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LIEN ENTRE LE SENTIMENT ET L ACTION

6. — Le mode d'opération que nous venons d'indiquer est essentiel comme partie, mais n'est pas le fait complet de la voUtion. Il manque un second élément qui donne une direction à ces impulsions spontanées, qui fasse des actes, qu'elle provoque des huts^ c'est-à-dire qui leur donne le véritable caractère qui appartient aux actions volontaires.

Dans mon précédent volume [Instincts^ § 26) j'ai essayé de découvrir le rudiment du lien qui existe entre le sentiment et l'action^ et de l'exprimer dans la loi qui lie le plaisir à

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raccroissement delà vitalité, et la souffrance à la diminution (le la vitalité, la loi de la conservation de soi-même. De cette l'acine sortent deux branches qui divergent, mais qui peuvent par occasion se rencontrer; l'une, est celle des manifeslations émotionnelles, lautro, celle des manifestations volilionnelles.

Les manifestations émotionnelles ont été suffisamment décrites; elles consistent, en partie, en mouvements plus ou moins énergiques; et, en conséquence, nous trouvons en elles un lien, au moins, établi entre le sentiment et l'action. Un coup pénible nous éveille à l'activité; une boisson rafraîchissante nous permet de nous mouvoir plus vivement; les mouvements produits constituent l'expression du plaisir. Mais ces mouvements distincts de la spontanéité centrale ne sont pas des mouvements produits par la volition. Ils choisissent suivant une loi, la volonté préfère suivant une autre.

7. — On peut se demander si un mouvement commencé sous une excitation émotionnelle peut passer éventuellement sous le contrôle de la volonté. Presque tous les membres du corps sont actifs lorsqu'ils expriment les degrés les plus forts de l'émotion ; les bras gesticulent de plusieurs façons, les membres avancent et reculent, le tronc et la tête s'agitent diversement, les traits se contractent ou se dilatent, la voix est stimulée, les muscles de la respiration sont affectés ; enfin il semble que tous les mouvements que peuvent provoquer les sentiments les plus divers soient stimulés. Mais alors pourquoi avoir recours à toute cette théorie de la spontanéité pour trouver un premier commencement d'action dans des membres destinés à être soumis à la volonté ? La grande difficulté semble être d'affirmer que les muscles agissent n'importe comment dès le début, ou qu'ils agissent en vue de leur direction définitive et décidée à l'avance, et il n'est que naturel de chercher si l'on ne trouverait pas dans les impulsions données par l'excitation émotionnelle le point de départ nécessaire. Ainsi, pour expliquer le moment préparatoire qui précède le développement de la volition, il y a deux hypothèses en vue ; l'une fait appel à une spontanéité indéterminée, l'autre à l'expression déterminée de nos émotions spéciales.

Bien que cette dernière hypothèse fournisse une véritable

origine aux mouvements , je pense cependant qu'il est nécessaire d'accepter comme plus primordiale, l'existence d'impulsions centrales spontanées indépendantes de l'excitation émotionnelle. A l'appui de cette manière de voir, j'en réfère d'abord aux preuves que j'ai déjà produites en faveur de la spontanéité, et qui arrivent à fournir un argument dont la force n'est pas à dédaigner. Il est suffisamment évident qu'il y a dans notre constitution ce qu'on peut appeler une tendance à déployer notre puissance musculaire, en l'absence de toute impulsion émotionnelle ; et, comme cette tendance est un fait naturel (genuine) et distinct, elle me paraît être pour la volonté un point de départ meilleur que ne le seraient les mouvements émotionnels.

