‹ Les emblèmes et les drapeaux de la FranceChapitre 23 sur 62 · PREMIERE RÉPUBLIQUE · texte numérisé non relu

PREMIERE RÉPUBLIQUE

Déjà le trône, le sceptre, les emblèmes nobiliaires et, surtout les écussons lleurdelisés avaient été solennellement brisés puis livrés au feu. On vit apparaître, pour les remplacer, une quantité de symboles, presque tous inspirés de l'antiquité grecque et latine. Aucun ne fut officiellement adopté ; cependant, le faisceau des licteurs, le bonnetphrygien, les lettres R. F. et le coq eurent la préférence ainsi que la déesse de la Liberté, debout, une pique à la main. La mode, du reste, est aux allégo ries mythologiques :

i i- COQ G M LOIS

les hydres abattues, les furies, les temples el les dieux se voient sur des quantités de compositions patriotiques, uaïves on artistiques; nous n'y chercherons, bien entendu, que le coq.

Et d'abord, réjouissons-nous qu'il ait, ;ivec le drapeau tri colore, partagé la gloire des premières grandes journées de la République française. Ainsi, il était sur l'estrade des enrôlements volontaires, il « '■ t ; i i t ;'i Jemmapes, il étail à Valmy.

Nous le verrons encore, ;i diverses occasions, sur les dr;i |ie;ni\ defnos armées victorieuses (voir pages 167, 174, 1 7«; .

Bataille de Valmy W septembre 1792. — Nous avonscitédans notre chapitre « Les ennemis du Coq i>, page ^s. un passage du livre de M. Rey où il est dit que Valmy fui une bataille factice, une victoire de convention ». Nous avons protesté, par convenance pour nos lecteur-, el promis de citer, dans le présent chapitre, quelques appréciations qui contrebalancent aisé ment celles des contempteurs de la gloire française.

Si l'on parcourt le- mémoires de l'époque, il est vrai que la haine des étrangers el des émigrés, l;i jalousie de- généraux, le désordre d'une armée improvisée, peuvent laisser une impression pénible. Mais le succès de- troupes républicaines en est d'autant plus éclatant ci cette première victoire tut suivie de t.ini d'autres !

Voici d'abord la traduction textuelle de ce qu'a dit le poète Goethe le soir de la bataille de Valmy; on sait qu'il accompagnait l'Etat-Major allemand en curieux, et ce n'était certes pas un ami des Français :

« A la nuit tombante Enfin on m'interpelle pour me

demander ce que je pensais de tout cela ». Je répondis cette

fois : « De ce lieu et de ce jour date une ère nouvelle dans l'histoire du Monde, et vous pourrez dire : J'y étais ».

Michelet a tracé de la bataille de Valmy le tableau suivant :

Sur toute cette jeune armée planait quelque chose, comme une lueur héroïque, où le roi ne comprit rien, sinon le retour en Prusse. < Jette lueur était la foi.

Et cette joyeuse armée, qui d'en haut le regardait, c'était déjà l'armée de la République.

Fondée le 20 septembre, à Valmy, par la victoire, elle fut le 21, décrétée à Paris, au sein de la Convention.

La République naissait dans la gloire de Valmy ("20 septembre) où fut repoussée la première invasion.

Kellermann mit son chapeau à la pointe de son épée et cria : « Allons, mes enfants! Vive la Nation I •> En ce moment le soleil sortait du brouillard, et éclairait d'un gai rayon le drapeau tricolore. Vive la Nation ! répétèrent les soldats sur toute la ligne, en agitant leurs chapeaux et leurs fusils.

Les assaillants étonnés reculèrent. A quatre heures, Brunswick ordonna un nouvel assaut, qui resta également sans effet. Telle fut la première rencontre de l'Europe avec ces « tailleurs et savetiers » que l'armée des ci-devant se flattait de disperser devant elle. Telle fut la première journée militaire de la Révolution.

O soldats de l'an deux,

Ils chantaient, ils allaient, l'âme sans épouvante Et les pieds sans souliers!

Victor Hugo.

Une belle estampe allégorique commandée ;i Prudhon par la ConventioB qui Eaisail son possible pour soutenir les artistes, ;i pour Litre : « Constitution françoise, fondée par la Sagesse, sur les bases immuables '1rs droits de l'homme et des devoirs du citoyen ».

Estampe de Prudhon (fragment).

La déesse personnifiant La France se reconnaît au sceptre qu'elle tient à la main el qui est terminé par un coq. Elle donne la main à la Liberté et c'esl la Constitution, qous semble t-il, qui les rapproche.

In jeton en cuivre trappe en 17'.»^ représente un coq tenant un drapeau tricolore.

Jras

^Li/rôrte '-'

La France républicaine

LE COQ A TRAVERS L HISTOIRE

L'original de la curieuse estampe ci-contre, intitulée La Liberté, est imprimé en taille-douce de diverses couleurs.

