CARACTÈRES DE LA CRAINTE
fant; c'est un mauvais moment à passer, mais dont la simple appréhension ne produit pas nécessairement le tremblement de la crainte. D'un autre côté les maux qui ne sont que possibles ou probables, dont le total est incertain, agissent puissamment comme causes d'émotion. Un craquement soudain dans la nuit, l'arrivée brusque d'un messager dont la figure est lugubre, le cri au feu, le bruit d'une bataille dans le lointain, tout cela occasionne une frayeur indescriptible. L'imagination surexcitée conçoit des malheurs irréparables, passe d'une supposition à une autre, et empêche tout effort pour reprendre courage, résister ou se résigner. Parmi toutes ces formes du danger, la plus redoutée est une nouvelle espèce de danger. La crainte est identifiée avec de nouveaux monstres :
gratac ne rcdiret
Scculuni Pyrrhœ nova monstra quœstœ.
Cet exemple nous amène à la liaison générale qu'il y a entre la crainte et l'ignorance, circonstance toujours prédominante lorsqu'il s'agit des effets de l'émotion. Il y a des cas où l'ignorance est un bonheur, où le savoir ne servirait qu'à découvrir un danger de premier ordre. Mais la valeur du savoir lorsqu'il montre d'une façon définie le total exact d'un mal possible à venir, est incalculable. Je ne crois pas que la science la plus avancée ait de meilleurs résultats que ceux de détruire les terreurs.
On comprend facilement les effets de l'obscurité. Etre dans la nuit, ce n'est pas par cela seul une cause de peur ; très souvent c'est une situation protectrice, défensive et qui prévient ainsi la crainte. Mais lorsqu'on prévoit un mal, l'obscurité c'est l'ignorance, l'appréhension vague.
On peut maintenant poser cette question : jusqu'à quel point la simple intensité de sensation, en elle-même, introduit-elle la condition de la crainte?... Le trouble nerveux dû à un choc violent, semble être assez proche parent de la crainte. Comme influence affaiblissante, il prépare la voie pour un état de frayeur, de telle sorte que tout le système devient la proie facile de toutes les suggestions de danger. Un coup de pistolet tiré à l'oreille de quelqu'un qui ne s'y attendait pas, produit un grand trouble : dans l'esprit de beaucoup d'animaux, d'enfantSj de grandes personnes même, il excitera le
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tremblement de la peur proprement dite. C'est ce qui se rapproche le plus de l'émotion de la crainte si ce n'est pas l'émotion elle-même. On sait que pendant l'incendie on ne peut gouverner les chevaux. Tous les animaux sont effrayés par les éclairs, le tonnerre, par une éclipse totale du soleil. S'il y a oui ou non dans ces circonstances une réelle appréhension de danger, c'est ce que je ne peux décider (l).
La même remarque s'apphque à l'étrange, au singulier. Il suffit qu'une chose nous soit étrangère pour que nous la craignions ; pour être effrayés d'une chose nouvelle, en ellemême indifférente au point de vue du bonheur et du malheur, il faut que nous soyons accoutumés à considérer le monde qui nous entoure comme nuisible plutôt que comme ami, si l)ien que nous supposons que toute chose est notre ennemi jusqu'à ce que le contraire soit prouvé. Ceci implique nécessairement des agents d'un grand pouvoir. Lorsqu'une suite de caravanes passe dans un village, conduite par un éléphant, les enfants et les chiens rentrent dans leurs demeures.
Je ne crois pas que les comètes eussent jamais effrayé personne si l'éducation n'avait jamais été superstitieuse.
6. — Examinons d'abord l'émotion de la crainte chez les animaux inférieurs. Les manifestations de terreur dans les animaux font partie de leurs relations sociales. Ils se craignent les uns les autres; et tous, plus ou moins, ont peur des êtres humains.
Le fait de la crainte n'est pas expliqué cependant tant que nous ne faisons pas d'abord allusion à l'œuvre de la volonté pour prévenir le mal. Le chien brûlé qui évite le feu ne montre pas par là nécessairement de la crainte ; l'émotion n'est réelle que si l'animal exagère le danger d'une nouvelle brûlure, bondit à la chute d'un frésil, et porte partout l'idée fixe
(1) Une observation rapportée par M. Darwin explique l'œuvre du singulier. Il mit une tortue vivante d'eau douce dans la cage des singes dans les Jardins zoologiques. Cette tortue produisit un grand étonnement et même un peu de crainte. Mais « il était curieux d'observer que les singes étaient moins effrayés delà tortue qu'ils ne l'avaient été, d'un serpent vivant que j'avais mis auparavant dans leur cage ».
d'être grillé. Voilà alors le phénomène général de la 'crainte, n'ayant aucun rapport avec les autres êtres, ne demandant pas d'être expliqué par l'hérédité.
