LI1I
à TUniversité. Letting possédait également et habitait luimême la maison attenante, dont une aile en retour venait s’aligner sur la cour de TUniversité derrière la maison de Matthieu Elzevier(I).
Le fils de Matthieu, Isaac, fit en 1616 l’acquisition d’une imprimerie, la première qu’aient possédée les Elzevier, et nous avons vu que le g février 1620, il obtint le titre d’imprimeur juré de TUniversité.
Or, le 10 février 1621, c’est-à-dire un an presque jour pour jour après sa nomination, Isaac Elzevier mande au conseil académique qu’il est disposé « pour la commodité et le service « de TUniversité » à venir habiter la maison de son père sur le Rapenburg, pourvu que cette maison soit assez vaste pour y établir une imprimerie. Il fait donc valoir « qu’entre l’entrée de l’Académie et la maison paternelle il existe un coin perdu, lequel, soit dit avec respect, est de nature à déparer TUniversité plutôt qu’à se prêter à quelque usage utile. » C’est dans ce coin qu’il demande l’autorisation de transférer ses ateliers. Il a soin d’insister sur tous les avantages qui résulteront de l’arrangement qu’il propose; ainsi les professeurs et les étudiants seront toujours sûrs de trouver un abri par les temps froids et pluvieux, la distribution des thèses se fera de la manière la plus convenable, les bâtiments de TUniversité seront soumis à une surveillance active et préservés de toute déprédation de la part des gamins.
Le conseil trouva ces raisons excellentes, puisqu’après avoir pris connaissance de la requête, il décida qu’Isaac Elzevier serait autorisé à construire, suivant le plan soumis et adopté, une loge ou galerie le long du mur latéral de la maison de son père et de celle de Jacques Letting, pour établir dans ledit bâtiment une boutique et une imprimerie. Cette loge s’étendra en longueur depuis le pan de mur à côté de la porte, jusqu’au mur du jardin botanique, et aura en largeur quatorze pieds, y compris le mur à construire.
La concession a lieu aux conditions suivantes : les ouvriers
(I) Renseignement tiré des archives communales de Leyde.
LES OFFICINES ELZEVIRIENNES.
et apprentis typographes devront entrer et sortir par la maison du père d’Isaac, de sorte que la porte donnant accès sur la cour sera réservée exclusivement aux professeurs, aux étudiants et aux clients de la maison. Pour ne pas créer de servitude au détriment du jardin, tous les jours qui seront pratiqués au-dessus du mur dudit jardin devront consister en fenêtres dormantes. Les curateurs pourront toujours reprendre le bâtiment à dire d’experts, à condition de prévenir un an à l’avance. Le terrain restera la propriété de l’Université, et Isaac Elzevier ou ses ayants droit seront tenus d’acquitter annuellement une redevance de dix-huit florins au profit de l’Académie'0.
Ce modeste local resta affecté jusqu’à la fin à l’imprimerie des Elzevier. L’érudit anglais John Evelyn, qui passa par Leyde en août 1641, ne manqua pas de l’aller visiter. « En « cette ville, dit-il dans ses Mémoires , à la date du 28 août, « vivait le fameux Daniel Heinsius que je désirais tant voir, « ainsi que l’imprimerie et la boutique des Elzevier, renommés « d’un bout à l’autre de l’Europe pour la beauté de leurs « caractères et des éditions qu’ils ont publiées. » Il inspecte en passant le jardin botanique, qu’il trouve très riche en plantes exotiques, l’amphithéâtre anatomique et le cabinet attenant, « bien pourvu de curiosités naturelles. » Puis il ajoute : « On me fit voir posée au-dessus de la porte la statue « taillée en pierre de l’heureux moine qu’ils prétendent avoir « été le premier inventeur de la typographie, opinion très « contestée par d’autres, qui attribuent la gloire de cette « invention à Jean Guttenberg(2). » Ce dernier détail n’est pas fort clair. De quelle porte est-il question? L’auteur a oublié de nous le dire. Serait-il téméraire de supposer que la statuette de Laurens Coster servait d’enseigne à l’imprimerie des Elzevier!3)?
(0 Rammelman Elsevier, Uitkomsten, pp. 14-16 des Bijlagen.