Une gravure analogue, mais coloriée à la main et rehaussée de gouache montre un grand coq placé près d'un faisceau des licteurs sur le côté droit de la déesse Titre : l'égalité.

Une esquisse attribuée à David présente « la Liberté adopta ni le Coq gaulois comme emblème de la République, 1792.W ».

Très gracieuse vignette coloriée où la République est personnifiée par une jeune femme qui a pour coiffure un bonnet phrygien terminé par une tète de coq.

Titre : La France républicaine.

: i opié sur une faïence de l'épo [ue révolutionnaire

(1) Vente du 14 décembre 189G, :i l'Hôtel Drouot(M. G. Courtois, expert).

LE COQ G \i l.ois

Les cartes géographiques de la France ont souvent un coq dans la composition de leurs titres.

En voici un, tiré «le V Atlas National de Van II; il esl près d'un .n'Iolx* terrestre qu'il couvre de son aile. Ce globe présente

un détail curieux : au lieu des trois fleurs de lis qui probablement y furent d'abord gravées, on voil le bonnet phrygien.

On voit aussi le coq sur la carte d'identité de la « Société des Défenseurs des Droits de l'Homme. »

Caricature italienne en couleur représentant la France ayant sur la tête un coq. On lii au dessous : il fera tout le mande roi. L'espèce de piédestal sur lequel les principaux personnages sont posés porte les inscriptions : Li Mensonge. — Idole des Gaulois modernes. Le triomphi di mi nsongj .

Caricature hollandaise : la France royaliste, probablement, puisqu'elle est représentée par un coq couvert de fleurs de li-. met des besicles à un renard babillé en soldat hollandais. Traduction des deux lignes du bas: La figure du pauvre Bal

Caricature italienne sur la Révolution fn

LE COQ A TRAVERS L HISTOIRE

améliorée pur les lunettes fabriquées pour lui en l'année 1793, par Vumouriez ?

M/ri K"ea-.' wnt /ien.jxfyn /rectot/ Daas- j<<ta. je nù çr/yi 2*? ET ,f*NûT, TeAfétn y> && PttXr enJSEZDEA',' Vef Stn en a&r tvaj~ .l'câetmert/iri/ '•' iratft ùir ze?/r en 't Lanc/ïn //.

,-ïtet£i ûit ûiv/lfeùr . Xy'Jit Jaor cùcr BRI L < tfee yoMie van Je VXYJP- W/L .

' Zweerf cùi/ {Zeez'/yn ' /?es/eepen a/azent I Jfet aé ûw JfEZDSA'en 6aar fZUMS ?e/a//riceert zyn ojo zyn F/^ANSCM .

&at me/z f/a/ Se ya.afc vffcrj-netden . //z Kf.ej .. £>eFranr(6en zyn tn 't P/a*n£/meedr>tBAZ£K

Het gezicht van den armen Bataaf, gebeterd door den Bril, door Dumouriez, voor hem in het Jaar 1793, gejleepen.

Les vers disenl en substance que le pauvre Batave esl roulé par le verbiage des Français. Les papiers que l'on voil sur le sol portent les inscriptions : Alliance avec la France. Liste des troupes françaises de secours à Givet, etc.

On rencontre très souvent le coq sur les papiers adminis tratifs, les en-tète des lettres, aussi bien des fonctionnaires

que des chefs de l'armée républicaine. Souvenl ces vignettes sont gravées en taille douce el admirables de composition el d'exécution. Des brevets militaires, des cachets, des sceaux,

des médailles ont le coq -, parfois, il faul le chercher lorsqu'il est petit, ou mêlé à d'autres attributs.

LE COQ A TRAVERS L HISTOIRE

Nous avons fait reproduire quelques uns de ces documents

dont nous possédons un nombre considérable ; la môme vignette

a souvent été utilisée pour diverses administrations.

llil)

i.i. COQ G IULOIS

Parfois le coq est le symbole de la Vigilance, par exemple

lorsqu'il est perché sur un canon comme on en voil sur les assiettes peintes de l'époque ; d'autres fois il est difficile de lui

attribuer un rôle plutôt qu'un autre : c'est un coq <'l cela sans doute a sulli au dessinateur.

LE COQ A TRAVERS L HISTOIRE

Voici des coqs sur les assignats ; la vignette ci-dessus, provenant de l'assignat de 50 livres, en montre un à gauche de la déesse qui tienl un gouvernail et des couronnes de laurier.

L'assignat de 50 sols est également pourvu d'un coq ; il se voit aux pieds de la déesse qui porte la table des Droits de l'Homme.

Sur les autres assignats le coq est peu visible et nous avons dû en faire faire des agrandissements. Celui de 25 sols porte un bouclier et une pique avec l'inscription : la liberté ou la

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