‹ Les emblèmes et les drapeaux de la FranceChapitre 5 sur 62 · CAMPAGNE EN FAVEUR DU COQ · texte numérisé non relu

CAMPAGNE EN FAVEUR DU COQ

Tout cela est destiné à une brochure que nous ferons paraître, mais quand!

En attendant, notre musée va être installé dans une valise (1). 11 nous servira comme pièces de démonstration pour une conférence d'un quart d'heure que nous irons faire à domicile, afin de solliciter en faveur du coq gaulois le plus grand nombre possible d'adhésions parmi le monde politique, militaire, artistique, littôraire, savant, etc.

Et lorsque nous aurons réuni un nombre suffisant de signatures, nous adresserons une pétition à la Chambre des Députés et, si nous échouons là, nous aurons recours à un moyen magique qui ne peut pas manquer son effet.

Nous répondons que la France aura son écusson national... pour l'Exposition Universelle de 1900.

Vive l'aigle russe !

Vive le coq gaulois !

En 1899, nous pûmes continuer avantageusement notre campagne grâce à l'apparition de la nouvelle pièce de 20 francs, gravée par Chaplain et qui porte un grand coq gaulois. Gel événement, nous pouvons dire que nous l'avons provoqué. Au sein d'une Commission qui tint plusieurs séances à l'occasion du concours pour la création d'un nouveau type de timbre poste, nous eûmes l'honneur d'avoir pour collègues MM. Chaplain et Roty et nous en profitâmes pour les entretenir directement de nos projets de restauration du coq gaulois et leur adresser ce que nous avions déjà publié à ce sujet. Ces conversations laissèrent, sans doute, une impression favorable dans l'esprit des éminents graveurs, puisque diverses médailles de M. Roty parurent depuis avec le coq gaulois, et que M. Chaplain obtint de l'Etat de le faire figurer sur les nouvelles pièces d'or.

Voici l'article paru à cette occasion dans Le Collectionneur tin 31 mais 1899 :

Pour se distinguer les unes des autres, sur leurs vignettes postales comme sur leurs monnaies, les nations choisissent des images synthétiques qui sont généralement, pour les monarchies, l'effigie du souverain, laquelle, à peu d'exceptions près, reste immuable quelle que soit la longueur du règne, l 'lusieurs républiques, comme celle des Etats-Unis, présentent aussi les effigies des anciens pré

(1) Aujourd'hui, notre musée a pris de l'extension ; il se compose de plus de 1,000 pièces et occupe un vaste local.

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sidents et des citoyens illustre mais la règle, qui n'aététr; gressée que par quelques ambitieux, veut, dans les républiques que cet honneur soit posl hume.

An lieu de l'effigie, ou concurremment avec elle, on voil encore les armoiries « 1 « ■ la plupart des Dations quelle que soil leur forme de gouvernemenl .

Enfin plusieurs pays, el la France est du nombre, ont choisi l'allégorie qui a le défaul d'être banale, c'est-à-dire de pouvoir, par un simple changement d'inscription, Bervir aux uns ou aux autres. > Ces! pourquoi, cherchant les dessins qui pourraienl le mieux convenir à nos timbres-poste, j'ai constaté que la République française, seule de toutes les nations, n'apas d'armoiries et j'ai cherché, dans la mesure de mes moyens, à combler cette singulière lacune, résultat des changements nombreux de régimes qui se sonl succédé dans notre pays depuis un siècle. El dans ce journal, j'ai pro] de reprendre l'antique emblème de la France : le coq, el de le mettre officiellement dans L'écùsson bleu au lieu de l'insuffisant monogramme R. F. qui a remplace les Heur- de lis et l'aigle.

(Cttc idée a été discutée dans les grands journaux, la plupart l'ont acceptée, d'autres l'ont combattue et il 3'esl de la sorte i un mouvement qui eut pour résultat de décider plusieurs ait à se servir du coq gaulois pour personnifier la France.

De ce nombre furent, très heureusement, d'abord M. Daniel Dupuis, qui sur les nouvelles monnaie- de cuivre mit un coq au casque de la France et aujourd'hui M. Chaplain, dont la pièce de 20 francs porte au revers un grand coq qui soulevé de nouveau la polémique.

Une note parue dans le Figaro et reproduite par divers journaux, critique en ces termes le choix du coq gaulois :

« Ce n'est pas la faute de M. Chaplain. si au revers de cette pièce figure un grand coq qui n'a nullement le caractère héraldique et qui consacre une erreur historique trop souvent renou- \ elée. I icpuis un siècle, tous les savants et tous le-* numismates ont protesté contre l'idée de faire du coq l'emblème de l'ancienne Gaule devenue la France ».

Or, il importe de ne pas laisser passer sans réplique de telles affirmations qui sont elles-mêmes autant d'erreurs.

Ce qu'on voudrait, à n'en pas douter, c'est restaurer les fleurs de lis dans l'écusson national, en attendant mieux. < »n préteud nous faire croire qu'elles sont devenues notre emblème, parleur long usage el parce qu'on les a quelquefois appelée- les armes de France. Le sens populaire ne s'j trompe pas ; qu'il y ait une ou plusieurs fleurs de lis, c'est pour lui, avec le drapeau blanc, le symbole de nos rois déchus. Tous les Bourbons, qu'ils soient de Naples, d'Espagne ou d'ailleurs, n'ont-ils pas dan- leui les trois Heurs de lis d'or sur champ d'azur?

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