(g) Memoirs of John Evelyn , comprising his diary front 1641 to 1715-16, edited by W. B ray. London, s. d. (vers 1870), in-S, pp. 30, 31.
(3) Peut-être y a-t-il quelque confusion dans les souvenirs d’Evelyn. Il existait pour lors à Leyde une fonderie, à l’enseigne de Laurens Coster, située dans la
LEYDE
Cinq ans plus tard (août 1646), le chanoine Joly, passant également par Leyde, visitait à son tour l’officine elzevirienne. « Au bas du Collège, dit-il en 1670, estoit en ce
temps là l’imprimerie des Elzevirs, qui n’est pas si belle « que celle de Blaeu, quoy que fameuse pour les bons livres « qu’ils ont donnez; » et il ajoute ce détail qui n’est pas tout à fait exact : « Leurs enfans et neveux l’ont transportée main- « tenant à Amsterdam, et la rendent tousiours de plus en « plus considérable(I). » Ces dernières lignes furent écrites en 1670, à une époque où la maison de Leyde n’imprimait plus guères que des thèses ou des ouvrages pour compte d’autres libraires. On conçoit que Joly, qui habitait Paris, ait pu croire qu’elle n’existait plus, ou plutôt qu’elle avait été transférée à Amsterdam.
Parival, qui était sur les lieux, est mieux renseigné : « Dans « la grande cour (de l’Académie) du côté du nord, écrit-il « dans ses Délices de la Hollande{2\ est l’imprimerie de mon- « sieur Jean Elzevier, tant renommée par toute la cjirestienté « pour son beau charactère et qui met derrière elle les plus « glorieuses de ce siècle et des précédens. » Et Monconys, qui visita l’Université de Leyde en 1663, écrit dans son Journal : « L’imprimerie des Elzeviers est dedans la cour(3). »
Nous terminons ce chapitre par une dernière citation, qui prouve qu’un demi-siècle plus tard les choses étaient encore dans le même état. Les Délices de Leyde , après une description sommaire de l’Université et de ses dépendances, ajoutent : « Ayant fait un pas [en sortant] dans la cour de l’Académie, on voit à gauche la célèbre imprimerie d’Elzevier, d’où sont sorties de si belles et de si nettes éditions, grèques, latines, hébraiques, arabes, &c., dont les sâvans ont grand soin de
Haarlemmerstraat et appartenant à Barthol. et Arend Corsz. van Hogenacker. M. Enschedé suppose que c’était là que les Elzevier faisaient fondre leurs caractères. ( Spécimen de caractères typogr. de J. Enschedé , Harlem, 1867, dans la notice prélim.)
(1) Voyage fait à Munster en Westphalie et autres lieux voisins, en 1646 et 1647, Par M. Joly, chanoine de Paris. Paris, Promé, 1670, in-12, p. 135.
(2) Leide, P. Didier (Elzevier), 1662, p. in-12, p. 54.
(3' Journal des voyages de M. de Monconys. Lyon, 1665-66, in-4, t. II, p. 151.
LES OFFICINES ELZEVIRIENNES.
fournir leurs bibliothèques. Tous les étudians, comme aussi ceux qui veulent se faire recevoir docteurs en quelque faculté que ce soit, y font imprimer leurs thèses, qu’ils soutiennent publiquement dans le grand auditoire de l’Académie, ou en particulier^. »
Le volume d’où nous tirons ce passage a paru en 1712, l’année même où mourut Abraham Elzevier, le dernier typographe de la famille.
Il est donc établi par l’ensemble des témoignages que nous
avons cités, que l’imprimerie elzevirienne, dont jusqu’à ce
jour on n’avait pas réussi à déterminer l’emplacement d’une
manière précise, avait été installée en 1621, à peu près dès
l’origine, dans la cour de l’Université de Leyde, et qu’elle a
subsisté à la même place jusqu’à l’extinction de la maison, »
en 1712, c’est-à-dire pendant près d’un siècle.
§ 5. Les ventes publiques de livres.
