‹ Les Elzevier; histoire et annales typographiquesChapitre 143 sur 368 · CCXII LES BIOGRAPHIES · texte numérisé non relu

CCXII LES BIOGRAPHIES

les deux maisons subsistèrent jusqu'à la fin. En mai 1675, les Hackius demandent et obtiennent l'autorisation de prendre le texte du Virgile in- 12 de Heinsius pour base de leur Virgile variorum^'K En 1680 ils impriment pour compte de Daniel le Gradins j un des derniers volumes parus avec le nom des Elzevier^'^

Ces faits sont, croyons-nous, de nature à être pris en considération. De tous les typographes hollandais, les Hackius sont ceux qui soutiennent le mieux la comparaison avec les Elzevier. Telle est la beauté de leurs impressions qu'une foule de celles-ci ont passé jusqu'à ce jour pour des elzeviers véritables. Nous tenons à en faire la remarque, parce qu'il nous semble qu'on n'a pas rendu à ces habiles imprimeurs la justice qu'ils méritent. Leur nom est à peine connu, alors qu'on a fait à tant d'autres, qui ne les valent pas, l'honneur d'une bibliographie spéciale.

Les affaires de L. Elzevier allèrent en prospérant, et bientôt l'officine d'Amsterdam égala en importance celle de Leyde. De 1640 à 1655 nous comptons 21g publications, total considérable, surtout si l'on songe que Louis était seul pour faire face à toutes les difficultés de l'entreprise. Nicolas Heinsius se plaint maintes fois de sa négligence, et recommande à Gronovius de ne point se servir de lui comme intermédiaire ^^^ Nous ne nous exagérons pas la portée de ces plaintes, qui, provenant d'une source unique, n'ont trait qu'à des faits de médiocre importance. Néanmoins elles confirment, ce qu'il était facile de présumer, que Louis devait

(0 Lettre inédite de Dan. Elzevier à Nie. Heinsius, du 9 mai 1675 (Bibliothèque d*Utrecht).

^2) Enfin nous ne devons pas omettre de signaler dans le catal. offic. de 16S1 les classiques suivants, cum notis variorum^ tous imprimés par les Hackius : AUxamUr ab AUxandro, 1673, 2 vol. — Barclaii Argents, 1664-69, 2 vol. — Boctius, 1671. — Martialis, 1670. — Ovidius, 1670, 3 vol. — Plautus, 1669. — Quintilianus, 1665, 2 vol. Chacun de ces titres est précédé de l'astérisque, preuve que Daniel Elzevier en avait acquis la propriété.

(31 • Id moneo, Ludovici EIzevirii opéra ut hîc parce utaris : nihil enim isto homine negligentius : quod magno meo malo non semel sum expertus. i Lettre datée du 22 nov. 1650, Burmanni SylL, t. III, p. 248. Cf. aussi une autre lettre au même, du 12 août 1651, Ibid., t. III, p. 280.

LOUIS ELZEVIER. CCXIII

avoir peine à suffire seul à tant d'activité. C'est sans doute ce qui le détermina à prendre pour associé son parent Daniel Elzevier, qui venait d'épouser Anna Beerninck, nièce et pupille de Louis. Cette association, sur laquelle nous reviendrons dans la notice suivante, fut conclue le i' mai de Tan 1655 ^'^ Entre autres avantages, elle conférait à la maison d'Amsterdam la propriété d'une foule d'ouvrages que les Elzevier de Leyde avaient exploités avec succès, et qui étaient échus à Daniel lors de la liquidation survenue entre lui et son ancien associé, Jean Elzevier. En effet c'est à partir de cette date que les presses d'Amsterdam commencèrent à reproduire les classiques latins in-douze, dont Leyde avait eu jusqu'alors le monopole, ainsi que les écrits de Balzac, Barclay, Charron, Du Refuge, etc.

Le nombre des publications parues sous la signature sociale de Louis et Daniel s'élève, d'après nos listes, à 150. En répartissant ce total sur une période de neuf années, nous obtenons une moyenne plus considérable que celle de la période antérieure. Mais en revanche, si nous déduisons de part et d'autre les réimpressions pures et simples d'ouvrages publiés précédemment soit à Amsterdam soit à Leyde, nous voyons que la moyenne de la production a diminué d'une manière notable. L'explication de ce fait se présente d'ellemême. Après une carrière des plus laborieuses, on conçoit que Louis Elzevier hésitât à se lancer dans de nouvelles entreprises, et qu'il préférât s'en tenir à un genre d'opérations dont le succès pouvait être escompté d'avance. L'âge avait refroidi quelque peu chez lui l'esprit d'initiative. Non pas qu'il ne caressât encore certains projets d'une exécution compliquée et difficile. La grande Bible dont il sera question tout à l'heure a certainement été mise sous presse à cette

(O t Van Florus en Musaeum Wormianum hebbe de helfst van den druck met myn cousin Daniel Elzevier, die op primo tnay met myn in compagnie treedt, als mede van aile de andere sorteringe by de vrienden tôt Leyden gedruckt, soo UË. iets van deselve van noode heeft versoeke van ons te ontbieden. » Lettre inédite de L. Elzevier à Balthasar Moretus, du 19 avril 1655. (Archives de la Maison Plaatin à Anvers.)

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