‹ Les émotions et la volontéChapitre 64 sur 194 · HARMONIES DE LA VUE · texte numérisé non relu

HARMONIES DE LA VUE

les deux éléments, nombre et espace en leur donnant une portée artistique. Lorsqu'il s'agit d'une multitude d'objets nous ménai^ons entre eux des intervalles égaux et proportionnés et nous subdivisons de môme la dépense la plus insignifiante. Il faut encore tenir compte ici de l'influence du contour spécialement pour ce qui regarde les figures à lignes droites — carrés, parallélogrammes, triangles, polygones

par les considérations harmoniques suivantes : on joint les extrémités des moitiés des axes majeurs et mineurs, de façon à former un triangle rectangle, et les angles aigus sont respectivement comme 30" est à 60'>, ou comme 1 est à 2; ceci produit une ellipse dominajite construite sur un triangle dominant et semblable à l'accord de la quinte en musique. Maintenant cherchons l'étendue du crâne. Il faut construire un cercle du môme caractère, la largeur de l'ellipse le couvrant et le touchant au sommet. Les figures combinées du cercle et de l'ellipse donnent le contour harmonique parfait de la face, si l'on réserve quelque adoucissement par- ci par-là, afin d'approcher davantage de la nature. Voilà l'opération à faire pour les traits : du sommet de la tête ou de l'extrémité supérieure de l'ellipse , on trace des deux côtés une série de lignes formant les angles respectifs | (30») \ (22" i°),| (18»), fr (15»), et ^ (12 f"). Par les points où elles rencontrent la circonférence de l'ellipse, on trace des lignes horizontales à travers la figure, de manière à former une série de triangles isocèles. Commençons aux lignes extérieures par l'angle le plus grand, | ou 30» ," la ligne qui les joint passe par le centre des yeux, et, par conséquent» sert à déterminer leur position. La ligne de l'angle de \ ou 22 |» touche la circonférence extérieure de l'orbite ; elle sert donc encore à déterminer la position des yeux; la jonction horizontale des deux lignes donne la position verticale du nez. La jonction horizontale des lignes de | (18») traverse le haut de la lèvre supérieure. Les lignes de | (15») passent à travers les centres des yeux et complètent la détermination de la place des orbites ; la jonction horizontale donne la limite inférieure de la bouche. La jonction horizontale des lignes de l'angle de \ donne l'arête supérieure du menton.

C'est par un ensemble semblable d'angles proportionnés que M. Hay détermine la beauté de la figure humaine. Et il applique sa méthode au Parthénon et à l'architecture en général.

Que par ce système on arrive à représenter à peu près les proportions d'un bel objet, oui ou non, voilà ce que seule l'expérience peut prouver. Mais si M . Hay a l'intention d'insinuer que le sentiment agréable que fait naître la proportion dans l'esprit du spectateur, est le sentiment de la proportion d'angles imaginaires, il avance une hypothèse incroyable. On ne peut supposer que l'esprit, en jugeant une figure, construise un diagramme idéal et jouisse de la plaisante mélodie des angles. Ce que l'œil juge doit mieux que cela rentrer dans la catégorie des choses qu'il juge habituellement; la profonde mélodie des angles ne peut être acceptée que comme un équivalent mathématique de quelque charme plus apparent que M. Hay a oublié d'expliquer. Nous devons donc revenir à la vieille théorie du plaisir que donnent les lignes courbes lorsqu'il s'agit de surfaces courbes; et, en même temps, nous devons, pour les dimensions rectilignes, chercher un ordre de proportions plus évident, plus palpable que celui que propose la théorie de M. Hay.

équilatéraux, etc., — et les courbes symétriques, — le cercle et l'ellipse. Dans ces figures, on suppose que l'oeil découvre égalité ou commensurabifeté entre les différents côtés ou dimensions. Un triangle ou un quadrilatère dont tous les côtés sont inégaux ne donne à l'œil aucun plaisir de forme ou de contour (à moins qu'il ne soit comme une dissonance dans la musique, introduit occasionnellement) ; tandis que le carré et le parallélogramme se conforment aux exigences de l'esprit. Le parallélisme est une égalité soutenue autant que l'égalité des intervalles dans une rangée d'objets. Quand des lignes convergent nous cherchons l'égaHté dans les deux côtés convergents, nous sommes heureux de découvrir un certain égard pour les proportions, comme dans l'égalité des trois côtés du triangle, et l'égalité ou la commensurabilité de la base et de la hauteur. Quand un angle arrête l'attention, nous préférons celui de 45*" à celui de 30*^ comme parties ahquotes de l'angle droit. Le parallélogramme oblique aux côtés égaux, avec les angles de 45° et de 135° est une agréable subdivision de la fenêtre à petits panneaux.

On peut chercher l'unité dans la variété dans des groupements, des arrangements divers, tout comme en musique. On trouverait le même plaisir intellectuel à découvrir des ressemblances dans la diversité et l'élément de la forme visible ne ferait jamais défaut. Dans la décoration et le dessin les figures les plus compliquées deviennent agréables par la répétition et l'arrangement méthodique.

19. — En suivant l'ordre dans lequel nous avons étudié tout ce qui constitue le son, nous en arrivons à l'expression ou sug gestion par des objets visibles de sentiments et d'émotions qui dépassent ce que l'on peut sentir par les yeux. Le domaine de l'expression est encore plus grand lorsqu'il s'agit de la sensation visuelle que lorsqu'il s'agit de la sensation auriculaire. Il se divise en un grand nombre de détails qui vont suivre; mais il est nécessaire de donner auparavant quelques exemples.

On a cité suffisamment les associations qui donnent la beauté aux couleurs. Toutes les teintes qui sont liées à la santé, à l'enfance, à la jeunesse, aux charmes du sexe aimable, à l'énergie et à la vigueur, sont agréables parce qu'elles expriment ces qualités. L'éclat des yeux, des cheveux, de la peau,

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