Les multiples fonctions d’éditeur, de libraire et d’exportateur de livres n’absorbaient pas tellement l’activité de Louis Elzevier, qu’il ne trouvât moyen d’y joindre, dès 1609, la vente aux enchères des bibliothèques. Cette pratique fut maintenue par ses successeurs, et ne prit fin qu’après la mort de Jean Elzevier. Les vacations avaient lieu, non pas au domicile des vendeurs, mais au local de la librairie elzevirienne, qui pour la circonstance était transformée en salle de vente.
Dans un milieu universitaire comme Leyde ces ventes ont dû être assez fréquentes, mais il n’en est resté que fort peu de traces, la plupart des catalogues ayant été détruits. Quelques-uns cependant sont parvenus jusqu’à nous. Nous n’avons pas cru devoir faire place dans nos Annales à ces documents rédigés à la hâte et imprimés avec assez peu de soin. Toutefois, comme ils peuvent offrir encore quelque
(O Les Délices de Leide, une des célèbres villes de l'Europe. Leide, P. vander Aa, 1712, in-8, p. 72. — Le volume est orné d’une vue de l’Université, reproduisant celle de S. van Lee-ven.
LEYDE
intérêt pour l’histoire littéraire, nous donnerons ici la liste de ceux que nous avons rencontrés.
1. Catalogus librorum bibliothecæ illust. viri Josephi Scaligeri Jul. Cæs. F. quorum auctio habebitur in ædibus Ludovici Elzevirii, bibliopol. Lugd. Bat. ad diem il martii. Lugd . Bat., ex offic. Thomœ Basson , 1609, in-4, de 51 pages.
M. de Reiffenberg a consacré un article spécial à ce catalogue dans le Bulletin du bibliophile belge, t. IV, pp. 229-233.
2. Bibliotheca Bon. Vulcanii. Sive, catalogvs plvrimorvm optimorvm librorvm
græcorvm, latinorvm, hispanicorum, italicorum, gallicorum... excusorum et manuscriptorum. Item, variæ tabvlæ geographicæ et topographicæ.... et variæ effigies virorum insignium æri incisas. Quorum omnium auctio habebitur Lugduni Batavorum in bibliopolio Ludovici Elzevirii. Ad diem xv. mensis novemb. huius anni. Lugd. Bat., ex offic. typographicâ Ioannis Bauduini (sic), 1610, in-4, de 84 pp., non compris le titre, et 2 ff. d’appendix. (Bibl. Westhreenen, à La Haye.)
Cette vente eut lieu du vivant du propriétaire; elle ne comprend qu’une partie (la plus importante, il est YÇâi) de ses collections. Vulcanius mourut le 9 octobre 1614, et ce fut également Louis Elzevier, comme on le"verra par le no suivant, qui vendit le restant de la bibliothèque.
3. Catalogus librorum viri Cl. Bon. Vulcanii, qui auctione pubîicâ distrahentur in ædibus Ludovici Elzevirii ad diem 2 mensis junii. Lugduni Batavorum , excudebat Henricus Ludovici ab Haestens, 1615, in-4, de 64 pages.
Voir le Bulletin du bibliophile belge, t. IX, p. 322.
4. Catalogus librorvm illustris bibliothecæ, quæ fuit Theodori Canteri Ultrajectini, quorum auctio habebitur in officina Elseviriana, Lugd. Batav. die 17 octobris et seqq. anno 1617 (l’Aigle, la devise et la date). Lugd. Bat., typis Isaaci Elzevirl, anno 1617, in-4, de 56 pages.
Cité dans les Annales de M. Pieters, p. 55, no 156.
5. Catalogvs librorvm nobiliss. viri D. Joannis a Wittenhorst, Dni in Sonsvelt, Drongelen, etc., quorum auctio habebitur in officina Elzeviriana ad diem vin maji anno 1619 (l’Aigle, la devise et la date). Lugd. Bat., ex offic. Elzeviriana, 1619, in-4, de 40 pages.
Cité par M. Dodt van Flensburg, Over de Elzevier's, p. 6.
6. Catalogus librorum miscellaneorvm, partim ex C. et E. V. Reineri Bontii, med.
doct. ac in Acad. Lugd. Bat. profess. J. Araus. Principis medici, nuper defuncti, partim ex alterius docti viri cujusd. bibliotheca, quorum venditio fiet, etc. xn martii et seqq. diebus in bibliopolio Elzeviriano (l’Aigle et la devise simple). Lugd. Bat., ex offic. Elzev., 1625, in-4, de 63 pages. (Dodt van Flensburg.)
