‹ Les émotions et la volontéChapitre 106 sur 194 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

1. — La conclusion du chapitre précédent prouve qu'il est temps d'aborder l'étude des différentes sortes de motifs. Jusqu'ici nous n'avons employé que des désignations générales, plaisirs et souffrances, qui résumaient toutes les causes qui ont de l'influence sur la volonté. Nous savons cependant déjà qu'il faut tenir compte des circonstances qui modifient la marche de l'activité volontaire de l'homme. Les émotions tendres, la peur, la colère, se servent du mécanisme des organes volontaires tout en nous pressant d'agir, semble-t-il, en dehors de toute considération agréable ou désagréable. Ce fait demande une explication. Indépendamment des anomalies, des exceptions à la loi générale qui régit la volonté, il y a dans les combinaisons des motifs une grande variété proportionnée à l'actualité ou à la l'attente du plaisir. L'élément intellectuel, le souvenir, tient évidemment une place importante lorsque surtout la souffrance ou le plaisir n'opèrent qu'en idée, par anticipation, ne sont que les échos des expériences passées. De plus nous travaillons le plus souvent à atteindre un but qui en lui-même nous est indifférent, mais qui a de la valeur comme nous permettant d'aller au delà, bien que souvent nous perdions de vue cet objet ultérieur, tout occupés que nous sommes dans la poursuite des objets rapprochés. Le fermier met autant d'empressement à rentrer ses moissons qu'à venir prendre sa nourriture ou à se protéger contre les grands froids de l'hiver. Nous passons notre vie à poursuivre ces fins intermédiaires.

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