C’est là de l’observation courante
Nous signalerons encore un fait de ce genre qui vient de se présenter à nous.
U11 jeune homme porte depuis 5 mois pour le moins une tuberculose nodulaire assez étendue du sommet droit qui a donné lieu à une série d’hémoptysies assez sérieuses.
L’expectoration régulière se compose d’une dizaine de crachats muco-purulents sans forme bien spéciale, à ivant sans précautions
PNEUMONIES ET PLEURO-PNEUMOXIES TUBEUCULEÜSES 77
assez souvent que l'expectoration se compose alors exclusivement de crachats de désagrégation du foyer pneumonique, et que les sommets ne recommencent à suppurer vraiment qu’à l’époque où le foyer est presque tari. On dirait bien que la lésion tuberculeuse préexistante reprend sa liberté d évolution dès qu’elle n'est plus bridée par l’activité prépondérante et dérivative de la pneumonie intercurrente. Elle se comporte alors bien ou mal, comme elle l’aurait fait sans cet intermède, et cela suivant la résistance organique du malade.
C’est là une succession de faits cliniques que l’on est appelé à observer. Nous pouvons racon-
sévères, il fait il y a 3 semaines une attaque aiguë, fébrile, répondant à l’apparition d’un foyer soufflant à la partie moyenne du poumon droit. Il vient au sanatorium.
Le premier examen montre une pneumonie nécrosante sousscissurale logée dans le lobe inférieur droit, plus près de la colonne vertébrale. Le centre du foyer est à peine ramolli. Fièvre modérée.
Le sommet droit est infiltré, mais les bruits y sont plutôt secs.
L’expectoration se compose d’un petit ou de deux débris de crachat ainygdalien provenant certainement du foyer pneumonique, et d’une ou deux mucosités arrondies qui viennent du sommet. Car le malade les assimile entièrement aux 10 ou 12 crachats qu’il rendait avant son attaque aiguë. Après quelques jours de repos absolu, ces expectorations muco-purulentes du sommet avaient totalement disparu et tout se réduisait jusqu’à nouvel ordre au petit crachat ainygdalien pneumonique.
Ici la pneumonie nécrosante avait arrêté en quelques jours l’activité de la lésion du sommet et rapidement tari l’expectoration qui y prenait naissance.
ter brièvement l’histoire de deux malades qui l’ont présentée dans toute sa pureté.
Un jeune homme robuste, après une période de surmenage de toute nature, fait une tuberculose nodulaire du sommet gauche qu'il traîne pendant des mois, sans rien changer à son genre de vie et se livrant volontiers aux boissons alcooliques. Il est brusquement arrêté par une pleuro-pneumonie siégeant en dehors du mamelon gauche et nettement séparée des lésions du sommet dont l’activité s’arrête du coup.
Envoyé rapidement au sanatorium, le malade suit une hygiène sévère. La pneumonie nécrosante évolue bénigne, et, après avoir présenté les signes caverneux les plus nets, guérit complètement en quelques mois. Mais, comme c'est la règle, le sommet recommençait à fournir quelques crachats.
Le malade, se voyant une belle santé générale, se crut guéri, même de sa lésion première, et malaxé tous les conseils se laissa aller à boire de nouveau. Le foyer pneumonique ne donna aucun signe d’activité, mais la lésion du sommet reprit son essor, amenant une phtisie suhaiguë que rien n arrêta.
L’autre cas concerne un jeune homme grand, sec, ayant échappé à la tuberculose de croissance, mais devenu phtisique au début de ses éludes médicales. Il portait sans réaction notable une infiltration localisée du sommet droit. Survint une
pleuropneumonie nécrosante logée un peu en avant delaligne axillaire droite à la hauteurdela 4e cote. Cette lésion secondaire donna lieu à des phénomènes cavitaires pendant quelques mois, pui& guérit totalement, au moins en apparence. Mais quand toute sécrétion purulente y parut tarie, le sommet du poumon qui pendant tout ce temps n'avait guère fourni d’expectoration, reprit une activité nouvelle, s’infiltra de plus en plus, et finit par se ramollir et s’excaver à son tour.
11 est juste de dire que le malade, malgré tous les soins, n'avait pu arriver à acquérir une résistance organique suffisante. 11 avait satisfait à la guérison de sa pleuro-pneumonie, accident secondaire, grâce à la cure de repos intensive qu'il avait suivie, mais il était incapable de lutter contre la tuberculose elle-même qui le guettait depuis des années.
A coté de ces exemples à issue malheureuse, tenant ici à une constitution insuffisante et irréparable, là à une erreur de traitement et d’ hygiène, on voit des cas nombreux dans lesquels les malades guérissent d’abord leur pleuro-pneumonie, et, continuant à se soigner, triomphent aussi de 1 activité nouvelle qu’a pu prendre la lésion première de leur sommet.
Enfin, chez les sujets que leur constitution délicate d’origine ou trop affaiblie par des causes variées, rend incapables de lutter contre leur tuberculose préexistante, il est clair que la pneu-
• ES EMBOLIES BRONCHIQUES TUBERCULEUSES
So
morue nécrosante est presque toujours une grave complication qui peut les emporter par ses allures de phtisie galopante, ou bien donner le coup de fouet à l’activité néfaste de leurs lésions antérieures.