On trouve aussi fré({uommeut chez les animaux la l'orme de crainte qui consiste à être trouhlé par l'étrange, par des surprises qui ne sont nullement associées avec la souffrance. Cela peut cependant venir des expériences sociales, mais c'est faiblesse ou incapacité de leur part. La faiblesse physique, règle générale, est plus facilement affectée par une sensation inconnue ou alarmante.
C'est un fait remarquable, bien connu, que les oiseaux des îles inhabitées ne montrent aucune crainte lorsqu'ils voient l'homme pour la première fois : ils n'en ont jamais éprouvé ni bien ni mal. Userait désirable que nous possédions sur ce fait plus d'informations. Nous aimerions à demander que craignent-ils ? La venue d'un éléphant troublerait-elle leur conduite ? La lutte pour l'existence ici comme partout, conduit à la compétition, à la chasse ; la crainte est donc déjà introduite dans l'existence ; il est probable qu'ils raisonnent par analogie, et passent du masque connu de l'ennemi, à l'inconnu. Il est probable que la victime habituelle du gorille se sentirait troublée en présence de l'homme blanc, à plus forte raison, du nègre, du papou.
7. — Les effets de la peur chez les enfants sont en rapport avec les particularités de leur position. Les premières manifestations de cet état se rencontrent lorsqu'il y a perturbation générale du système à cause d'une excitation trop forte, d'une trop grande intensité de sensation. Un soudain éclat de lumière, un son profond, un contact rude, sans être nécessairement pénibles, affectent cependant avec force le système nerveux un peu de la même façon qu'une frayeur soudaine. Quand l'enfant en est arrivé au point de reconnaître les objets familiers, tout ce qui est nouveau arrête son attention, et provoque une perturbation qui est la crainte. L'enfant se révolte contre l'étreinte d'une personne étrangère et témoigne tous les signes de la terreur. A un point plus avancé, quand la souffrance est liée à une cause spécifique, lorsque par exemple l'enfant sait ce que c'est que d'être plongé dans l'eau froide, que de prendre une tisane amère, que d'être grondé, puni, l'émotion de la peur apparaît sous sa forme propre, comme appréhension d'un mal en
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suspens ; la seule remarque à faire est que l'émotion vient alors de la faiblesse du sujet. L'obscurité n'est pas nécessairement une source de terreur pour les enfants, mais le devient facilement.
La crainte instinctive que provoque un froncement de sourcils fait partie des associations héréditaires pénibles, avec certaines apparences ; nous pouvons faire appel à ces associations pour expliquer quelques terreurs spéciales, mais non pour la terreur en général.
8. — Expliquer par des exemples la crainte servile, cela donnerait lieu à des développements considérables. L'état d'assujétissement, de subordination implique jDunition, et la punition peut être telle, qu'elle provoque non seulement des actes volontaires pour l'éviter, mais encore la perturbation de la crainte. Les deux principales circonstances, qui la feront alors naître sont la grandeur de la punition, le caprice avec lequel elle est infligée. Des punitions très fortes introduisent naturellement la crainte dans la famille, dans l'école, dans la sphère industrielle, dans l'état.
Après l'intensité il y a l'incertitude quant au total, avec possibilité que celui-ci soit très considérable. Un despote capricieux, non pas toujours sévère, mais capable de l'être peut inspirer la terreur à ses sujets. C'est là le mal du despotisme dans sa forme pure, le gouvernement personnel sans le frein de la loi ou de la coutume. Les parents, le maître d'esclaves, le chef de tribu dans les états sociaux inférieurs, par des excès de sévérité peuvent se rendre des objets de terreur.
La crainte qui naît de possibilités incertaines de punition arbitraire, diminue à mesure que dominent les lois écrites ; cependant dans une société avancée, les complications ^e la loi sont au-dessus de l'inteUigence du peuple, et introduisent de nouveau l'élément d'incertitude, base de la terreur. Un pauvre homme dans notre pays attend avec autant de crainte la fin d'un procès, que le fait un solliciteur dans la plus corrompue des cours orientales..
La pression actuelle, le total de terreur dépend de la fréquence de ce qui nous rappelle cette terreur, que ce soit la punition des autres ou la nôtre. Un tyran, un législateur sévère fait ainsi sentir et craindre son autorité. Une famille, une école, un bâtiment, un régiment, où l'on punit toujours est un enfer sur terre.
9. — En partant d'un point de vue plus large encore, nous devons maintenant mentionner l'appréhension de tous les désastres en général. Tout ce qui peut nous apporter un mal sérieux est pour nous non seulement un objet que nous évitons mais encore un objet que nous craignons. Les puissances du monde physique ont toujours été une cause persistante de crainte, et cela d'autant plus qu'on était plus ignorant des lois de la nature.