7. Catalogvs librorvm variorvm. Ex bibliothecis D. Gvilielmi Geddæi et D. Jo. Volceri. Quorum venditio, etc. Lugd. Bat., ex offic. Elzev., 1625, in-4, de 73 pages.
(Biblioth. de Winterthur.)
8. Catalogvs librorvm bibliothecæ D. Jacobi Lettingii J. V. D. prof, et postmodum scholæ trivialis apud Leydenses rectoris, quorum auctio habebitur in bibliopolio Elzeviriano, die 27 mensis maji, anno 1626 (le Solitaire). Lugd. Bat., typis Bonav. et Abr. Elzeviri, Acad, typogr., 1626, in-4, de 20 pages. (Dodt van Flensburg.)
9. Catalogvs variorvm librorvm e bibliothecis Fra. Raphelengii, hebr. ling. quondam prof, et Acad. Leid. typographi ejusque hliorum. Item, Isaaci Swanebvrgii,
LES OFFICINES ELZEVIRIENNES.
urb. Leid. quondam Secret. Nec non Pétri Moseii, verbi divini ministri, quorum auctio habebitur in bibliopolio Elzeviriano, die 5 oct. (le Solitaire). Lugd. Bat., typis Bonav. et Abr. Elzevir , Acad, typogr., 1626, in*4, de 147 pages.
(Dodt van Flensburg.)
10. Catalogvs bibliotbecæ nob. et ampl. viri Jani Rvtgersii Dordraceni, S. P. ac Invict. Suecorum etc. Regis Gustavi II. consiliarii et oratoris, quæ in ædibus Elzevirianis divendetur, mensis junij die xn (l’Aigle, la devise et la date). Lugd. Bat., ex offtc. Elzeviriana, 1630, in-4, de 126 pages.
(Catal. Motteley de 1848 et Dodt van Flensburg.)
Ce n’était là probablement qu’une partie de la bibliothèque de Rutgers, car trois ans plus tard parut le catalogue suivant :
11. Catalogus bibliothecæ nob. et ampl. V. Jani Rutgersii etc. in qua omne genus
rariorum librorum, quorum auctio habebitur in ædibus Elzevirianis 7 martii 1633 (l’Aigle, la devise et la date). Lugd. Bat., ex offic. Elzev., 1633, in-4, de 2 ffi limin. et 126 pages. (Biblioth. de St-Pétersbourg.)
12. Catalogvs librorvm rev. atque eximii theologi D. Francisci Gomari... quorum auctio habebitur Lugd. Bat. in æd. Elzeviriorum die 4 octobr. stilo novo (1” Aigle, la devise et la date). Lugd. Bat., ex offic. Elzev., A0 1641, in-4, de 72 pages.
(Biblioth. de Bruxelles.)
13. Catalogus variorum librorum biblioth. rev. clarissimique viri D. Ludovici de Dieu..*, quorum auctio habebitur in offic. Elsevir. 6 oct. stylo novo (l’Aigle, la devise et la date). Lugd. Bat., ex offic. Bon. et Abr. Elsevir, 1643, in-4, de 26 pages.
(Biblioth. de Bruxelles.)
14. Catalogus variorum et rariorum in omni facultate et lingua, librorvm, tam compactorum quam non compactorum, quorum auctio habebitur in officina Elseviriana, ad diem 5 aprilis 1660, stylo novo (le Solitaire). Lugd. Bat., ex typogr. Johan. Elsevirii, 1660, in-4, de 112 pages.
(Cat. Bérard, n° 429, et Bibl. Nationale à Paris.)
15. Catalogus variorum et rariorum in omni facultate et lingua, librorum, tam compactorum quam non compactorum, quorum auctio habebitur in officina Elseviriana, ad diem 27 septembris 1662, stylo novo (le Solitaire). Lugd. Bat., apud viduarn et hœredes Joli. Elsev. acad. typogr., 1662, in-4, de 1 f. (titre) et 74 pages.
