‹ Les Elzevier; histoire et annales typographiquesChapitre 31 sur 368 · L'ÉTRANGER. LXXIII · texte numérisé non relu

L'ÉTRANGER. LXXIII

L'historique des rapports commerciaux des Elzevier avec la capitale de la France ne diffère que par quelques points de celui qu'on vient de lire.

C'est encore Louis Elzevier qui ouvre la voie. Il était déjà bien connu à Paris au commencement du siècle. La notice que nous lui consacrons renferme à cet égard quelques détails très caractéristiques.

Bonaventure suivit la tradition paternelle. Il fit à Paris divers voyages; en 1626 il en rapporta plusieurs lettres médites de Scaliger. Sans doute il attachait beaucoup de prix au maintien de ces bonnes relations, car il envoya successivement à Paris son neveu et son fils pour y parfaire leur éducation. Jean alla s'établir en 1638 chez l'imprimeur Guillaume Pelé; Daniel, en 1645, chez Pierre le Petit, les deux principaux correspondants des Elzevier de Leyde. De 1641 à 1647, Jean, devenu le représentant en titre de la maison, se rendit régulièrement à Paris avec des marchandises.

Le commerce des livres ne jouissait pas en France des mêmes franchises et immunités qu'à Francfort. Les marchands étrangers y étaient soumis à une foule de règlements et de prohibitions. Défense leur était faite de vendre ni débiter aucun livre aux foires de Saint-Germain et de Saint-Laurent; défense de prolonger leur séjour à Paris au delà de trois semaines à compter du jour de l'ouverture de leurs ballots; défense d'y venir plus d'une fois l'an, et de vendre à d'autres qu'aux libraires. En avril 1641, les Elzevier furent accusés de contravention ; les syndics et adjoints obtinrent une sentence « contre le sieur [Jean] Elzevier libraire d'Hollande, par laquelle il est condamné de fermer son magazin trois semaines après l'ouverture de ses balles, avec défenses de vendre ny débiter aucuns livres en blanc ou relié, sinon aux libraires, à peine de cent livres d'amende et de confiscation de sa marchandise sans autre forme ny figure de procez^'^ »

Les Elzevier d'Amsterdam ne suivirent pas les mêmes errements que leurs devanciers. Il paraît constaté qu'ils

^'J ÉdU du Roy pour le règUment des imprimeurs et libraires de Paris. Paris, 1687, i'i-4i au titre X, des libraires forains,

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