IL — PRONOSTIC
Le pronostic des embolies bronchiques tuberculeuses est fort variable, cela va de soi, si l’on Saiiourin. I I
iGa
lient compte des formes cliniques que nous avons signalées. Il n’y a évidemment aucun rapport à établir entre les simples points de côté fébriles que nous avons toujours vus se comporter comme des incidents sans valeur, et les pleuro-pneurnonies nécrosantes . Les embolies pleuro-palmonaires superficielles qui tiennent le milieu entre ces deux extrêmes sont en général de grande bénignité. Mais il ne faut pas oublier que lorsqu'elles sont multipliées, se succédant à de courts intervalles, elles peuvent caractériser le début de certaines phtisies galopantes. C’est en somme au sujet des infarctus pneumoniques que la question du pronostic acquiert tout son intérêt.
Tout dans cette affection concorde pour faire supposer qu’elle est grave. C’est la réalité. Mais celte gravité n’excède pas de beaucoup celle de la tuberculose pulmonaire en général. Ou’on en juge parla statistique suivante.
Nous relevons une centaine au moins d’observations de ces infarctus à tous les degrés déAolution, jusqu’à l’état de caverne volumineuse, et nous trouvons sur ce nombre une trentaine de guérisons parfaites, y compris neuf cavernes autant démontrées qu'il est possible, sans parler de toutes les lésions d’apparence caverneuse que nous avons supposé n être point des cavernes vraies. C’est donc là une bonne proportion de guérisons au point de vue de la phtisie pulmonaire en général.
iG3
DIAGNOSTIC, PRONOSTIC ET TRAITEMENT
Lorsqu’on a \u et suivi un grand nombre de malades atteints d'infarctus tuberculeux, on acquiert facilement la conviction que cet accident, s'il était soigné dès le début, guérirait presque toujours, chez les sujets capables de guérir la tuberculose pulmonaire en général. Ce qui tue les phtisiques atteints d’infarctus tuberculeux, ce n’est pas cet infarctus lui-même. Mais c’est comme toujours leur débilité native ou acquise qui les met hors de combat ; c’est une tare quelconque qui collabore à leur déchéance ; c’est l’étendue des lésions tuberculeuses préexistantes ; c'est le surmenage qui en fait des infectés de tout l’organisme ; c'est enfin 1 absence de traitement approprié à ce genre d'affection.
Lorsqu’on voit en effet, avec quelle facilité, chez un sujet de constitution suffisante, s’arrêtent les accidents, dès qu’on le met à la cure rationnelle ; quand on voit, après quelques jours de cure d'air et de repos, s'évanouir les grands phénomènes caverneux les mieux caractérisés ; lorsqu’on voit le foyer pneumonique se rétrécir d’un tiers ou de la moilié de sa surface apparente, et disparaître comme par enchantement tous les râles humides et autres bruits anormaux qui l’entouraient, en même temps que les crachats plus ou moins caverneux se réduisent dans le même temps au quart de leur taux antérieur ; lorsqu'on voit toutes ces modifications aussi étonnantes que rapides, sans compter celles non moins merveillcu-
LICS EMBOLIES BRONCHIQUES TUBERCULEUSES
iG4
ses qui se produisent dans l’état général du malade ; on est tenté de croire que l’embolie tuberculeuse par elle-même ri’est point chose si grave peut-être, et que dans bien des cas c’est le patient qui plutôt fait l’infarctus autour de son embolie, et par la suite fait la gravité de son infarctus. Et tout cela malheureusement parce qu’il suit neuf fois sur dix l'hygiène thérapeutique contraire à celle qu’exigeait son embolie tuberculeuse. Nous ne voulons pas dire, car nous n’en savons rien absolument, que certaines embolies ne sont pas graves par elles-mêmes, que dans certains cas le choc primitif ne produit pas une lésion vouée fatalement à la nécrose centrale et à l’excavation caverneuse, mais nous sommes porté à croire que ce ne doit pas être la règle.
L'esquisse rapide que nous avons faite des pleuro-pneuinonies nécrosantes avortées vient absolument à l'appui de semblable notion. Et notre conviction est que nous avons vu maintes fois avorter sous nos yeux des lésions qui auraient abouti à la nécrose si les malades qui les portaient étaient demeurés en état de surmenage, au lieu de se soumettre à la cure rationnelle.