PRINCIPE DE CLASSIFICATION
tion, et la peine corrélative de la soumission au pouvoir, sont deux motifs très influents dans l'esprit humain. Et encore une fois, ils sont liés au plaisir de la possession du savoir qui a si souvent servi de thème à des hymnes enthousiastes.
Si nous pouvions déclarer avec assurance que certaines de ces émotions sont simples, dernières [ultimate) et irréductibles, et que les autres en dérivent, le plan qui se présenterait naturellement pour classer les émotions, serait d'étudier les simples d'abord, les composées ensuite. Parmi les simples, il n'y aurait pas d'ordre absolu à suivre, on pourrait adopter celui-ci : L'amour, la colère, la crainte, ou le contraire, A moins qu'une des émotions supposée d'un genre simple ne doive être préparée, expliquée, par une autre, nous n'avons pas de raison pour imposer un ordre plutôt qu'un autre. Une seule nécessité s'impose, c'est d'étudier les émotions simples avant les émotions composées. Quant à l'ordre des composées elles-mêmes, que l'on doive parler de la beauté après ou avant de parler du sentiment moral, c'est ce qu'il est aussi impossible de décider.
5. — Il est intéressant de se demander si quelques émotions dérivent seulement des plaisirs et des souffrances des sens, par des associations avec une quantité plus ou moins grande de ces plaisirs ou de ces souffrances. Une réponse se présente immédiatement. Il y a certaines choses qui renferment ou totalisent une grande quantité de sources de plaisirs ou exemptions de souffrances, par exemple la propriété. Un sentiment, ou une émotion, provoqué par cet objet complexe peut se développer à travers des associations avec les plaisirs des sens ou des exemptions de souffrance. S'il en est ainsi, l'émomotion de la propriété peut prendre un des premiers rangs dans la classification comme ne supposant que l'opération des sens unie à des associations intellectuelles.
6. — On peut alors faire une seconde question : Y a-t-il dans l'esprit humain des sources d'émotion entièrement distinctes des sens , avec ou sans la coopération des facultés intellectuelles? La réponse n'est pas facile à trouver. Il peut y avoir des produits de sensations, si subtilement composés, qu'on peut à peine en discerner les éléments constitutifs. Faisons cependant une supposition ; une personne peut dire que les deux émotions — l'amour et la colère — ne dérivent pas évidemment des sensations comme l'émotion de la pro-