‹ Les Elzevier; histoire et annales typographiquesChapitre 124 sur 368 · BONAVENTURE ELZEVIER. CLXXXI · texte numérisé non relu

BONAVENTURE ELZEVIER. CLXXXI

Vlitius, et qu'on a coutume d'interpréter en leur faveur, s'applique, non à Bonaventure et Abraham, mais à Jean et Daniel, leurs fils et leurs successeurs^*^

Nous ne voulons pas, en insistant plus que de raison sur ces défauts, méconnaître ce qu'il y a eu d'estimable dans leur caractère. Les deux Elzevier tenaient du vieux fonds hollandais un ensemble de qualités sérieuses et pratiques, ordre, ponctualité, activité, persévérance. Un savant les a nommés les plus zélés des typographes, diligentissimi typographorum^^\ titre que nul ne songera à leur contester en présence de tant de monuments qui le justifient. Leur zèle en cette matière était d'autant plus méritoire qu'ils avaient à pourvoir en outre à une administration des plus compliquées. Indépendamment de leur maison de Leyde, qui comprenait l'imprimerie et la librairie, ils avaient à leur charge la succursale de La Haye, qu'ils exploitaient pour leur compte depuis que leur parent Jacob s'était retiré des affaires (1636); dans l'une et l'autre officine ils avaient organisé des ventes publiques de livres ^^^; ils possédaient à Copenhague une boutique régulièrement pourvue de toutes les nouveautés^*^; à l'exemple de leur père et aïeul, ils continuaient à se faire représenter régulièrement aux foires de Francfort ; enfin ils entretenaient avec rétranger une correspondance très étendue, dont malheureusement il n'existe plus, à notre connaissance du moins, qu'un spécimen unique ^^^

Un autre trait chez eux mérite d'être loué sans réserve : ils ont voué à leur art un véritable culte. Dès le début ils se sont proposé d'atteindre à la perfection typographique ; ce but, ils ne le perdent jamais de vue, ils y concentrent leurs efforts, ils s'y portent avec une ardeur persévérante et dégagée cette fois de toute arrière-pensée mercantile. Jamais imprimeur n'a

(^) La lettre est du 10 août 1653. Cf. Burmanni Syllog,, tom. III, p. 749. f>) L'expression est de S. Stephanius, dans la dédicace du de regno Daniœ^ de 1629.

(3> Voir pp. LVii et lx.

(4) Voir pp. Lxxv à lxxvii.

(5) C'est une lettre adressée au père Mersenne, le 8 mars 1638, et publiée par H. Lenipert2. Cf. le no 609.

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