LXXXII LES ÉDITIONS EL2EVIRIENNES
désormais acquis à Thistoire de la typographie, et viendra s'ajouter à la glorieuse phalange des artistes en tout genre dont s'honorent les Pays-Bas. Si la France cite avec orgueil Cl. Garamond et les Sanlecque, la Hollande peut être fière à bon droit de posséder un maître à peine inférieur au premier et qui surpasse de beaucoup les deux autres.
On nous objectera peut-être qu'il n'est question dans la lettre que de l'imprimerie elzevirienne d'Amsterdam, et non point de l'établissement rival de Leyde. Mais la réponse est facile. Les caractères elzeviriens, qu'ils soient de Leyde ou d'Amsterdam, proviennent évidemment de la même source. Si les bibliographes ont insisté avec raison sur certaines différences dans l'ornementation des livres provenant de ces deux officines, nul ne s'est avisé d'établir une distinction entre les caractères, ni même de ramener les fleurons, culsde-lampe et lettres grises, à des manières, à des styles différents. D'ailleurs, si les poinçons de Leyde avaient été gravés par tout autre que Van Dyck, celui-ci n'eût été qu'un plagiaire, et la veuve de Daniel Elzevier se fût bien gardée de le désigner comme un maître sans rival. Enfin, les termes dont elte se sert semblent indiquer qu'il florissait déjà dans la première moitié du siècle, avant la fondation de la maison d'Amsterdam, à l'époque où les Elsevier de Leyde inauguraient la série de leurs chefs-d'œuvre.
En quelles mains passèrent les poinçons et matrices de Van Dyck, lors de la vente qui en fut faite le 5 mars 1681? L'annonce suivante, insérée dans la Gazette de Harlem y sous la date du 17 juin 1683, contient la réponse à cette question :
On porte à la connaissance du public que Texcellente et célèbre fonderie de caractères de feu Christophe van Dyck, vendue par les héritiers de feu D. Elsevier, avec d'autres matrices excellentes, tant grecques que romaines, réunies du vivant dudit Elzevier, est reconstituée à Amsterdam.
S'adresser à Jean Bos, au domicile du s' Joseph Athias, où il est en service toute la journée. Le prix des caractères est le même que du temps de Van Dyck et d'EUevier(»).
(I) • Werdt bekent gemaeckt dat d'uytstekende en seer beroemde Letter Gieteo' « van Zalr. ChristofFel van Dyck, die verkocht is by d'Erfgenamen van wylen