Le terme anxiété correspond à une espèce de crainte eu rapport avec nos divers intérêts qui peuvent être plus ou moins menacés. Nos efforts rationnels et mesurés pour atteindre les nécessités connues indiquent de l'anxiété dans l'esprit. Cependant ce terme n'est véritablement applicable que s'il y a un certain degré de perturbation de la crainte dans l'esprit (l). L'état d'anxiété est une préparation à la peur, liée avec nos points les plus vulnérables dans toutes les occasions d'appréhension ou d'incertitude. Comme on n'est jamais sûr de l'avenir, les causes d'anxiété ne manquent pas pour les esprits disposés à cet état. La vie de quelques personnes est remplie de flux constants d'agitation, avec quelques moments de repos inexprimable.
Le soupçon, c'est l'œuvre de nos craintes sur notre croyance. Un état d'alarmes brisant par nature la confiance fait qu'on arrive à se méfier de tous les objets. Des événements légers, qui dans d'autres temps passeraient inaperçus, sont interprétés comme de mauvais présages ; et les per-
(1)11 y a une anecdote bien connue qui raconte, si je ne me trompe, qu'un grand général ayant lu cette inscription sur une tombe : « Ici repose un homme qui ne connut jamais la peur » remarqua aussitôt : « Et bien en voilà un qui n'a jamais éteint une chandelle avec ses doigts. » Ici la crainte de la souffrance qui existe dans tout esprit sain, dans tous les moments de la vie, est confondue avec le trouble de la peur, qui est seulement occasionnel, et qui peut même, dans quelques caractères être complètement inconnu. On retrouvela même ambiguïté dans l'exposition de ce que le D"" Thomas Brown appelle les émotions-prospectives. (Lecture 65.) Pour lui, la peur est simplement le contraire du désir. Voilà quelques-unes de ses expressions : • Nos craintes viennent à la fois de la perspective d'une chose désagréable en elle-même et de la *^3erspective d'une perte de quelque chose d'agréable en soi. » — « Nous avons peur de perdre toute source de plaisir, tout ce qui a été pour nous un objet de désir. » C'est probablement à l'absence de terme propre à exprimer le contraire du désir qu'on doit cette [application 'absurde du mot peur. La vraie antithèse est entre crainte et calme, froideur, sang-froid.
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sonnes dont nous n'avons jamais douté sont soupçonnées de méditer notre ruine. Ces effets ne peuvent être attribués qu'au trouble causé par la peur. Comme elles affectent notre conduite envers les autres, les manifestations du soupçon sont désastreuses. Nous les montrons constamment dans la vie privée, et sur une plus grande échelle encore, on les rencontre dans tous les procédés entre nations. Des temps de désordre politique comme les guerres civiles de Rome, la première Révolution française, deviennent plus terribles encore par les exagérations de la suspicion^ et par le crédit qu'on accorde aux suggestions de la peur (1).
Pour désigner une terreur soudaine qui saisit une foule, nous avons un mot expressif: p-duique. Le mode de manifestation de l'émotion est toujours le môme, seulement il agit sur une échelle bien plus étendue. La perte complète de tout sang-froid, de tout contrôle, de toute discipline, la persistance désastreuse d'une idée fixe atteignent les proportions les plus excessives.
10. — Sous le nom de superstition, l'émotion se montre vivement et échappant de plus en plus au contrôle régulier de la volonté. Les maux rêvés ne sont pas réels et par conséquent sont indéfinis, ne peuvent se mesurer.
La superstition naît dans les dangers actuels. Les pouvoirs destructifs delà nature ne sont pas imaginaires; tous les hommes en sont les victimes actuelles. C'est par sa manière de contempler ces pouvoirs que la race humaine tend à la superstition. Incapables de découvrir leur vrai caractère, les premiers observateurs furent trompés par des analogies apparentes avec l'homme surtout et le type de l'activité humaine. Un orage devint une manifestation de colère, une éclipse un présage de calamité. Dans l'étude des causes et des effets, des riens furent considérés comme la clef des secrets du monde et associés à des sentiments de respect ou de crainte. Les présages, les augures, les symboles sont tous de la même famille, celle de la superstition. Les obser-
(1) Il est bien connu, dans les pays ignorants où régnent des maladie^^ épidémiques, qu'on soupçonne habituellement les médecins d'empoisonner les sources. Alexandre le Grand fît crucifier le médecin qui soignait son ami Hephœstion. C'était l'effet d'une colère de despote enflammé par le soupçon.
