LES PSEUDONYMES ELZEVIRIENS. CV
primitive, par exemple : Leodii^ apud H. Edelmannum^ pour le de Bello Suecico de P. Burgus; Cosmopoli j G. Telety pour la Pietra del paragone de Boccalini ; Cologne^ P. de la Vallée^ pour les Provinciales; Leide, Almarigo LorenSy pour la Relation de Corraro; Villafranca^ pour les Œuvres de Pallavicino, etc.
2"" Les livres jansénistes, dont les adresses, aussi bizarres que variées, avaient été imaginées par les auteurs eux-mêmes afin de dérouter les soupçons, ainsi : Cologne^ chez Nie. Schouten^ pour les Provinciales latines et françaises; Cologne^ G. Quentel, pour la Morale pratique des Jésuites; Mons, Gaspard Migeot, pour le Nouveau Testament et les Constitutions de Port-Royal; Li^^^, Adolphe Bey ers j pour les Imaginaires et les Visionnaires y etc.
3** Enfin les ouvrages portant le véritable pseudonyme des Elzevier. Ce pseudonyme est, pour Jean et Daniel, associés à Leyde de 1652 à 1655, Jean Sambix^'^; pour les Elzevier d'Amsterdam, notamment pour Daniel, Jaques le Jeune.
En dehors de ces trois classes, il reste quelques publications isolées dont les Elzevier ne sont point responsables, telles que V Apocalypse- de Menton^ les Mémoires de Bassompierre, le Lion d^Angélie de C. Blessebois, imprimés à Leyde
(') Jean Sambix est évidemment un pseudonyme de Jean et Daniel Elzevier, puisqu'ils signent invariablement de la sorte tous les livres auxquels ils n*ont pas mis leur adresse; mais ce n'est pas un nom imaginaire.
Au commencement du siècle florissait à Delft un célèbre calligraphe, nommé Félix van Sambix, lequel, né à Anvers en 1553, s'était réfugié à Delft en 1585, et y vivait encore en 1633 (voyez la revue de Navorscher, t. VI, p. 241).
Ce Sambix eut un fils, également nommé Félix, qui exerça la librairie à Delft, de 1610 à i634(?), à l'enseigne du Livre d'écriture doré (in 't Vergulde Schrijfboeck), et eut pendant un temps une succursale à Rotterdam. Le libraire Sambix a traduit du français quelques ouvrages, entre autres le quatrième livre du Primaléon de Grèce (Rotterdam, J. van Waesberghe, 1619, in-4). Il signait F. v. S. le Jeune, pour se distinguer de son père.
Il parait qu'il épousa à Rotterdam, le 6 sept. 1608, Elisabeth van Waesberghe, sœur aioée de Catherine van Waesberghe, qui devint plus tard la femme d'Abraham Elzevier et la mère de Jean.
Suivant une généalogie mss. de la famille Waesberghe, appartenant à M. Ledeboer, ce Félix Sambix aurait eu trois enfants, savoir : Elisabeth, qui épousa David Lopez de Haro, libraire à Leyde, et deux fils, Félix et Jean, dont on ne sait rien de positif. [Hct geslacht van Waesberghe, 's Grav., 1869, pp. 227 et 244.)
Si ces données sont exactes, Jean Elzevier aurait pris pour pseudonyme le nom d'un de ses cousins germains.