(Bibl. Nationale à Paris.)
Fondée en 1590 par Louis Elzevier, le deuxième fils du fondateur de la dynastie, la librairie elzevirienne de La Haye subsista pendant plus de soixante-dix ans, et ne prit fin qu’à la mort de Jean Elzevier. Elle était installée dans une des salles du palais des Etats : le pourtour de cette salle, qu’on appelait par excellence de Zciel, était divisé en boutiques de plain-pied, où les libraires étalaient leurs marchandises^.
Louis resta toute sa vie à la tête de cet établissement, hormis une courte interruption, dont nous donnons le motif dans sa biographie, et durant laquelle il se fit remplacer par Gilles Elzevier (1598-99). Lorsqu’il mourut, en 1621, son frère Bonaventure se rendit acquéreur de son fonds, et en fit cession à Jacob, le frère d’Abraham son associé, moyennant 240 florins.
Jacob se retira en 1636. A partir de ce moment la librairie de La Haye, qui n’avait jamais eu qu’une importance secondaire, descendit au rang de simple succursale de la maison de Leyde. Bonaventure et Abraham, qui l’avaient reprise pour leur compte, la transmirent à Jean et Daniel, leurs successeurs. Lorsque ceux-ci se séparèrent, elle échut naturellement à celui des deux qui demeura fixé à Leyde, c’est-àdire à Jean. Ainsi que nous l’avons vu, Jean finit par se décourager, et prit le parti de liquider sa librairie; mais la mort ne lui laissa pas le temps de réaliser son projet. Transportés à Leyde, les livres qui garnissaient la succursale de
U) La Salle resta affectée au meme usage jusqu’à la fin du dix-huitième siècle. Les frères Steucker y avaient également leur boutique (voir p. 430).
LES OFFICINES ELZEVIRIENNES.
La Haye y furent vendus publiquement dans le courant de l’année 1661 (voir le n° io). La boutique passa en d’autres mains. Si l’on peut s’en rapporter au témoignage d’Adry, elle fut reprise par un libraire nommé Jacques van Borreveld; du moins Adry prétend-il avoir rencontré un catalogue imprimé à La Haye, en 1663, par Adrien Vlacq; on voit sur le titre que le libraire J. a Borreveld est chargé de la vente, qui aura lieu dans Poffîcine elzevirienne : Audio habebitur in ojficina elzeviriana.
Il nous reste un détail à ajouter. Les Elzevier avaient coutume de tenir à La Haye des ventes aux enchères, comme ils le pratiquaient à Leyde. Trois catalogues ont passé sous nos yeux :
1. Catalogus vâriorum et insignium librorum illustrissimi et celeberrimi cujusdam viri non ita pridem extincti. Nec non nobilissimi viri Cornelii Copier a Calslagen, castelli Wourdani quondam gubernatoris. Quorum auctio habebitur Hagæ Comitis, in officina Elzeviriana, op de Sael, die Lunæ, qui erit 18 januarii 1638. Lugd. Batav ., ex offic. Bon . et Abr. Elzeviri , Acad, typogr ., 1638, in-4, de 44 pages.
(Bibl. de St-Pétersbourg.)
Il est question de cette vente dans une lettre de Gronovius à Nie. Heinsius, iv Non. Febr. 1638. ( Burmanni Syll., t. III, p. 44.)
2. Catalogus librorum doctiss. eruditissimique viri, D. Ioannis Baptistæ de Monte Valdono, quondam secretarii Bevervicensis, ejusdemq.... patris D. Bernhardi de Monte Valdono.... Quorum auctio habebitur in officinâ Elseviriorum Hagæ-Comitis, op de Zaele, ad diem gen martii, die lunæ, hora octava matutina (l’Aigle et la devise simple). Hagæ-Comitis , anno 1643, in-4, de 6 feuillets.
(Bibl. Roy. à La Haye.)
3. Catalogus vâriorum et rarissimorum in quavis facultate librorvm, quorum
auctio habebitur Hagæ-Comitis in officina Elseviriana op de Zael. Ad diem 8 aprilis 1658. Stylo novo (le Solitaire). Hagæ Comitis , apud Johannem Elsevirium , 1658, in-4, de 45 pages. (Bibl. Nat. à Paris.)
