OPINION DE M. SULLY
série d'exemples instructifs qui montrent combien la croyance est affectée par les associations intellectuelles, les émotions et les activités. Il arrive ainsi à expliquer les croyances illusoires qui viennent de l'oubli de la distinction entre les idées et les sensations.
Je ne crois pas que la théorie de M. Sully mette assez en évidence cette circonstance, que la croyance implique avant tout séquences de la nature ou ordre dans la nature. Le point sur lequel il appuie le plus est celui-ci : une idée présente ide la mémoire) a été une sensation. Cela est vrai, mais ce n'est qu'une partie de la vérité. Il serait plus exact de définir cette sensation une séquence. J'ai en ce moment, l'idée que l'eau appaiserait ma soif ; je dis alors que cette idée vient d'une sensation ou de plusieurs sensations répétées faites de cette séquence : l'état qu'on appelle soif et son soulagement par l'eau. Il est très important de savoir si oui ou non une idée nous ramène à une sensation ; car si cela n'était pas, nous devrions envisager d'une façon toute différente notre croyance en l'avenir ; mais il n'y a pas de cas où la croyance ne s'appuie pas sur une idée née d'une sensation qui implique séquence. A mesure que M. Sully avance dans son exposition, il trouve nécessairement que l'ordre de la nature est corrélatif à la croyance, et il appuie sur la distinction à faire entre le souvenir du passé, l'anticipation du futur, et la mémoire sans anticipation II rencontre naturellement la seule explication possible de ces différences dans les contradictions et les désappointements.
Je ne puis trop recommander à tous ceux qui s'occupent de cette question la lecture de l'essai de M. Sully ; il intéressera tous ceux qui, poussés par des motifs théoriques ou pratiques, étudient l' origine et le développement de nos croyances.