S'il était nécessaire de produire un argument additionnel, je ferais appel à une circonstance sur laquelle j'ai déjà insisté, parce qu'elle fait partie de ces mouvements qui se manifestent dans les volitions : c'est la nécessité d'une impulsion isolée au premier moment, et distincte des impulsions agrégées. C'est le caractère du courant émotionnel de communiquer dès l'abord le mouvement à un certain nombre d'organes; tandis qu'il semble impossible de faire commencer ici la puissance volontaire, à moins que nous ne trouvions l'opportunité d'un membre se mouvant de luimême. Nous avons vu que le doigt indicateur et d'autres parties encore, ont cette propriété ; mais le concours de l'excitation de plusieurs organes au même moment, caractère particulier d'un courant émotionnel, fait que les sentiments sont une mauvaise école pour commencer le travail de la volonté prenant de l'ascendant sur chaque membre individuel et séparé du système actif.

8. — Cette question préliminaire étant réglée, je passe à la seconde branche ou branche volitionnelle de la loi de conservation [Instincts, §§ 28-31). Nous supposons que des mouvements commencent spontanément, et accidentellement, causent du plaisir; nous supposons aussi, qu'avec le plaisir il y aura augmentation de l'énergie vitale, que les mouvements heureux ont part à cette augmentation et que par conséquent ils accroissent le plaisir. Or, d'un autre côté, nous supposons que certains mouvements spontanés produisent la souffrance, qu'avec la souffrance il y a diminution de l'énergie, s'étendant aux mouvements qui causent le mal,

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fournissant ainsi le remède. Que la rencontre fortuite entre un mouvement et un plaisir se reproduise plusieurs fois, et une association se formera d'après la loi de contiguïté ou de retentivité si bien qu'après un certain temps le plaisir ou l'idée du plaisir provoquera le mouvement lui-même. C'est la thèse que nous essaierons de prouver en fournissant des détails et des exemples à l'appui dans les deux chapitres suivants.

Etudions d'abord plus particulièrement comment les plaisirs et les peines stimulent l'activité en lui donnant un but, c'est-à-dire la volition. Nous retrouvons les tendances primordiales dont il a déjà été question, à l'œuvre dans toute la vie, et voilà la meilleure preuve que l'on puisse donner de la théorie qui les suppose.

Rôle du plaisir. — C'est un fait bien connu que lorsque nous avons goûté à un plaisir nous voulons y revenir, l'augmenter, et cela sans délibération ni délai. Lorsque nous avons froid et que nous nous approchons du feu, nous obéissons à une impulsion immédiate, nous n'attendons pas d'avoir rempli les formalités qui sont supposées accompagner une décision de la volonté : il nous faut un effort pour résister au mouvement qui nous pousse tant que le plaisir s'accroît. Nous trouvons un exemple semblable dans l'action de manger. Le goût de la nourriture augmente l'énergie de la mastication ; le soulagement qu'on éprouve à apaiser une faim violente, joint au goût savoureux du morceau, fait que nous agissons avec une espèce de furie. Il en est de même pour tous les sens. Ainsi les yeux se tournent d'eux-mêmes vers la lumière ; l'attraction éprouvée pour la flamme commence avec la volition et ne cesse jamais ; l'humanité semble partager la fascination du papillon. Nous voyons bien comment les enfants cherchent avidement un plaisir déjà goûté, que ce soit la chasse, la marche, ou tout autre jouissance des sens. Dans cette transformation de la volonté qu'on appelle le désir, l'impulsion primitive apparaît irrésistible. Quand nous ne pouvons plus suivre par des actes la bannière du plaisir, nous sommes dévorés en idée par des envies illimitées. Il n'y a pas de moment précis où le plaisir devient irrésistible, il n'y a pas non plus de bornes à assigner à sa violence. La satiété veut dire non pas que le système cesse d'être mû par la jouissance, mais qu'il a monté le Bain. — Émotions et Volonté. 20

courant jusqu'au point dangereux où commence la souffrance.

