‹ Les émotions et la volontéChapitre 89 sur 194 · MANIFESTATION DE LA SPONTANÉITÉ · texte numérisé non relu

MANIFESTATION DE LA SPONTANÉITÉ

près la loi supplémentaire de la stimulation non conservatrice, cela importe peu, mais ce qui donne du plaisir, donne en môme temps une certaine exaltation à quelque partie de la vitalité [Instincts, § 18). Si le plaisir est grand, l'excitation est générale et affecte môme les énergies musculaires. S'il est aigu, soudain, le stimulus est très puissant. Des succès répétés stimulent l'esprit et le corps et les préparent à une manifestation d'énergie active.

Une simple piqûre est un stimulant. Un choc ni agréable ni désagréable éveille notre activité et pour un temps donne plus de rapidité à nos mouvements. On peut faire bondir un cheval en le touchant du fouet ou de l'éperon. Un tambour bruyant, une cloche au son éclatant, un cri perçant, un éclair soudain, excitent tout le corps bien qu'ils n'affectent qu'un sens.

On a déjà remarqué l'effet excitant produit par des mouvements rapides ; des gestes rapides, des regards vifs excitent tout le corps et activent tous les mouvements.

La souffrance est un stimulus des facultés actives, jusqu'à certaines limites assez étroites. Si nous nous plaçons hors du point de vue présent, de l'influence de la souffrance sur la volonté, plus cette influence est neutre, mieux elle répond à son but.

La résistance, l'opposition, sont des stimulus des facultés actives, mais probablement ce sont des stimulus dérivés et non originaux. Un attouchement à la surface des sens provoque des mouvements réflexes et autres, et plus ce contact est violent, plus les mouvements le sont aussi. Nous redoublons d'efforts pour atteindre un objet qu'on nous dispute, nous les triplons si nous sommes encore excités par l'orgueil et la colère.

5. — Ces circonstances si variées préparent l'explication qu'on peut donner de l'étendue et de la flexibilité, si l'on peut s'exprimer ainsi, des manifestations spontanées des influences nerveuses. Nous avons vu qu'il y a bien des manières de provoquer un large courant nerveux pour faire face à ces circonstances imprévues, pour lesquelles un courant ordinaire ne serait pas suffisant. Il n'est pas difficile de comprendre comment nous pouvons contracter l'habitude de déployer une grande énergie pour surmonter certains cas particuliers ; ici, comme dans bien des parties de notre cons-

titution,il faut faire appel au grand principe de l'association. Pour provoquer une explosion d'activité il a d'abord fallu qu'un des agents puissants que nous venons justement de décrire soit présent; mais, après un certain temps, l'effet se trouve produit par quelque autre circonstance ne possédant pas en elle-même la propriété d'exalter le système. Il faut d'abord fouetter et éperonner un cheval pour lui faire sauter le fossé dont plus tard la vue seule provoquera l'augmentation nécessaire d'énergie cérébrale. Frapper un coup pesant avec un marteau, cela implique association entre une simple idée, celle de briser un obstacle ou de lancer une masse, et l'élan de l'énergie nerveuse à travers les muscles des bras et du tronc; mais, même lorsque l'association est la mieux établie, comme cela arrive chez l'artisan qui connaît bien son métier, il faut, si l'on est de sang-froid et qu'on veut lancer le marteau, donner un certain temps au système pour emmagasiner la force nécessaire à l'effort. On peut frapper un coup très soudain soit après avoir accumulé une certaine somme d'énergie soit au milieu d'un éclat de frayeur ou de colère. Dans une bataille corps à corps, par exemple, quand le sang commence à couler les combattants sont excités au plus haut point. Ce qu'on pourrait appeler une constitution volitionnelle équivaut à une constitution dont l'émanation centrale de puissance active est très forte; les acquisitions volitionnelles rattachent les différents degrés d'effusion centrale aux signes qui indiquent la somme d'énergie nécessitée par les différentes circonstances imprévues de la vie.

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