‹ Les Elzevier; histoire et annales typographiquesChapitre 43 sur 368 · CHRIST. VAN DYCK, LXXXV · texte numérisé non relu

CHRIST. VAN DYCK, LXXXV

Cet engouement resta chez les Enschedé une tradition de famille. Il paraît qu'au commencement de ce siècle on procéda à une épuration générale du matériel. Les poinçons qu'on jugea encombrants furent jetés au vieux fer et les matrices à la fonte. Jusqu'à quel point l'œuvre de Van Dyck échappa-t-il à la proscription ? On l'ignore ; mais à en juger par le catalogue de 1867, ce qui en reste est fort peu de chose*'\

Pour l'excuse de ceux qui ont détruit ces précieuses reliques, on peut alléguer qu'ils ignoraient que Van Dyck fût le créateur du type qui a immortalisé le nom des Elzevier. Abusés par le faux goût de leur temps, ils ont accompli paisiblement leur dessein, sans se douter qu'ils anéantissaient des chefs-d'œuvre.

(X) spécimen de caractères typographiques anciens de J. Enschedé et fils^ imprimeurs à Harlem^ 1867, in-4. Une partie des détails qui précèdent sont tirés de la préface de cet ouvrage, et de deux articles du Nederlandsche Spectator (n<» du 13 avril et du 17 août 1878), écrits à l'occasion d'une note par laquelle j'avais fait part de ma découverte à cette même revue et à VArt^ de Paris.

Au moment de mettre sous presse, nous recevons communication d'un petit volume italien : Tipo Italiano non Elxeviriano, appunti di B, L. Centenari (Roma, 1879, in-ia), composé tout exprès pour démontrer que les Elzevier n'ont pas inventé les caractères d'impression dont ils se sont servis. Il y a beau temps qu'on s'en doutait. Mais l'auteur aurait pu choisir mieux ses exemples. En fait d'éditions eLzevîriennes il ne cite qiie VEnnius de 1595, qui est imprimé par Balduini, le Corpus juris de 1664, exécuté par Blaeu, le Valère Maxime in-24 de 1650, et le De regno Dania de 1629. On ne s'y prend pas plus maladroitement pour enfoncer une porte ouverte.

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