CLXXXVI I
Abraham épousa, le 21 mai 1621, Catherine van Waesberghe, fille de l’imprimeur de l’amirauté à Rotterdam. Son mariage lui ayant procuré les ressources nécessaires pour se créer une position indépendante, il ne tarda pas à s’établir libraire. Au début il se borna à exploiter pour son compte certains ouvrages précédemment publiés : un Buchanan imprimé à Saumur (n° 182), quelques traités de Meursius exécutés sans doute aux frais de l’auteur, et qui n’avaient pas trouvé d’éditeur (nos 196 et 202); puis les Archontes athenienses du même Meursius (n° 200), et un Virgile , probablement destiné aux écoles (208). Ces ouvrages, parus en 1621 et 1622, portent le nom d’Abraham seul. A partir de cette date on ne le voit plus qu’associé à celui de Bonaventure.
En effet, le 3 septembre 1622, Matthieu se retira définitivement des affaires, cédant sa part d’association à Abraham. Ce fut pour Bonaventure une bonne fortune de rencontrer en son neveu un collaborateur actif et particulièrement versé dans l’art typographique. Grâce à cette circonstance, lorsqu’en 1625 Isaac prit à son tour le parti de se retirer, les deux associés se trouvèrent en mesure de lui succéder, et la maison elzevirienne fut constituée sur ses bases définitives.
Du mariage d’Abraham avec Catherine van Waesberghe naquirent cinq enfants, dont trois fils. Nous avons vu par le testament de Bonaventure qu’Abraham disposa en faveur de l’aîné, Jean, qui lui succéda, de la moitié de l’imprimerie et de tout ce qu’il possédait en commun avec son oncle. Ses deux fils puînés, Abraham et Isaac, embrassèrent d’autres carrières-. Lui-même mourut en 1652. « Le 14 août 1652, lisons-nous dans le Mémorandum de Jean, est décédé mon père Abraham Elzevier, le matin à sept heures, âgé de 60 ans; il est inhumé en l’église St-Pierre(I). » Catherine van Waesberghe mourut le 25 octobre 1659.
A la mort d’Abraham, l’Université de Leyde, voulant
(O « Den 14 augusti 1652 is overleden myn vaeder Abraham Elsevier ’s morgens ten seven uyren, oudt sijnde 60 jaeren, ende begraeven in St. Pieters kerk. » Cité par J. L. C. Jacob, Jaarboekje voor den boekhandel , ’s Grav., 1841.