Voilà, je crois, l'exposition réelle des faits. On peut rendre compte des exceptions apparentes. Ainsi, il y a des plaisirs qui calment notre excitation active, la chaleur, la réplétion, les plaisirs de la masse en général. Mais ces cas se conforment encore à la loi. Il y a là arrêt de l'activité pénible ou morbide, qui est remplacée par une action ou une attitude en accord avec le plaisir : attitude qui est gardée autant que possible et le mieux possible. Nous semblons passifs dans cette situation ; mais en réalité le repos est la condition essentielle de notre jouissance. Que quelqu'un essaie de nous tirer de notre état confortable et tranquille, et nous prouverons par une résistance énergique quelle est la puissance active du stimulus agréable. Le fait est assez évident lorsque par exemple on tire quelqu'un du sommeil. Cependant ces plaisirs ont toujours quelque chose d'exceptionnel parce que lorsque nous en jouissons nous sommes satisfaits et contents, et jusqu'à un certain point, exempts des tourments de l'envie. Cela tient peut être d'abord à ce que nous avons atteint le maximum de jouissance qu'ils peuvent nous donner, et que par un effort réel ou idéal plus grand nous ne ferions que les gâter. Mais il y a probablement une autre raison. Les états de jouissance prolongée et non aiguë, sont accompagnés d'un apaisement graduel des courants nerveux, en d'autres termes ils endorment, et ne provoquent ni l'effort actif, ni l'effort idéal. Ce sont nos plaisirs sereins, satisfaisants, calmants. Ce sont les plaisirs obvers des peines cuisantes.

Il y a un autre cas où le plaisir ne stimule pas l'activité, c'est lorsque la force est épuisée. L'action volontaire implique une certaine fraîcheur des organes actifs occupés. Quand les membres sont épuisés par la fatigue, la faim, la maladie, ils ne répondent plus à l'éperon, et le soulagement que procurerait alors le plaisir est contrebalancé par la souffrance qu'occasionnerait un effort actif. C'est ainsi, que même lorsque nous sommes très excités afin de poursuivre un but agréable, notre faiblesse ou notre indolence nous maintiennent au repos.

Rôle de la souffrance. — Nous avons vu que son effet primitif et général est d'abattre l'énergie. L'œuvre des

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peines aiguës est exceptionnelle puisqu'elle stimule l'énergie; il a été suffisamment insisté sur ce point. Dans la souffrance, la vitalité diminue : mais comme une sorte d'irritation est produite par cet état, il s'en suit des mouvements divers. L'effet typique de la souffrance est celui qui naît lorsque notre activité est la cause de la souffrance et lorsque l'apaisement de cette activité suit en tant que remède ; ainsi quand nous sommes arrêtés par une haie piquante, ou par un choc contre un mur de pierre. Il est bien rare que la souffrance ne guérisse pas alors de l'envie de continuer à agir.

La souffrance ne résiste pas directement à l'inertie, à l'inactivité, à moins qu'elle ne soit très aiguë et n'implique un effort spasmodique et temporaire. La difficulté est de montrer comment la souffrance peut résigner ses fonctions qui sont d'abattre l'énergie, et remplir la véritable fonction du plaisir, c'est-à-dire provoquer un effort continu. Je suis d'avis que dans ce cas, l'élément influent n'est pas la souffrance, mais bien la délivrayice de la souffrance, c'est-à-dire le plaisir. Lorsqu'on souffre, tout mouvement qui apporte un soulagement partiel, est continué, augmenté, exactement comme lorsque le plaisir jailHt de l'indifférence. Une diminution de peine et une augmentation de plaisir ont absolument la même valeur au point de vue de l'accroissement de la puissance vitale, et de l'exercice continu d'une activité heureuse.

En travaillant dans l'idéal ou dans l'actuel, à affaiblir la souffrance, le sentiment qui dominera sera celui du soulagement idéal ou réel. Le voyageur fatigué, s'il écoutait immédiatement les impulsions provoquées par la sensation de la fatigue, s'assiérait au bord de la route ; ses forces chancelantes sont soutenues par l'idée qu'au bout du voyage il y aura un lieu de repos meilleur. Nous savons combien la promesse d'un prompt soulagement est un puissant tonique pour tout le système fatigué; et combien l'absence de toute espérance dévoile vite la véritable fonction de la souffrance, en abattant les énergies.

