ACTIONS INTERMÉDIAIRES
période assignée pour la complète éducation des yeux, éducation qui implique la connaissance des deux dimensions de superficie de l'espace ; période au bout de laquelle il faut avoir rapidement parcouru le champ de la vision, de droite à gauche, de bas en haut. Il est cependant possible que de nouvelles observations prouvent que la faculté de tourner rapidement les yeux sur tous les points indifféremment est encore irréfléchie.
Les observations suivantes de M. Abbot ont rapport aux notions de distance. Le seul fondement que nous puissions assigner à ces notions qui viennent de l'adaptation de l'œil aux différentes distances, c'est la netteté plus ou moins grande des images ; ceci suppose qu'il y a un plaisir lié à la distinction plus grande de la forme d'un objet familier. L'œil seul ne voit bien qu'à une distance de trois pieds ; c'est ce qu'on reconnaît bien lorsqu'on essaie de voir distinctement des objets placés à quelques pouces de l'œil. Pratiquement, et sans chercher à adapter l'œil à une vision éloignée, un objet à deux ou trois pieds est assez distinct. Pour toutes les distances, depuis la plus petite jusqu'à la plus grande, l'adaptation binoculaire est nécessaire; si cette adaptation n'est pas faite, nous en sommes punis par une double image.
Enfin, toujours d'après M. Abbot, « l'enfant commence à reconnaître les objets et les figures, mais lorsqu'ils sont à de courtes distances, de un à trois pieds, puis il les reconnaît à trois ou quatre mètres (quatrième mois) ». La lumière d'une bougie ne change pas de caractère à cause d'une mauvaise adaptation, c'est pourquoi on l'observe dès le commencement à une plus grande distance-
Cela prouve que l'adaptation des yeux à la vision n'est pas absolument instinctive ; elle doit donc passer, par toutes les alternatives, tous les tâtonnements qui traversent le développement de toute acquisition volontaire. L'éducation de la vue est rapide, nous sommes donc libres de supposer pour expHquer ce fait l'existence d'une prédisposition instinctive ou héréditaire ; mais la promptitude avec laquelle les yeux s'adaptent aux distances les plus diverses , suppose un nombre d'associations trop considérable pour être transmis à l'hérédité.