‹ Les émotions et la volontéChapitre 140 sur 194 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

1. — L'état d'esprit qu'on appelle crovance, espérance, confiance, assurance, conviction, implique participation de l'intelligence ; il faut que nous connaissions ou que nous concevions le fait que nous croyons. Mais connaître n'est pas tout dans cet état, nous devons encore savoir ce que nous croyons et ce que nous ne croyons pas, nous devons connaître la vérité et l'erreur.

La foi est souvent accompagnée d'une émotion forte, et cependant l'émotion seule n'arri\e jamais à la croyance. Des récits fictifs peuvent exciter l'esprit plus fortement que la réalité ; nous pouvons ne pas y croiie et trembler cependant en les écoutant, de plus nous pouvons être fermement convaincus sans être émus ; le mathématicien est aussi froid qu'il est convaincu lorsqu'il affirme qu'il croit à une proposition d'Euclide.

2. — Nous sommes donc conduits à nous poser cette question : la foi est-elle ou n'est-elle pas essentiellement liée à l'activité, c'est-à-dire à la volonté ? Je réponds par l'affirmative. Le seul, le véritable critérium de la croyance, c'est la disposition à agir dans le sens de ses convictions. Colomb prouva sa croyance que la terre était ronde et qu'il existait un océan ininterrompu entre l'Europe et la côte Est de l'Asie, en entreprenant ses voyages.

Dans la forme primitive de la volonté que l'on retrouve toute la vie, l'action commencée pour une première fois et qui apporte, soit une augmentation de plaisir, soit une diminution de peine, persiste. On peut dire que l'on croit que l'action nous donne du plaisir, mais l'expression est forcée, poiu^

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