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vaiices do propitiaiion sont conçues d'après la même méthode imaîi^inaire et exercent un pouvoir égal sur les craintes humaines. Incapable d'arborderen face les réalités actuelles de la nature, l'humanité a été longtemps à la merci de ces suggestions imparfaites pendant que ses craintes s'engageaient naturellement dans la môme voie. Les débités malfaisantes, les esprits mauvais, les hôtes des ténèbres, avec leurs noms divers, fantômes, lutins, mauvais génies, fées, tout cela appartient à la théorie primitive de l'homme sur l'univers; ces fantômes de l'imagination avec leur pouvoii' supposé, inspiraient la crainte. En parlant des notions populaires sur les pays lointains, avant les voyages de Colomb, Helps disait: « Là où vous ne connaissez plus rien, placez les terreurs. » D'une manière plus précise nous pouvons dire : « En présence des grands agents de malheur dont vous ne connaissez pas les principes d'action, tissez les rêves avec les craintes. »
11. — Dans les opérations nouvelles qui impliquent des risques à courir, il y a toujours un élément de terreur. La jeunesse en fait souvent la douloureuse expérience. L'effort d'un commençant pour atteindre un but difficile est particulièrement pénible lorsqu'il a des témoins ; c'est le cas des acteurs, des orateurs qui se présentent pour la première fois devant le public. On peut trouver ici que c'est un des sentiments spéciaux envers les autres êtres, sentiment plus ou moins instinctif, qui est en œuvre mais ce n'est pas du tout de l'instinct. Les lois ordinaires de la crainte opérant dans ces circonstances données feraient que l'état de celui qui conforme sa réputation ou son avenir aux chances de nonréussite, est une terreur spéciale.
La crainte qui vient de ce que nous vivons tous sous le contrôle, la censure des autres personnes, que nous pouvons perdre notre réputation, entraîne à une certaine circonspection de manières dans la société, jusqu'à ce que l'usage du monde nous ait mis à l'aise. L'incertitude de notre position par rapport aux autres, l'ignorance dans laquelle nous sommes des dispositions que nous leur inspirons, est une source de méfiance, de souffrance dans nos relations sociales. De là l'excellence de la longue familiarité qui fait mettre de côté tous les soupçons.
La réserve entre les sexes a la même origine et prouve Bain. — Émotions et Volonté. Il
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l'influence de l'intérêt mutuel par l'appréhension même de chacun de ne pas s'accorder avec l'autre.
12. — La crainte de la mort est la manifestation suprême de l'émotion que nous étudions. L'appréhension de la perte des plaisirs de la vie nous affecte suivant la saveur que nous trouvons à la vie ; avec force dans la période vigoureuse de notre existence, mais avec tous les jours moins de puissance à mesure que nous avançons en âge ou que nous devenons malades ; si bien que trop de souffrances peuvent changer en désir la répugnance que nous avons pour la mort.
C'est un des traits distinctifs de Tintelligence humaine que de concevoir un plan de vie avec des objets à atteindre, des fins à remplir. Voir une carrière tracée d'avance, brisée tout à coup, c'est un choc sévère dont la perspective est pleine d'angoisses. C'est une expérience qui n'atteint que ceux qui regardent avant et après; les animaux inférieurs qui n'ont pas des plans de vie ne ressentent pas cet événement; non plus que les créatures humaines insouciantes. Ceux qui commencent durement la vie, qui ont fait leur chemin par le travail et qui sont enlevés juste au moment où ils allaient atteindre leur récompense, ont bien le droit de regarder la mort comme un féroce destructeur. Lorsqu'on a joui dès le début d'une mesure complète de bonheur, qu'on a été heureux dans l'enfance, dans la jeunesse, que la vie vous a donné tout ce qu'elle peut donner, on doit se consoler de mourir avant le temps.
La terreur de l'état inconnu qui suit la mort, est d'une autre espèce. Là, tout dépend du tableau représentatif qu'on se fait, de ce qu'on conçoit, de ce qu'on croit. La conviction bien enracinée de la réalité d'un lieu de tourments sans fin, une vie mal remplie, peu d'espoir de pardon, voilà qui peut remplir les derniers moments d'une existence de terreurs inexprimables.
La peur du fait même de mourir est factice, imaginaire. Nous arrivons à voir qu'on ne souffre pas plus en mourant qu'en naissant ; dans la mort la plus douloureuse, les souffrances ne sont pas plus fortes que celles que nous avons pu ressentir dans la plénitude de la vie. La répugnance pour la décomposition du corps mort est aussi factice. La grande difficulté est de ne pas attribuer à l'état de mort la sensibilité de la vie. Les expressions les plus utiles et les plus douces
SOUS lesquelles ou couroit la mort et qu'ont adoptées les hommes de toutes les croyances, sont celles qui comparent la mort avec le repos, le sommeil.