Il reste à examiner jusqu'à quel point la théorie de la volonté ici émise, est affectée par la doctrine de l'évolution telle qu'elle a été établie et exposée par ses chefs.

Mes postulats principaux — spontanéité, continuation de

l'acte qui donne du plaisir, développement contigu d'une liaison accidentelle, — sont tous compris dans l'explication que propose M. Spencer du développement de notre activité. Il appelle le commencement spontané de la volonté, une manifestation diffuse de l'énergie musculaire [Psychologie, vol. I).

Il considère que, à mesure que la structure nerveuse est plus compliquée, chaque excitation musculaire spéciale est accompagnée de quelque excitation musculaire générale. En même temps que les muscles particuliers manifestent leur activité, les plexus ganglionaires répandent inévitablement une certaine quantité d'activité à tous les autres muscles ; et cette diffusion générale peut causer quelque mouvement heureux et favorable à une acquisition imprévue quelconque.

Voici la théorie de la spontanéité sous une forme très concise, trop concise à mon avis, pour les nécessités du cas. J'ai déjà remarqué l'infériorité du courant diffus accompagnant une impulsion centrale active ou émotionnelle. Si l'on pouvait assigner une autre origine aux mouvements musculaires fortuits, et si cette nouvelle explication présentait des avantages sur la manifestation diffuse, nous devrions la comprendre dans notre hypothèse. La question se résout donc d'elle-même dans la suffisance des preuves que j'ai émises, en faveur de la théorie de la spontanéité telle que je l'ai déjà expliquée.

Ce qu'expose M. Darwin est l'équivalent de la spontanéité du mouvement : « Quand le sensorium est fortement excité, les muscles du corps sont généralement très violemment mis en action. » — « Des contractions involontaires et sans but des muscles des poumons et de la glotte, excités comme il est dit ci-dessus, peuvent à l'origine, avoir produit l'émission des sons vocaux. » [Expression, p. 82-3). Il s'agit ici du commencement spontané dans des circonstances où l'excitation est forte ; mais j'ai essayé de montrer que l'excitation n'est pas nécessaire, et que la spontanéité fait partie des qualités ordinaires des organes en activité.

La seconde chose nécessaire à l'acquisition volontaire aussi bien qu'à la consolidation des puissances instinctives, est une certaine force qui puisse fixer et confirmer une coïncidence fortuite heureuse. M. Spencer expose ainsi son opinion sur cette opération : « Après le succès viendront im-

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médiatement certaines sensations agréables accompagnées d'un courant d'énergie nerveuse dirigée vers les organes employés. » — « Les lignes de communication nerveuse à travers lesquelles le courant passe dans ce cas, ont ouvert une nouvelle route vers certains canaux inoccupés; et en conséquence, elles donneront désormais passage à une plus grande quantité de mouvement moléculaire , et seront plus pénétrables qu'auparavant. » — « La tendance qu'avait le courant diffus à suivre cette voie sera donc plus grande qu'avant. »

L'on suppose ici l'admission de la loi du plaisir et de la souffrance. Le plaisir est accompagné d'un accroissement d'énergie nerveuse, énergie nerveuse qui suit les lignes de communication qui ont été ouvertes grâce à une coïncidence heureuse. L'on suppose encore, comme conséquence, le troisième des postulats ci-dessus exposés — l'adhésion contiguë entre les deux états, l'état de sentiment, et l'état musculaire approprié. L'expression physique de ce fait, donnée par M. Spencer, est correcte, je n'en doute pas : « L'ouverture de nouveaux canaux de décharge, entraîne la production d'un plus grand total de mouvement musculaire. »

