CIV LES ÉDITIONS ELZEVIRIENNES
du premier libraire, tandis que Jouxte la copie imprimée formait une petite ligne imperceptible, et se terminait par un point. De sorte que le lecteur inexpérimenté pouvait croire qu'il avait sous les yeux, non une contrefaçon, mais une réimpression exécutée à Paris.
Il est juste de reconnaître que les Elzevier sont restés étrangers à ce raffinement. Mais la formule en question figure sur toutes leurs contrefaçons. Ils ne s'en sont départis que pour Balzac, et seulement après que cet écrivain leur eut adressé la fameuse épître que nous transcrirons ci-après, et eut pris en quelque sorte la nouvelle édition de ses œuvres sous son patronage.
Après avoir exposé en quelles circonstances les Elzevier avaient coutume de se déguiser, il nous reste à dire un mot des différents masques dont ils se sont servis. Le plus souvent ils s'en tenaient à l'anonyme ; sur 265 articles environ, il y en a 178, c'est-à-dire plus des deux tiers, qui portent, soit une simple date, soit la date avec les mots : Jouxte ou Suivant la copie de Paris ^ de Rome, de Mons, etc.
Quant aux pseudonymes elzeviriens, ils sont bien moins nombreux qu'on ne le croit communément. D'abord il convient de mettre à part les ouvrages imprimés pour d'autres libraires, tels que Voorn, Verbiest, Didier, Gerstecoren. A. a Geervliet, Gaesbeek et Schouten à Leyde, Wolfgang, Ravesteyn, P. Arentz à Amsterdam, A. van Hoogenhuysen à Nimègue, les frères Steucker à La Haye, Kalcoven à Cologne, P. le Petit à Paris, Whittaker à Londres, etc. Les Elzevier, qui étaient imprimeurs en même temps que libraires, ont souvent mis leurs presses au service d'éditeurs hollandais ou étrangers. Les noms que nous venons de citer sont tous connus. S'ils figurent sur des livres sortis des presses de Leyde ou d'Amsterdam, rien de plus naturel, et il n'y a pas là l'ombre d'une supercherie.
Les ouvrages véritablement pseudonymes peuvent se diviser en trois classes :
i"* Ceux dont on s'est contenté de reproduire l'adresse