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DEUXIÈME PARTIE

Les théories

Les exemples précédents, malgré leur peu d'étendue, montrent suffisamment à quoi doit viser notre analyse et ce qu'on doit en attendre d'après nos prévisions actuelles.

Ils sont môme, à mon sens, assez nombreux et assez variés pour nous donner une idée des phénomènes physiologiques fondamentaux qui entrent en jeu dans nos émotions-. On voit qu'elles atteignent toutes les fonctions du système nerveux; tantôt elles se manifestent par des troubles de l'innervation, c'est-à-dire des troubles de l'impulsion motrice qui, par le

moyen des nerfs, atteignent les muscles et partiellement les glandes ; tantôt, mais d'une façon moins frappante, par des troubles de la sensibilité, hyper- ou hypo-esthésie ; enfin par des troubles de l'intelligence, dépression ou exaltation de l'activité mentale.

Les troubles de l'innervation ne sont pas seulement le caractère le plus saillant de l'émotion, mais, comme je le montrerai tout à l'heure, leur expression physique immédiate et essentielle ; ils s'étendent aux diflérentes parties du système musculaire tout entier, atteignent tantôt les muscles volontaires, tantôt les muscles des vaisseaux, tantôt enfin l'appareil musculaire des différents viscères.

Ces troubles peuvent être de différentes sortes : ou bien l'innervation est augmentée et les muscles se contractent plus facilement et plus fort qu'à l'ordinaire ; ou bien elle est diminuée et nous trouvons de la fatigue, de la faiblesse, du relâchement dans les vaisseaux sanguins et les autres organes musculaires ; ou bien encore l'innervation, sans être pour cela nécessairement augmentée ni diminuée, peut se distribuer irrégulièrement dans les

muscles avec une intensité variable et sans règle suffisante, d'où manque de précision dans les actions collectives des muscles, incoordination (19).

Les troubles de l'innervation qui atteignent les différentes parties du système musculaire ne sont pas parallèles dans les diverses émotions. Le système volontaire par exemple peut être paralysé, tandis que l'autre, le système vasculaire, se trouve clans un état spasmodique1. Il en résulte une série de combinaisons diverses représentées par les diverses émotions; or, puisque nous avons affaire à trois systèmes musculaires dont chacun peut être sans doute affecté de trois manières différentes, alors que souvent un ou deux seulement présentent des troubles fonctionnels, il semble qu'on puisse calculer sur le papier 427 combinaisons différentes d'expressions physiques, rien qu'en ce qui -concerne les troubles de l'innervation.

Naturellement on ne peut admettrez priori

(1) Feut-être cependant les troubles fonctionnels des muscles vasculaires et des autres muscles organiques sontils les mêmes.

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que toutes ces combinaisons hypothétiques se réalisent, et d'autre part la différence d'intensité relative des phénomènes particuliers est cause d'un nombre infini de nuances.

Toutefois, pour les six formes d'émotions dont j'ai parlé plus haut, on pourrait dresser le schéma ci-contre :

Il est donc évident qu'on a tort de poser comme règle générale et sans autre explication que les émotions sont accompagnées d'une augmentation de l'activité musculaire '.

On a également tort, qu'on se place au point de vue

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