IV. - INCIDENTS
Les pleuro-pneumonies scissurales sont, comme toutes les autres, susceptibles de donner heu pendant leur évolution à une série d incidents pathologiques intéressants. C est monnaie courante dans leur histoire de voir les congestions pleurales ou plcuro-pulmonaires d origine menstruelle ou autre, avec toutes les particularités remarquables que nous avons signalées plusieurs fois.
Les crises de suppuration éliminatricc, les lié-
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moptysies ne méritent point ici de mention particulière. Mais nous signalerons brièvement trois sortes d’incidents ou complications qui valent d’être mis en relief parce que leur appareil symptomatique est justement commandé par la disposition anatomique des scissures pulmonaires. Ce sont: i° le point de côté scissural fébrile ou crise aiguë de pleurite scissurale ; 2° le pneumothorax scissural ou interlobaire ; 3° l’épanchement pleurétique interlobaire.
i° Le point de côté scissural aigu. — Toutes les lésions implantées sur les scissures, qu’elles soient marginales ou profondes, peuvent donner lieu à la douleur locale ou irradiée, soit spontanée, soit à la pression du doigt.
Les lésions marginales en particulier produisent généralement une douleur locale autochtone et un point de côté d’irradiation, soit latéral soit antérieur, véritables points névralgiques pleuréliques.
Mais dans les lésions juxta-scissurales profondes, on peut obsen^er des crises douloureuses qui, par la multiplicité et la localisation de leurs points névralgiques, dessinent sur la paroi thoracique le trajet apparent des scissures.
Nous avons admis, d’après la clinique, que la plèvre interlobaire réagissait au voisinage des lésions pneumoniques nécrosantes pour former des lames pleurétiques s’étendant ou non jusqu’aux marges scissurales. Il est probable que la plupart
du temps la formation de ces pleuritcs adhérentielles perd ses symptômes propres au milieu des symptômes plus marquants de la pneumonie elle-même et des infiltrations congestives de voisinage. Mais chez quelques malades, dont l’affection était bien caractérisée, et même déjà en voie de guérison manifeste, nous avons assisté à des crises fébriles et douloureuses qu’on ne saurait attribuer à une autre cause qu’à une poussée inflammatoire de la plèvre interlobaire, et sinon franchement inflammatoire, tout au moins congestive. Fièvre intense de plusieurs jours de durée, douleurs profondes mal définies, et douleurs périphériques émergeant sous les côtes, en points de côté multiples qui dessinaient nettement à l'extérieur le trajet de la marge scissurale depuis la 4e côte en arrière jusqu’à la 6e en avant.
Chez l’homme nous avons vu cette crise coïncider avec une fatigue intempestive, un chaud et froid ; chez la femme nous l avons vue compliquer la période menstruelle ; une autre fois elle a paru causée par une attaque de suppuration éliminatrice se passant dans le foyer pneumonique.
C’est là un incident pathologique pénible, mais que nous avons toujours vu se comporter de façon bénigne.
2° Le pneumothorax scissural. — Les expansions pleurétiques diverses, conséquences de la pleuropneumonie, peuvent avoir pour effet de fermer
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totalement sur sa marge la plèvre scissurale, ou bien de circonscrire des loges closes entre les lobes du poumon.
Dans ccs conditions un loyer pneumonique nécrosant peut s ouvrir dans les cavités ainsi formées cl le pneumothorax scissural ou interlobaire est constitué. Nous en avons relaté en détail une observation remarquable dans les archives générales de médecine (igo5).
3° L'épanchement pleurétique interlobaire. — La pleurésie interlobaire nous paraît être en général un accident causé par la pneumonie nécrosante juxta-scissurale, que le foyer soit implanté plutôt sur 1 mlerlobe, ou qu'il soit implanté plutôt suite bile du poumon. Il est vraisemblable qu’entre les pleurites interlobaires membraneuses simplement infiltrées de sérosité, et les pleurites interlobaires avec épanchement plus ou moins copieux, il n’y a qu’une question de degré, et que dans tous les cas il s’agit de pleurésies méla-pneumoniques.
Nous mentionnons simplement cette donnée théorique, devant étudier bientôt à part les pleurésies interlobaires.