Je dois maintenant passer à une autre classe d'habi
CONTRÔLE J)E l' ATTENTION 'l'l\
iLides roudées sur la résistance aux sollicitations des sens, c'est-iVdire au contrôle habituel de l'attention dirigée contre les distractions, les diversions, causées par les objets extérieurs. Les sens reçoivent sans cesse les impressions du dehors, et, s'il survient quelque chose d'agréable, la puissance volontaire en retient l'elïet, et détourne les énergies actives de tout autre objet moins agréable; d'un autre côté, une impression pénible stimule encore la volonté qui cherche à fuir le mal. Enfin, bien que parfois des plaisirs ou des souffrances intenses se trouvent réunis, cela n'est pas fréquent; mais parmi la foule de sensations qui naisseut du hasard nous sommes frappés par nos sens d'une multitude de petits plaisirs, de petites souffrances. Chacune de ces petites impulsions a son stimulus volitionnel et si un agent plus puissant, une volition ou une volonté, n'est pas présent, l'esprit est sans cesse tiraillé dans toutes les directions. C'est surtout chez les enfants que nous trouvons cet éparpillement de l'attention. Il faut se soumettre à une véritable éducation pour résister à mille sollicitations diverses et pour garder son intelligence fixée sur un seul point. Dans ce cas le but à atteindre, c'est l'indifférence pour ce qui d'abord cause du plaisir ou de la souffrance. Nous ne pouvons jamais nous soustraire aux impressions du toucher, mais nous pouvons contracter l'habitude de ne pas y faire attention. L'esprit étant occupé ailleurs, les courants nerveux ne viennent plus ahmenter la susceptibilité tactile, si bien que même lorsqu'il y a peu de chose pour détourner notre attention, nous sommes à peine sensibles à l'impression que produisent nos vêtements sur toute la surface de notre corps. L'oreille présente des exemples non moins remarquables du même fait. Les sons produisant en général une impression plus vive, plus aiguë, que le toucher, il n'est pas si facile de leur devenir insensible. Lorsque les circonstances sont favorables, cela peut pourtant arriver. Nous pouvons contracter l'habitude de ne pas écouter certains bruits, une conversation. Pour en arriver là il faut d'abord n'avoir pas une oreille trop délicate, car sans cela ce serait extrêmement difficile. Il faut ensuite que quelque chose d'important détourne notre attention du bourdonnement de la conversation. Il y a quelques esprits si délicats par rapport aux sons, qu'ils n'arrivent jamais à l'insensibilité complète même pendant une demi-heure ; l'acquisition sera impossible Bain. — Émotions et Volonté. 28
pour eux par défaut de détermination initiale. Si nous pouvons trouver une manière de commencer, une occasion d'être un instant indifférents, nous avons une base sur laquelle nous pouvons édifier une habitude.- On peut appliquer les mômes remarques aux sollicitations de la vue. Il faut que nous acquérions une certaine indifférence pour une grande partie des scènes si étendues qui passent dans notre champ visuel, et dont tous les détails frappent probablement l'esprit de l'enfant. Nous apprenons à résister aux impulsions volitionnelles qui tourneraient nos yeux vers le point le plus agréable de la scène qui ncms environne, et à observer fidèlement l'objet peut-être peu attrayant, sur lequel il faut que notre attention soit fixée. Nous pouvons vivre entourés de beautés très grandes et être complètement indifférents à leur charme, excepté lorsque nous nous donnons à nous mêmes la permission d'en jouir.
7. — Beaucoup de nos habitudes sont prises en vue de réprimer les mouvements primitifs ou instinctifs du corps. J'ai essayé de prouver que les mouvements des membres sont comme une partie de l'organisme et qu'une tendance primitive incline tout le système à la communauté d'action. (Instinct.) C'est cette dernière tendance que nous devons surtout apprendre à gouverner. Il faut que nous supprimions ces mouvements des membres qui accompagnent instinctivement la parole, que nous résistions à cette espèce d'incendie qui fait qu'une excitation locale gagne rapidement et devient une activité générale. Ces acquisitions sont de la même famille que les acquisitions presque machinales dont j'ai parlé à propos de la loi de contiguïté. Je n'y reviendrai donc pas ici.
8. — Les émotions présentent un vaste champ d'étude pour le développement des habitudes. Nous avons étudié le contrôle et la suppression des émotions par la volonté; là il faut un effort plus ou moins considérable suivant le but poursuivi. Les nécessités diverses de la vie, sont les motifs de détourner les courants émotionnels ; après un certain nombre d'années, les premières luttes s'apaisent et se modifient sous l'influence de l'élément plastique. Quelques remarques achèveront de faire connaître les particularités distinctives des émotions considérées dans leurs rapports avec la formation et la confirmation des habitudes.