CHAPITRE HUITIÈME
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La rencontre.
Cependant Reber, ayant terminé ses affaires à Stockton , s'était remis en route, deux heures environ après midi, pour retou mer chez lui. Il pouvait donc
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faire aisément avant la nuit les dix ou douze milles qui séparaient la ville de son habitation. Le chemin à travers les bois lui était familier ; à défaut d'autres indices, il reconnaissait parfaitement sur la neige fondante les traces que son cheval y avait laissées le matin, et tout annonçait que son petit voyage s'accomplirait sans malencontre.
Nous savons, quelles press antes nécee^p, sites l'avaient obligé de se r^ûdre à h: • iiub jiovJJo* ' i'^'i'ï ''"
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vUle ; il falluit absolument qu'il se procurât des ressources pour vivre et faire vivre sa famille jusqu'à la récolte pror chaine. Les fonds apportés de France et ceux plus considérables avancés par le consul de New-York avaient été employés à. payer ses constructions, ses bestiaux, la main-d'œuvre de ses défrichements; il avait même dépensé les cent dollars de Schnaidt, que le généreux garçon l'avait forcé d'accepter. Il oe restait plus rien de ces diverses sommes, et, d'autre part, les provisions de la maison se trouvaient énuisées. Il j allait
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donc d'un intérêt capital que le colon se procurât sur-le-champ de nouveaux subsides.
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Il avait voulu d'abord s adresser a l'obligeant consul de New-York, car il n'éprouvait aucun scrupule de contracter dés emprunts modérés pour les besoins de sa famide . En effet, sa propriété avait quadruplé de valeur depuis qu'elle était en exploitation, et elle pouvait servir de garantie à des sommes beau*
coup plus considérables que celles dont elle était grevée. D'ailleurs il comptait, en dépit de lui-même, sur cette cassette enfouie qui contenait tant d'or, de dia^ mants et de billets de banque. Aussi n' avait-il pas hésité, en s'apercevant que l'argent allait lui manquer, à écrire au consul pour lui demander un nouvel emprunt de quelques centaines de dollars; mais, à son grand étonnement^ cette lettre était' restée , sans réponse depuis plusieurs mois. rr.q in.
Poussé à bout, il avait dû songer
alors à chercher assistance d'un autre côté; mais à qui s'adresser? La plupart des colons, ses compatriotes, se trouvaient dans une situation plus précaire encore ; ils avaient renoncé à cultiver le terrain qui leur était échu en partage et abandonné leurs concessions pour chercher ailleurs des moyens d'existence. Burgwillers était plus riche; mais sa folle inaction, les fausses idées qui le dominaient , permettaient de Tprévoir qu*avant peu il aurait besoin lui-même de toutes ses ressources. Enfin Reber, après s'être consulté longuement avec
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Schmidt, son eonseiller ordinaire, avait pris la résolution de s'adresser à l'inévitable Jones, qui, en sa qualité d'agent de la compagnie William Bell, était dépositaire de fonds considérables et faisait la banque ou plutôt l'usure avec les colons.
Or, Reber venait de terminer sa négociation avec tout le succès désirable.
Il avait trouvé Stockton augmenté d'un certain nombre de huttes de bois et
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même d'une véritable maison de pierre; plusieurs centaines de nouveaux émigrants y étaient arrivés depuis peu, et la colonie commençait à mériter ce nom de ville qu'on lui avait donné prématurément. Le révérend facteur, enchanté de cette prospérité croissante, avait élevé des difficultés seulement pour la forme à la demande de Reber. Enfin M. Jones avait consenti à lui prêter deux cents dollars, moyennant un intérêt de cinq pour cent par mois. Le taux était exorbitant , mais il n'excédait pas de beaucoup les intérêts usuraires. .que. l'on
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exige des cultivateurs dans les pays neufs. Encore fut-il convenu que le quart seulement de cette somme serait soldé en argent; les trois autres quarts devaient être payés en nature, c'est-à-dire en grains, farine et salaisons, sur lesquels le factotum de Stocitton prélevait déjà un énorme bénéfice.
Les deux parties étant tombées d'accord sur tous les points, Reber souscrivit son obligation, toucha les cinquante Vil u
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doHars qui lui revenaient, et choisit dans les ma(^asins les provisions qui lui étaient nécessaires. Par malheur, le dégel et le mauvais état des chemins ne permettaient pas de transporter immédiatement toutes ses acquisitions à la colonie des Deux- Sœurs, c'est ainsi quo dans le pays on appelait l'hahitation de Pteber. Aussi, en attendant que le voyage fut possible à un chariot chargé, le colon dût-il se contenter de remplir de vivres un grand sac qu'il attacha sur la croupe de son cheval, et ce secours
semblait devoir suffire à sa famille pendant plusieurs jours.
Cette affaire arrangée, Reber éprouva une nouvelle satisfaction à peine moins vive que la première. M. Jones, qui était directeur de la poste de Sockton, comme il était le ministre, le juge et le banquier de la colonie, lui remit une lettre à son adresse, datée de New-York^ Cette lettre, la première que le colon eût reçue depuis son arrivée dans le
Kansas, était de Girard, le secrétaire du consul , et expliquait en partie le silence alarmant que Ton gardait vis-à-vis de lui.
M. ***, le consul qui s'était montré si bienveillant à l'égard de Reber et de sa famille, avait été appelé en France pour remplir une haute mission diplomatique, et son successeur au consulat de New- York n'était pas encore arrivé à cette résidence. En l'absence du fonctionnaire
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en titre, la direction des affaires appartanait a un subalterne qui ne suivait pas les traditions du précédent titulaire- Malgré les recommandations expresses de son ancien protecteur, Girard avait été révoqué de son emploi. Son influence était nulle désormais au consulat, et, comme il n'avait pas qualité pour agir au nom de Reber, il ne pouvait fournir aucun renseignement sur les recherches auxquelles avait dû donner lieu en France la succession de MmeDietrich. En coriséquencé, il priait le colon, soit d'écrire directement aa
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consulat de New- York pour rédamer des explications qu'on ne pourrait lui refuser, soit de lui adresser à lui, Girard, un pouvoir authentique pour les réçlamçr en son nom. La lettre se terminait par des conseils et des encouragements, témoignant de la vive affection que, ce brave homme conservait pour ses protégés.
Tel était, en substance, le contenu de cette lettre* Si, elle n'apportait aucune ,
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nouvelle favorable, loin de là, du moins ne fermait-elle pas tout à fait la porte à l'espérance. Le colon résolut de prendre les mesures les plus promptes pour savoir enfin à quoi s* en tenir sur l'existence réelle ou prétendue de la cassette.
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