons qu’en 1651, suivant un relevé officiel, les trois plus grandes imprimeries de Leyde ne possédaient chacune que quatre presses(2).
En 1625 Isaac compléta son matériel, en acquérant de la veuve de Th. Erpenius l’imprimerie orientale, poinçons, matrices et caractères, que ce savant avait installée chez lui. Nous avons fait ressortir ailleurs (3) l’importance de cette acquisition, qui marque une date dans l’histoire de la typographie elzevirienne, et nous n’avons plus à y revenir.
Néanmoins, avant la fin de cette même année, soit inconstance dans ses résolutions, soit, comme il le prétend, à cause de la crise provoquée par la guerre d’Allemagne, il cède, par un acte notarié du 24 décembre 1625, à Bonaventure Elzevier et à son associé Abraham Elzevier, un assortiment de 10,000 kilos de caractères d’impression, cinq presses et une presse à tailles-douces, les poinçons, matrices, casses et tout ce qui appartient à son imprimerie, moyennant une
O) Voir ci-dessus p. liii.
(2) Voir p. 422.