CHAPITRE SiiPTlEME
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Schmidt et les d'eux sœurs étaient visiblement émus de cette cordiale proposition ; cependant ils se consultèrent du regard.
— Mille reinercîments , monsieur Burgwillers, reprit enfin Kretlo, mais vous n'avez pas trop pour vous. Peutêtre votre sœur Marguerite... .
— Ma sœur trouvera bon que je fasse ce qu'il me plaît, répliqua l'ancien marquard d*un ton sec. Tenez, mademoiselle Kretle, vous n'aimez p^as l^jeauço^ijp Marguerite jarçe ^(^H^Ue ,a |;h^bjtu4e., délaisser courir ^a langue au hasard;
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cependant ce n'est pas une mauvaise femme, et puis, elle ne peut plus mordre sur l'un et sur l'autre à préseut qu elle est enfermée seule chez nous avec ce petit moncaud qui n'entend pas^ un mot de langage chrétien. D'ailleurs, il n'y a qu'un maître au logis, et ce maître, c'est moi.
Juha, de son côté, paraissait avoir certains scrupules <f accepter.
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— Nous vous sommes bien reconnaissantes, monsieur Burgwillers, reprit-elle avec embarras ; mais notre père ne peut tarder à revenir de la ville, et il rapportera sûrement des provisions.
— Bon ! chère petite, il ne peut rapporter grand' chose sur la croupe de son cheval par cet effroyable temps de dégetet de fonte de neige... Acceptez
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mes offres, vous dis-je, et qui vivra
verra.
K relie fut la première à se décider.
— Allons ! dit-elle, ne faisons point les fiers avec un vieil ami comme le voisin Burgwillers.
— Partons donc, Schmidt, interrom-
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pit le marquard en se levant lui-même ; le jour baisse, et la prairie est assez mal habitée pendant la nuit. D'ailleurs, il faut que vous soyez ici avant le retour de Retêr.
Schmidt ne résista pas davantage et alla chercher une espèce de hotte en écorce qu'il jeta sur son dos. Puis, saisissant sa carabine, il vint rejoindre Burgwillers.
— Voisin, lui dit-il en lui serrant la
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main, vous êtes un brave homme, et je n'oublierai jamais le service que vous rendez à cette chère famille. .. Ah ! Burgwillers, si vous vouliez enfin entendre la raison et ne pas vous mettre dans la ièie certaines folies...
— Laissons cela, et en route! Nous causerons de mes affaires une autre fois, Srchmidt, Car je sais que Vous êtes de bola conseil. Pour le moment; il s'agit de nés ato»> et j'ai hâte de s?àvôir Itiïr garde-
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manger mieux fourni... Pauvre Reber!
pauvres enfants !
On sortit de la maison et Ton se dirigea vers la porte des palissades. Le soleil était couché et d'épais nuages étendaient sur le ciel un voile uniforme ; une lumière blafarde, qui se rembrunissait de plus en plus, éclairait vaguement les solitudes du steppe. Le dégel continuait avec une force croissante; J'eau dégouttait de toutes parts,
LIS BMIGRAIITS. '^ 9S
et l'on voyait des milliers de petits ruisseaux se former çà et là sous la couche de neige. Les glaces de la rivière voisine craquaient toujours et semblaient devoir à chaque instant se briser; d'autre part, le chien de garde ne cessait de liurler et de secouer sa laisse comme s'il eût flairé quelque péril,
et ni les caresses ni les menaces des
■'lîoono'î nofi nq<- -r/iï jhbfTfîTi
deux sœurs ne purent lui imposer
silence.
— Bahl dit Burgwillers, il sent les
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cayotte^ qiy^, s^ çetie, hçiirq dvi soir, viennent rôder autour des habitations.
Schmidt était lui-même de cet avis ; cependant il recommanda expressément aux jeunes filles de n'ouvrir la porte extérieure qu'à leur père et à lui, et il franchit avec son compagnon l'enceinte des palissades.
— Refeuez-nous bien vite, Schmidt,
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lui dit Kretle en le suivant des yeux; nous allons être bien inquiètes jusqu'à votre retour.
— Et vous qui recommandez tant la prudence aux autres, s'écria Julia, soyez prudent pour vous-même.
Schmidt se retourna: pour les remercier par signe de leur soUidtude, et les
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deux amis disparurent bientôt dans la brume.
Les demoiselles Réber, avant de rentrer, jetèrent un long regard dans la direction de la forêt; mais leur père n'arrivait pas, et elles replacèrent en
soùpiranfles traverses de bois qui assu-
. . . , , - - y iijoq Uiàliii'ïi. jetissaient la porte. *
A peine étaient-elles rentrées que Polak se mit à aboyer avec une force nouvelle.
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La pauvre bête avait bien ses raisons pour crier. Un jeune Indien, drapé dans sa couverture, le visage bariolé de peintures jaunes et rouges, et son arc à la main, s'était glissé en rampant jusqu'aux palissades, et par les interstices des pieux jetait dans Tenclos un regard avide. Ni les sœurs ni Schmidt n'avaient pu le voir; mais Polak le sentait, et avec cette aversion instinctive, mêlée de terreur, que les animaux domestiques éprouvent pour les Indiens , il donnait Talarme de tout son pouvoir.
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