§ i. Résumé historique.
Le fils aîné de Josse Elzevier, qui se nommait Louis, comme son grand-père, fonda en 1638 l’officine elzevirienne d’Amsterdam. Simple libraire d’abord, il ne tarda pas longtemps à acquérir une imprimerie (fin de 1640). Quoique l’insuffisance de son matériel l’obligeât de recourir assez fréquemment aux presses de ses confrères, le public s’habitua de bonne heure à ne point faire de différence entre les productions d’Amsterdam et celles de Leyde(I), et la réputation de Louis balança bientôt celle de ses parents.
Le Ier mai 1655, Daniel Elzevier, que nous avons vu associé à Leyde avec son cousin Jean, contracta une nouvelle association avec Louis. L’arrivée de Daniel à Amsterdam marque une date décisive dans l’histoire de la famille. La primauté, qui durant vingt-cinq ans avait appartenu à la maison de Leyde, passa dès ce moment à sa rivale, qui la conserva à son tour pendant un quart de siècle. Non pas qu’elle ait réussi à s’élever au même degré de perfection : toutes les fois qu’on aura le choix entre deux éditions d’un même livre, l’une de Leyde, l’autre d’Amsterdam, on donnera sans hésiter la préférence à la première. Mais Louis et Daniel n’en sont pas moins les plus habiles typographes de leur temps, et certaines de leurs publications en grand format peuvent
Par exemple, dans les liminaires du Schedius , de Diis Germanis , publié en 1648 (n° 1072), il y a une pièce de vers d’un pasteur de Mayence, Stephanus Hane; elle contient ce distique :
Hæc dabit in lucem culto Elsevirius ære,
Cujus ubique viget nomen honosquc viri.
LES OFFICINES ELZEVIRIENNES.
passer pour des chefs-d’œuvre, notamment le Corpus juris in-folio, qui parut en 1663, et la Bible française de Desmarets, qui ne fut achevée qu’en 1669.
Louis se retira le Ier mai 1665. Demeuré seul, Daniel ne se montra pas au-dessous de sa tâche. Durant quinze années il maintint et accrut, en dépit des circonstances les plus critiques, la haute renommée de la maison. Malheureusement il succomba aux atteintes d’une fièvre maligne, le 13 octobre 1680, à peine âgé de cinquante-quatre ans. Sa veuve, Anna Beerninck, lui succéda, mais ne survécut que cinq mois. Comme elle ne laissait pas d’enfant en âge de continuer les affaires, les tuteurs furent obligés de liquider.
On a dit qu’en quittant Leyde Daniel avait emporté la moitié du matériel. Cette assertion ne repose sur rien, et se réfute par le simple bon sens. Un fonds de librairie peut se partager, mais non pas une imprimerie. Un matériel typographique n’est pas un assemblage de pièces hétérogènes qu’on puisse dépareiller à volonté. C’est une sorte d’organisme, dont chaque partie a sa fonction spéciale et ne conserve de valeur que par sa relation avec l’ensemble. Qui n’a que la moitié d’une imprimerie n’a rien. Les quatre presses qui fonctionnaient à Leyde en 1651 (voir p. 422) y sont demeurées jusqu’à la fin (voir le n° 11); de même les poinçons et matrices d’Erpenius, et à plus forte raison les caractères, fleurons et ornements.
Il est vrai que certains ouvrages publiés avec l’adresse d’Amsterdam contiennent les ornements typiques de l’autre officine. Mais jamais on ne trouvera confondu dans le même volume le matériel des deux ateliers. Louis et Daniel ont fait imprimer à Leyde quelques livres de leur fonds : telle est la cause toute naturelle de cette anomalie.
Pour s’être abusé sur ce point, M. Pieters prétend qu’il est difficile de faire la répartition des éditions elzeviriennes parues de 1655 à 1660. Rien au contraire n’est plus aisé. Les productions de certains imprimeurs du temps vous laissent dans le doute : ainsi le même type de tête de buffle était commun aux Hackius, à Phil. de Croy et à Van der Marse.
L université
de Lejde et elzevirienne
rime rie