DÉFINITIONS DU MOT CONSCIENCE
veau que de dire ({ue la cousciencc rculernie un jugement comme celui cité.
Douzièmement. — Après ce que je viens de dire, on comprend facilement qu'on ait attaché le sens de croyance en général au mot conscience. La phrase : « Avoir conscience de ceci ou de cela » renferme une forte afïirmation. Il est naturel, instinctif, de croire à un certain nombre de choses que nous avons à peine expérimentées. La foi est donc un attribut important de notre activité mentale. Nous sommes presque dans l'impossibilité de sentir ou d'agir sans que la croyance intervienne, sans que nous supposions la réalité. Nous croyons d'abord, nous expérimentons ensuite. Loin de nier que les jugements intuitifs soient des émanations originales et spontanées de l'esprit, je crois au contraire que l'esprit les engendre avec une grande profusion ; je leur refuse seulement l'autorité, la certitude, qu'a seule l'évidence positive.
Treizièmement. — Enfin c'est souvent la mémoire qu'on veut désigner par le terme en cause. Nous disons que nous ne nous souvenons pas d'une chose, que nous n'avons pas conscience du moment où elle est arrivée. La liaison entre les deux termes est explicable, car, pour conserver une impression fidèle d'un objet, il faut que la première impression soit nettement consciente ou qu'elle tienne une place dans l'esprit pendant un certain temps. Si je n'entends pas un son qui tombe dans mon oreille il est naturel que je n'en conserve aucune idée. Ce dont je me rappelle, c'est ce qui m'a frappé fortement l'esprit sur le moment, m'a rendu sourd pour un temps à toute autre impression.
2. — Voilà une énumération assez complète des significations attachées au mot conscience. Elles ont toutes une tendance commune. Néanmoins nous pouvons les classer en groupes distincts, suivant qu'elles appartiennent aux différentes classes évidemment sorties de la signification primitive.
L — La signification que nous avons donnée la première, renferme une idée capitale ; les autres définitions jusqu'à la septième et en en exceptant la cinquième ne sont que des nuances ou des ramifications de la première. La conscience est identique à la vie mentale et à ses énergies diverses, distinctes des autres fonctions organiques ; elle est opposée
à la condition du sommeil, de l'insensibilité. Tout ce qui rend l'activité mentale plus intense (sentiments de plaisir ou de souffrance, intérêt pris dans un sujet, surexcitation de rimagination) augmente la conscience ; ce qui affaiblit l'activité ou l'annule, produit l'inconscience. Quand nous écoutons, que nous sommes dans un état contraire à celui qu'on appelle inattention, nos facultés mentales sont plus activement exercées. Dans sa signification particulière, lorsqu'il signifie attention donnée à des règles, des exemples, par opposition à l'impulsion irréfléchie, le mot désigne encore quelque chose qui se rapporte au cas précédent ; ici encore il y a accroissement d'activité mentale ; plus je réfléchis avant d'accomplir une action, plus on peut dire que je suis conscient. Mon esprit est éveillé à des considérations très diverses ; il est plus impressionné par les circonstances environnantes, il conservera un souvenir plus vif de l'acte accompli. La conscience et la vie mentale sont donc unies de telle façon que lorsque la vie mentale devient plus intense, la conscience augmente.
IL — Plusieurs définitions (5, 8, 9, 10) ont rapport à l'étude de l'esprit par lui-même, formant contraste avec l'étude du monde extérieur par l'esprit. Il n'est pas difficile d'expliquer comment ces définitions sont liées à la principale. J'ai déjà eu l'occasion de faire remarquer le caractère anesthésique de l'attention objective. Lorsque cette attent'on se relâche, le sentiment (feeling) et les autres états de Vego atteignent leur plein développement. Le plaisir et la souffrance même, sont moins sensibles pendant qu'on donne au monde objectif une attention intense. Un problème délicat se pose aussitôt: sommes-nous conscients à un degré quelconque quand nous sommes uniquement occupés du monde objectif? je répondrai par l'affirmative, en faisant une distinction entre la conscience objective, et la conscience subjective.