CHAPITRE TROISIME
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L'arrivée. (Suite).
Reber et ses filles demeuraient plongés dans une consternation muette. La voiic nasillarde du Févérend ministTd
vint interrompre leurs tristes pen-
ftées.
— Yous voyez, monsieur Reber, ditil, que le Seigneur ne vous a pas mal partagé dans la distribution de ses biens. Quoique vous soyez sur la limite de l'oasis de Stockton, il y a d'excellents morceaux de terre dans votre lot, et le ciel vous a traité comme un de ses fa- Toris. Aussi j*espère que vous viendrai le plus souvent possible avec votre famille le remercier dans son temple, à Stockton, et que vous voudrez bien m»
LES ÉMICRVNTS. S^
considérer comme votre pasteur, moi qui aurait été pour vous le distributeur de ses grâces.
Reber ne répondit pas; sombre, les bras tombants , l'œil fixe , il n'osait se tourner vers ses deux filles, M. Jones poursuivit :
— Nous nous occuperons demain matin de déterminer vos limites, car il est tard, le froid commence à se faire
54 LES ÉMIGr.ANTS.
sentir, et nous devons nous hâter de prendre nos dispositions pour la nuit.
Rien ne nous empêche de bivouaquer ici; la forêt nous protégera contre le vent qui balaye la plaine. Quant à votre habitation définitive , vous l'établirez sans doute sur ce mamelon que vous voyez en face de nous ; vous y seriez à l'abri des inondations, car, s*il faut Tavouer, la rivière est sujette à des crues subites dans la saison d'hiver ; et puis vous n'auriez rien à craindre des incendies que les Indiens ou les chasseurs allument parfois dans la prairie.