Le développement de la volonté a fait un grand pas, lorsque sous l'aiguillon du plaisir ou de la souffrance, nous faisons sciemment quelques mouvements d'essai, et que sciemment nous les changeons, les varions jusqu'à ce que nous ayons atteint notre but. Ce progrès, n'est pourtant pas, autant que je puis m'en rendre compte, un fait primitif de notre constitution. Je crois que c'est une acquisition faite pendant le temps de la vie individuelle. Ce pourrait cependant être aussi un instinct ; d'après la théorie de l'évolution, c'est une expérience devenue héréditaire. Il est encore plus probable que ce progrès existe dès l'origine, à l'état de tendance faible, mais rapidement renforcée, par l'expérience. Le mode de développement que nous supposons être le vrai, amène en son temps cette tendance à son point de maturité ; une fois bien fixée dans l'individu elle peut devenir héréditaire et instinctive. Elle apparaît probablement trop tôt chez l'enfant pour qu'on puisse supposer qu'elle est entièrement acquise.

Voilà sous sa première forme la conscience de Veffort qu'on introduit si souvent dans les théories transcendantes

de la volonté. On a un but en vue ; il y a un motif pressant de l'atteindre ; mais une puissance directrice manque. Nous savons par expérience qu'un mouvement d'une certaine espèce est l'introducteur du plaisir et l'ennemi de la souffrance ; nous sommes donc pressés de commencer à nous mouvoir quoique un peu au hasard ; si notre mouvement a du succès, nous le soutenons sans que nous ayons conscience d'un effort, bien qu'un effort conscient puisse nous aider à le faire. Si notre mouvement ne réussit pas ou fait empirer la situation, la même double influence, le sentiment primordial et l'effort conscient, l'arrête.

Cet effort conscient est sans doute l'élément dominant de la volonté dans la maturité de la vie ; mais il a été fourni assez d'exemples pour prouver que le lien primitif formé entre le sentiment et l'action ne se rompt jamais.

L'effort revêt une nouvelle forme lorsqu'il veut dire lutte contre les obstacles, accomplissement d'une oeuvre àlaquelle nos forces sont à peine égales. Nous avons un motif pressant d'accomplir une action. Mais nous savons que nous devons rencontrer une forte résistance ; nous nous sentons prêts à abandonner notre projet, et nous le ferions si notre motif d'agir était moins fort. On dit alors que nous faisons un grand effort pour agir, pour montrer de la résolution, de la détermination, de la force de volonté ; ce qui veut dire que la puissance du motif est égalée par celle de l'opposition.

Souvent un motif est contrebalancé non pas par une difficulté physique, mais par un autre motif; par exemple quand nous luttons contre la tentation de quelque plaisir présent, qu'il serait imprudent ou mal de se permettre. Nous sommes pressés d'un côté parle motif vertueux, de l'autre par l'attrait du plaisir. Si la résistance à notre bonne impulsion est presque, pas tout-à-fait, égale à sa puissance, nous souffrons du conflit, nous avons le sentiment de la lutte, en d'autres termes nous avons conscience d'un grand effort moral.

Une autre propriété de notre volonté mûrie, la graduation de la force dépensée, peut être en partie instinctive. Cela doit être chez les animaux inférieurs ; leur puissance de locomotion, les efforts divers qu'ils sont bientôt capables de faire pour se transporter, supposent non seulement le choix et le groupement des mouvements appropriés, mais encore une distribution graduée instinctive de l'énergie. On pourrait

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acquérir, à la suite d'essais spontanés et pleins de hasard, cette faculté de distribuer rapidement différentes quantités de force nerveuse, mais ce serait probablement très long, si cette faculté manquait au début. Cependant elle n'est pas assez évidemment primitive pour s'affirmer elle-même sans l'appui d'un grand nombre d'expériences faites d'après la vieille méthode expérimentale qui a présidé à sa formation.

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