CAMPAGNE EN" FAVEUR DE COO
Le coq conviendrait parfaitement à notre démocratie, il est rustique et fier, dévoué aux siens jusqu'à l'abnégation, beau, galant et toujours prêt à se défendre jusqu'à la mort.
Oui, nous voudrions voir au milieu d'un écusson d'azur, un beau coq d'or, crété et barbé de gueules (rouge), becquè et membre d'argent, les ailes soulevées au moment où il lance son clair cocorico.
Cet écu serait posé sur des drapeaux aux couleurs nationales, passés en sautoir ; pour sommet une étoile entourée de rayons et enfin au-dessous, sur une banderole, la devise consacrée : Liberté É&alité Fraternité.
Cela serait vraiment français et trancherait avec la banalité des aigles, des léopards et des lions héraldiques des autres nations.
Les lignes qui précèdent, sauf quelques modifications, lurent publiées en septembre 1892, dans notre Journal « Le Collectionneur », au lendemain des fêtes magnifiques du centenaire de la République française.
L'idée, qui arrivait à point, fut remarquée: toute la presse s'en occupa, approuvant ou critiquant parfois avec violence. Ce qu'on reprochait surtout au coq, c'était d'être orléaniste
On vit éclore plus de cent projets d'armoiries françaises. 11 fut même question d'organiser un concours.
De toutes parts, on nous adressait des communications que le défaut de place nous empêcha seul de publier dans notre petite revue et nous fûmes obligé de répondre par circulaires aux questions qui nous parvenaient tous les jours.
Ces réponses, les propositions d'armoiries que publiaient les grands journaux, enfin la polémique soulevée par notre proposition nous obligèrent à des recherches de documents, à des études dont le présent ouvrage est le résultat.
I i LE < l IQ GAI LOIS
l'n an plus tard, mettant à profil l'alliance franco russe, nous continuâmes la campagne dans notre revue m dans quelques autres journaux qui voulurent bien nous aider de leur publicité à toute occasion propice.
Voici un des articles que nous publiâmes à ce moment :
Vive La Russie! Vive la France! el les foules, et les débordements d'enthousiasme d'un peuple bon enfant, el la Fête nationale «avec son orgie de drapeaux français el russes el aussi d écussons....
Des écussons, c'est là précisément où nous voulions en venir. L'écusson russe, avec son aigle noire sur fond jaune ou or, toute la France le connaît à présent — mais l'écusson français ?
Avions-nous raison de dire l'année passée qu'il était absolument nécessaire d'en reconnaître un officiellement.
L'imagination des décorateurs en a créé une vingtaine pour la circonstance et lorsque, pour les réceptions, les fêtes, les galas il a fallu des armoiries faisant pendant à celles de nos amis, on a arboré les écussons dos villes de Paris, «le Toulon, de Lyon i I Marseille. Pour symboliser la France on n'a trouvé que le pauvre 1; F sur fond d'azur et, encore, a-t-on dit aux marins que cela signifiait Russie et France, comme on disait autrefois que c'était aussi bien Royauté Française que République Française.
D'ailleurs on n'a pas abuse- de ces armoiries, préférant celles des villes qui sont bien plus décorative-.
Et personne n'a pensé au coq gaulois ! Notre campagne de l'année passée avait pourtant joliment réussi : plus de cent journaux, grands et petits, avaient reproduit nos articles, presque tous nous donnant leur approbation, puis on a pensé à autre chose et le coq est resté aux archives.
11 nous semble qu'il faut secouer l'indifférence de nos concitoyens et pour cela voici ce que nous avons comploté :
Nous avons réuni toute une collection de documents, depuis des citations de Jules César jusqu'aux chanson- de Béranger, el des images, gravures et photographies prouvant que Louis XIV, Louis XVI et Napoléon Ier ont considéré le coq comme l'emblème de la France. Il en est de même de plusieurs artistes modernes, j compris les sculpteurs du monument de Gambetta el de celui inauguré dernièrement en l'honneur de Théophraste Renaudot, dont un superbe coq orne le piédestal.
Nous avons des plaques de coiffures militair sabres, des médailles, des assignats et d'admirables gravures de la Révolution où le coq se retrouve constamment.
Et encore des caricatures que nous décoche l'étranger, l'Italie principalement, où toujours la France esl représentée par un OU une femme lra\ estie en coq.