‹ Les émotions de Polydore Marasquin (volume 2)Chapitre 2 sur 6 · H2 LES ÉMOTIONS · texte numérisé non relu

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ment même doucement tirer par le bras; je fais un mouvement, je tourne la tête... Une figure suppliante me regardait. Cette douce et suppliante expression qui semblait rayonner du fond d'une intelligence humaine, jaillissait des yeux de Saïmira ; oui, de Saïmira, que je retrouvais dans cette île comme j'avais retrouvé le babouin, et par la même raison, sans doute, que j'y avais rencontré le babouin. Ma charmante chimpanzée s'efforça de nouveau de me faire comprendre en me tirant par le bras et en me regardant avec une persistance significative, que je devais la suivre. Voyant que je résistais encore, elle poussa plusieurs petits gémissements et me lécha les mains. Elle avait, pour ainsi dire, parlé d'abord; elle priait maintenant. Évidemment je courais quelque grand danger. Je la suivis. Sa joie fut complète alors. Et comme en marchant dans les hailiers elle baissait la tête, je devinai son intention, je la baissai aussi. Il y avait péril pour moi à être vu. Au bout d'un quart d'heure de cette marche furtive dans les hautes bruyères, nous parvînmes à un endroit que je supposai être le derrière des maisons aperçues par moi dans

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réloignement et dont l'aspect m'avait envoyé tant d'allégresse et tant de confiance. Saïmira m'arrêta. Que voulait-elle ? Me montrer sur la gauche une rangée de cages dont toutes, excepté une seule, étaient ouvertes et vides. Saïmira s'approcha de la cage fermée ; elle m'y attira. Je regardai. Le prisonnier,' c'était Mococo, l'autre chimpanzé, celui que j'avais vendu avec Saïmira le jour de ma grande vente au viceamiral Campbell. Mococo I

Mon premier mouvement est d'ouvrir sa cage au pauvre chimpanzé. Le voilà donc libre. Mais libre, mon cher Mococo hésite s'il ira vers Saïmira ou vers moi qu'il reconnaît. Son cœur est partagé. C'est vers moi qu'il s'élance. Il appuie, comme un enfant, pendant plusieurs secondes sa tête sur mon cou. Elle y reste collée. Je sentais battre sa poitrine. Quand il eut bien tendrement promené ses deux mains sur mon visage et touché mes joues avec son museau, il se précipita à terre et posa sa patte frémissante sur le dos de Saïmira, tandis que la gentille Saïmira posait sa main sur lui. Il dut s.'échanger entre ces deux êtres, qui avaient évidemment souffert d'une dure séparation,

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